Elle s’engage à prendre en charge le dossier du statut particulier de l’enseignant

Benghebrit : “Ne prenons pas en otage nos enfants”

Face aux syndicats du secteur qui brandissent, une fois de plus, la menace de recourir à la grève demain et après-demain, la ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghebrit, est revenue, hier, à la charge pour tenter de raisonner ses partenaires ennemis.

Benghebrit : “Ne prenons pas en otage nos enfants”

Après une série de sorties médiatiques et de tractations en interne, la ministre a tenu, hier, une conférence de presse au lycée des mathématiques Mohamed-Mekhabi de Kouba (Alger), qu’elle a voulu plutôt comme une leçon de pédagogie destinée aux enseignants adhérant à l’idée de débrayer.
Pendant plus de deux heures, elle a surtout insisté pour que ces derniers cessent “de prendre en otage” les élèves en cette période de scolarité très sensible (à l’approche des examens de fin de trimestre). Si elle reconnaît que des problèmes affectent toujours le secteur, elle ne veut pas, en revanche, que leur règlement passe par le recours systématique aux grèves.
Parmi ces problèmes, elle évoque, entre autres, les failles du statut particulier des enseignants et des travailleurs de la santé. Pour elle, si tout n’est pas rose dans le secteur, c’est aussi à cause de certains responsables locaux n’ayant pas appliqué ses instructions ainsi que “le non-respect des lois de la République” par d’autres au niveau central. Mme Benghebrit évite néanmoins de citer ses détracteurs, se contentant d’insister auprès des enseignants à penser à l’intérêt de l’élève. “Le professionnalisme veut que la priorité soit donnée aux élèves. Avant tout, les enseignants doivent leur existence aux élèves”, rappelle la ministre, qui prône ainsi “le sens de la responsabilité”, sans quoi les choses ne peuvent s’améliorer. “N’est-ce pas nécessaire de penser aux intérêts de l’élève ?”, insiste encore la ministre, assurant que les portes de son département restent ouvertes à tous les syndicats du secteur pour dialoguer et débattre des différentes questions préoccupantes. Elle rappelle, à ce titre, “les 500 heures” qu’elle avait personnellement consacrées au dialogue depuis qu’elle est à la tête du ministère de l’Éducation couvant déjà une crise profonde. Elle se dit convaincue que toutes les questions seront réglées, et ce n’est qu’une affaire de temps.
“Il faut du temps pour que toutes les revendications en majorité, somme toute légitimes, se règlent. D’où mon insistance pour que le sens de la responsabilité l’emporte”, a-t-elle martelé, allusion faite à la révision du statut particulier, comme réclamé par les fonctionnaires du secteur. Mme Benghebrit se dit vouloir éviter de tomber dans l’erreur commise par le passé en procédant à l’élaboration d’un statut particulier “dans la hâte et sous pression”. Selon elle, un statut particulier nécessite un travail précis et de longue haleine dont la durée peut aller jusqu’à “15 ans”. “Je ne dis pas cela pour gagner du temps comme nous accusent certaines parties. Mais, quel intérêt ai-je à chercher à gagner du temps ?”, s’est-elle insurgée. Sur un autre plan, la ministre s’est longuement attardée à défendre les réformes engagées par le secteur dont l’objectif est d’améliorer progressivement le système éducatif national.

F.A.

Liberté 

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