Ali Benflis à propos du commerce extérieur

Vingt milliards de dollars de fraude

Lors du conseil national de l’Union des forces démocratiques et sociales (UFDS), des leaders politiques et des personnalités ont accusé le président Bouteflika d’avoir hypothéqué l’avenir du pays.

L’ancien candidat à la présidentielle de 2014, Ali Benflis, jette un nouveau pavé dans la mare. Lors de son intervention devant le conseil national de l’UFDS, Ali Benflis affirme que la surfacturation représente quelque 20 milliards de dollars sur les 60 milliards d’importations.
«Les importations ont atteint le montant record de 60 milliards de dollars notamment à cause d’un véritable crime économique, en l’occurrence la fraude dans les opérations de commerce extérieur sous toutes ses formes qui auraient atteint le seuil de 30%.

Le fait de combattre ce phénomène suffirait à lui seul à faire baisser la valeur de nos importations du tiers, c’est-à-dire de près de 20 milliards de dollars», a-t-il souligné. Il rappelle dans ce sillage les chiffres publiés par l’organisation non gouvernementale Global Financial Integrity, qui avait évalué la fuite des capitaux vers l’étranger, durant la période 2004-2012, à «18 milliards de dollars». Et si cela ne suffisait pas, l’ancien chef de gouvernement reprend les chiffres des services des impôts qui révèlent que l’évasion fiscale a atteint 4000 milliards de dinars.

Ce qui fait dire à Ali Benflis que «ce chiffre est pratiquement équivalent aux ressources qui existent dans le Fonds de régulation des recettes et équivaut au budget de fonctionnement de l’Etat pour cette année». Pour Ali Benflis, l’Algérie est donc au bord du gouffre. Il a eu des mots très durs contre le système politique en place depuis 1999.

Pour ce coordinateur du Pôle des forces du changement, l’Algérie affronte «une crise de système aiguë que le pouvoir politique en place a tenté vainement d’occulter en provoquant un effet de diversion et en usant et abusant de la manne financière générée par une situation énergétique favorable, et ce, dans le seul but de garantir, non pas la paix sociale comme il le prétend, mais sa durabilité et sa pérennité».

Pour Ali Benflis, si le régime a pu, pendant de nombreuses années, cacher la réalité économique du pays en recourant à un discours louant le succès de sa politique économique, il est aujourd’hui contraint de dévoiler l’étendue du désastre. «La crise énergétique est venue montrer le vrai visage de notre économie et dévoiler à chaque citoyen ses innombrables faiblesses ainsi que les insuffisances et dysfonctionnements dont elle souffre malheureusement», a-t-il martelé.

En fait, l’ancien candidat estime que l’aisance financière dont a bénéficié le pouvoir lui a fait «perdre le sens de la rigueur, de la prudence et de l’efficience dans l’allocation des ressources», mais a également instauré un système d’assistanat qui a fait perdre de vue la valeur du travail et a «favorisé la course à l’argent facile et à l’enrichissement rapide».

Intervenant lors du même conseil, l’ancien ministre de l’Information, Abdelaziz Rahabi, estime que le président de la République a favorisé ses propres intérêts au détriment de ceux du pays. L’ancien ambassadeur estime que si l’Accord d’association signé avec l’Union européenne est désavantageux pour l’Algérie, il a par contre permis à Bouteflika d’asseoir sa présidence à vie avec l’accord tacite des Européens.
«Quand tu leur assures la stabilité et l’ouverture de ton marché intérieur, tu n’as plus rien à craindre», a estimé l’ancien ministre. Ce qui fait dire au Pr Ahmed Adimi que ceux qui ont accordé à Renault d’innombrables avantages, pour la construction de la première voiture, ont «trahi l’Algérie».

 
Mesbah Salim

El Watan
  

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