Mohcine Belabbas : « Saïd Sadi n’est pas Chakib Khalil ! »

Le président du RCD, Mohcine Belabbas, est revenu, ce lundi 26 janvier, sur l’information judiciaire ouverte par le Parquet de Sidi M’hamed (Alger) contre Saïd Sadi suite à ses propos sur Messali Hadj et Ahmed Ben Bella.

 

Mohcine Belabbas : « Saïd Sadi n’est pas Chakib Khalil ! »

« Saïd Sadi n’a pas été attaqué en justice pour détournement d’argent, il n’est pas passé à la Cour des comptes et il ne s’appelle pas Chakib Khelil ! », a-t-il lancé en réponse à une question posée au Forum du quotidien Liberté, ce lundi 26 janvier. « Les Algériens ont le droit d’attendre l’arrestation de Chakib Khalil, que l’affaire Khalifa aboutisse une fois pour toutes, que l’affaire de l’autoroute est-ouest aboutisse aussi », a-t-il ajouté.

Dans une intervention faite avant l’ouverture du débat, Mohcine Belabbas a parlé de « privatisation de l’institution judiciaire qui érige les obstacles pour étouffer des affaires de détournement de derniers publics ». « Une justice qui reste muette devant des menaces de mort proférées contre des citoyens, brille par son absence devant des meurtres commis lors de manifestations et qui se livre à des auto-saisines à la carte pour des propos qui relèvent d’un débat public nécessaire et attendu », a insisté Mohcine Belabbas.

Le président du RCD a rappelé que les propos tenus par Saïd Sadi étaient déjà enseignés à l’école. « J’ai fait l’école algérienne et je me souviens que les enseignants nous ont toujours appris que le rôle de Messali était loin d’être honorable à partir de 1953 », a-t-il dit.

« Il faut stopper le recrutement de policiers ! »

Belabbas a également commenté les mesures prises par le gouvernement pour faire face à la chute des prix du pétrole. « Ils veulent faire payer à la population les fautes commises par le pouvoir pendant quinze ans. Et il n’est pas vrai que les soins en Algérie sont gratuits. Ils sont même très chers », a affirmé le président du RCD avant d’ajouter : « quand on va à l’hôpital, on fait la radio ailleurs et il ne faut pas oublier le coût du transport (puisque beaucoup de personnes se déplacent de loin pour se soigner) ».

Mohcine Belabbas a formulé par la suite quelques propositions. « Il faudra peut-être supprimer certaines représentations diplomatiques et réduire le nombre de daïra et de ministères. Il faudra penser à réduire les salaires des responsables », a-t-il estimé. Il suggère également de « stopper le recrutement de la police » car, a-t-il rappelé, « c’est l’entreprise qui crée de l’emploi ». Et puis « est-ce que ceux qui habitent Club des pins paient l’électricité et l’eau ? », s’est-il interrogé avant de suggérer d’exclure de la résidence d’État ceux qui n’ont plus aucune fonction.

« Ce n’est pas en discutant avec Gaïd Saleh et le général Toufik que Bouteflika va régler le problème »

Sur la révision de la Constitution et la consultation par Bouteflika de Gaïd Salah, chef de l’ANP, et du général Toufik, patron du DRS, le président du RCD a indiqué : « il est tout le temps à la recherche d’un acteur pour montrer qu’il a une activité, c’est une humiliation ! ». L’invité du Forum a rappelé l’appel lancé par Bouteflika à l’opposition pour participer aux consultations sur la révision constitutionnelle. Un appel que M. Belabbas perçoit comme un aveu d’échec. « Ce n’est pas en discutant avec Gaïd et Toufik qu’il (Bouteflika) va régler le problème », a-t-il lâché. Le référendum est indispensable, selon lui, même s’il estime par ailleurs que la révision constitutionnelle n’est pas une urgence.

« Même au Sud, il y a l’idée de l’autonomie »

Concernant l’exploitation du gaz de schiste, Mohcine Belabbas plaide pour un « moratoire reconductible ». « Dans ce domaine, la protection de l’environnement ne peut être réduite à une coquetterie écologique. Il s’agit d’un risque de pollution irréversible sur la plus grande réserve d’eau souterraine du sous-continent nord-africain », a-t-il mis en garde. Il a ensuite proposé « un moratoire reconductible » qui est, selon lui « une mesure de bon sens » tant que les « techniques d’extraction fiables à 100% ne seront pas maîtrisées ».

Pour le RCD, le problème du Sud est avant tout « politique ». « Même au Sud, il y a l’idée d’autonomie », a prévenu M. Belabbas. « Le Sud est sous représenté dans les sphères de représentations politiques et économiques », assure M. Belabbas, en ajoutant que les citoyens de cette région « vivent dans une situation d’abandon, de marginalisation et de mépris de la part, à la fois, des élites, du gouvernement et des médias publics et parapublics ».

« La marche ‘je suis Mohamed’ a été organisée par le pouvoir ! »

Pour Mohcine Belabbas, la marche organisée à Alger le 16 janvier après la prière du vendredi pour protester contre les caricatures de Charlie Hebdo a été organisée par le pouvoir. « Il n’y a rien d’étonnant dans ce qui s’est passé durant cette marche qui a été organisée par le pouvoir. Ce ne sont pas les islamistes qui l’ont organisée contrairement à ce qu’on serait tenté de croire », a-t-il avancé.

Le pouvoir voulait envoyer un message à l’opinion nationale et internationale : « voilà ce qui va se passer si le pouvoir tombe ». « C’est attendu qu’il exploite cela et c’est de bonne guerre », a expliqué M. Belabbas, en soulignant que cette marche est intervenue dans un contexte marqué notamment par la baisse des prix du pétrole et la protestation contre l’exploitation du gaz de schiste dans le sud du pays.

Concernant l’attaque contre le journal satirique français, le président du RCD a rappelé la position de son parti : « Le terrorisme, on le condamne quel que soit le lieu. Les Algériens ont vécu des périodes sanglantes et difficiles ».

Hadjer Guenanfa

TSA 

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