Saïd Sadi : «On va pouvoir, enfin, débattre sur l’histoire dans les tribunaux»

Après l’annonce de la décision du procureur de la République près le tribunal d’Alger d’ouvrir une information judiciaire contre lui, nous avons contacté Saïd Sadi pour avoir sa réaction, dont voici le texte : «Ces tirs groupés pour faire barrage aux débats sur l’histoire sont révélateurs de la façon, dont on compte priver les Algériens du droit de regard sur leur passé.

Maintenant, le plus intéressant dans l’affaire est que c’est le noyau dur du pouvoir qui sort du bois pour assumer une censure qui était déléguée à des anciens du MALG et plus récemment à la fille de Messali Hadj, dont la violence et l’outrance du propos m’amènent à déposer une plainte pour diffamation. Moi j’assume tout ce que j’ai dit, étant entendu que certains médias amputent les déclarations pour essayer d’amorcer une provocation conçue de longue date pour arrêter le débat libre et serein sur la question.

C’est pour cela que j’ai mis sur ma page facebook l’intégralité de mes interventions. Par ailleurs, tout a été filmé. S’agissant de Messali, j’ai dit qu’il ne faut pas aller vers des raccourcis, qu’il ne faut pas être tenté par le jugement a posteriori, j’ai même dit, à la personne qui a posé cette question, que je ne voudrais pas y répondre et que cela s’apparentait à de la provocation.

J’ai même ajouté devant plus de 1000 personnes, si l’on compte celles qui étaient restées à l’extérieur, que demain vous alliez zoomer sur cet aspect qui ne concerne en rien le sujet de la rencontre. Mais, ai-je ajouté, si je ne réponds pas, vous allez dire qu’il y a des questions, des zones ou des aspects qui me gênent. Pour que tout soit clair, je vais rendre publique l’intégralité de ma réponse. Mais il est peut-être bon que le parquet relaie ouvertement une démarche sournoise déléguée jusqu’à hier à des seconds couteaux. Maintenant que les choses vont être claires, on aura enfin le débat sur tout ce qui n’a pu être dit jusqu’à présent.

On aurait aimé que le parquet réagisse le jour où Abane a été accusé d’être un traître. J’aurais voulu que l’ONM dise ce qu’elle pense du jour où on a donné le nom de Messali Hadj à un aéroport. J’aurais aussi voulu que le parquet se prononce à chaque fois que des contre-vérités comme les séquestrations des restes Amirouche et Si El Haouès ont été rendues publiques… Plus récemment, un appel au meurtre concernant un écrivain n’a pas connu la même sollicitude, mais cela est un autre problème.

Cette provocation a été préparée. La première conférence que j’ai donnée a été immédiatement suivie d’une polémique truffée de mensonges pour brouiller le débat. Et cela perdure. A quelque chose malheur est bon. On va peut-être pouvoir débattre de notre histoire dans les tribunaux faute d’avoir pu le faire sur les plateaux de télévision, avec les associations concernées par la guerre de libération ou dans les universités.»

El Watan

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