Berriane (Ghardaïa) : les causes des derniers affrontements

Berriane(Ghardaia)les causes des derniers affrontementsSi ce n’est encore l’amas de toutes sortes d’objet hétéroclites, tels que les pierres, les pneus incendiés et les douilles des grenades lacrymogènes étalées sur le bitume, rien ne laisse deviner que des affrontements ont eu lieu ici, sur toute la longueur du boulevard qui divise Berriane en deux, par cette stratégique route qui est la nationale une,  qui traverse l’Algérie de part en part du nord au sud.

Et pourtant, il a fallu faire appel à des renforts de forces anti- émeutes qui sont rapidement parvenues de Ghardaïa pour qu’enfin la situation soit sous contrôle et que le calme soit revenu.  Que s’est il passé en fait et quel est le problème ? C’est en fait tout un concours de circonstances qui en est la cause. Le premier est l’incendie de trois véhicules dans un garage la nuit du mercredi au jeudi à la sortie nord de la ville de Berriane, à quelques encablures de la sûreté de daïra de Berriane. Acte de malveillance ou  accident ? L’enquête ouverte à ce sujet par le service de police judiciaire de la sûreté de daïra de Berriane déterminera les causes et circonstances. Mais l'enchaînement des faits le lendemain donnera à cette affaire une inclinaison dangereuse.

En effet, vers 11 h 30, les cris d’une femme travaillant à la daïra et surtout ceux d’un employé de la Casnos qui courait en se disant victime d’agression de la part d’un citoyen dans l’exercice de ses fonctions, ont failli mettre le feu aux poudres. Il n’en fallait pas plus  que cette grave inconscience de cet employé de la Casnos, pour rameuter tout le quartier arabe situé juste en face d’où des dizaines de jeunes dévalaient des ruelles en pente, pour s’en prendre à leurs voisins mozabites.

« Nous voulons vivre en paix »

Heureusement que les forces antiémeutes de la police, stationnés depuis des mois sur cette route nationale, devenue par la force des évènements une frontière tacitement reconnue par les deux communautés, ont rapidement réagi et empêchés énergiquement ces jeunes de la traverser, évitant ainsi le contact, pour ne pas dire l’inévitable affrontement.

Pendant plus de 3 heures, soit jusqu’aux environs de 20 heures, la route nationale a été coupée à la circulation, entraînant un embouteillage  de plusieurs centaines de véhicules, bus et camions aux deux extrémités de la ville . Vers 20 heures quelques automobilistes, connaissant la région, ont toutefois réussi à contourner la ville par des chemins de pistes détournées. Ce n’est que vers 20 heurs 30 que finalement el calme est revenu et la route rouverte à la circulation.

Trois policiers ont été blessés par des jets de pierres et aucune arrestation n’a été opérée. Les renforts sont toujours sur place stationnés aux points chauds et stratégiques de la ville alors des appels au calme, émanant des sages et des notables de la ville appellent au calme et à la sagesse de tous.

« Nous ne voulons pas de cette violence, nous voulons vivre en paix comme nous l’avons toujours fait, nous sommes un même peuple et c’est notre pays à tous. Notre destin est lié, nous sommes de ce fait condamnés à vivre ensemble, laissons donc nos enfants grandir dans la paix et la concorde », nous lance un marchand de journaux qui nous a reconnu.
 
K.Nazim

El Watan 

 

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