Chute des prix du pétrole : ce qu’en pensent les Algériennes

L’effondrement des cours du pétrole inquiète les spécialistes qui, d’ailleurs, n’ont pas cessé de tirer la sonnette d’alarme. Les femmes semblent voir les choses autrement. Elwatan.com a recueilli les avis d’Algériennes de différentes conditions.

« On tâtonne toujours dans le tunnel de la crise. Je me suis toujours serré la ceinture, et avant moi ma mère », témoigne Houria, femme au foyer de 55 ans et mère de trois enfants scolarisés. Houria, une accroc des informations télé, tente d’analyser la chute des prix du pétrole : « on essaie de leurrer le peuple, c’est complètement faux.  Je ne pense pas que cela puisse avoir un impact sur notre économie.  Sinon que font les richards ici, restés accrochés à leurs postes !». Et de poursuivre : « seuls les nantis  profitent des richesses de l’Algérie. Nous les simples citoyens, nous vivons au jour le jour. Nous sommes condamnés à vivre ni vraiment moyens, ni vraiment pauvres mais entre les deux. C’est là tout le mal ».

Le mari de Houria perçoit 25 000 dinars par mois et dit que c’est dur à gérer. « Je dois me passer de quelques produits pour bien  finir le mois… ». Elle nous confie qu’elle a  un fils étudiant et qu’elle est obligée de subvenir à ses besoins  pour qu’il ne se sente pas pauvre  devant ses paires qui aiment se montrer et frimer...».

Notre interlocutrice, qui a quitté les bancs de l’école avant d’arriver au lycée affirme n’avoir aucune appréhension quant à la chute des prix du pétrole parce que «  l’Algérie est un pays riche et peut rapidement se redresser en exploitant d’autres ressources. Par exemple,  nous avons le meilleur marbre du monde ». Ceci avant de faire référence à l’histoire du pays en déclarant que : « nous sommes passés par un colonialisme qui a duré 130 ans et nous sommes restés debout,  donc il n' y a rien à craindre ».

Djamila  et Fatma Zohra, toutes les deux fonctionnaires au sein d’un ministère, affirment que nous Algériens « on se lamente beaucoup sur notre sort, on ne fait que constater. Nous sommes réduits au silence par un pouvoir qui a ligoté les âmes les plus libres ».

« Ce qui est sur, c’est que ceux qui sont au pouvoir, continueront pour longtemps à se beurrer », analyse F. Zohra, estimant que les effets de la chute des prix du pétrole se feront sentir «  à moyen terme, dans dix ans ». Le pays sortira de la crise quand « nous cesserons d’importer tout et n’importe quoi. L’Algérie est devenu la poubelle de l’Asie », regrette-t-elle.

Sa collègue Djamila incrimine les jeunes d’aujourd’hui qu’elle trouve improductifs sur le plan économique : « ils exigent leurs droits alors qu’ils ne remplissent même pas leurs devoirs dans l’entreprise où ils travaillent ».

Maman au foyer comme Houria, Ghania la quarantaine   ignore que les prix du pétrole ont chuté. Elle est très prise car elle a une fille de 15 ans atteinte de trisomie. « Je suis très occupée, étant donnée que ma fille est scolarisée dans une association, je me consacre entièrement à elle… ».

Elle avoue que « financièrement parlant, c’est dur tous les jours pour moi» mais « l’Algérie demeurera inébranlable face à cette chute dont vous parlez. Nous n’avons pas que le pétrole : nous avons l’or, le fer et j’en passe ». Pour Ghania, la tête entièrement couverte d’un foulard blanc : « l’Algérie est un pays riche et le demeurera pour encore longtemps mais les pauvres, eux, payeront toujours pour les riches ».

Ainsi, loin des mises en garde des analystes, les Algériennes, du moins celles que nous avons approchées, ne semblent pas mesurer les conséquences de la dépendance de l’économie du pays aux recettes issues de l'exportation des hydrocarbures et des dangers liés à  la chute des prix du pétrole.

Hamida Mechaï

El Watan 

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