Qui est Ali Haddad, le nouveau patron des patrons algériens ?

Ali Haddad est le nouveau patron des patrons algériens. Il a été élu ce jeudi à la tête du FCE, la plus importante organisation patronale algérienne, avec 100% des voix. Aucune abstention, ni vote contre. Il succède à Réda Hamiani qui a démissionné un an avant la fin de son mandat, poussé à la sortie par une partie des membres de cette association.

L’élection de Haddad à la tête du FCE marque un tournant dans la vie de cet homme d’affaires, jusque-là discret, préférant exercer sa grande influence dans l’ombre. Le P-DG du premier groupe de BTP du pays en chiffre d’affaires (40 milliards de dinars), ETRHB, se retrouve désormais sous les feux de la rampe. Une occasion pour lui de lever une partie du voile qui entoure son ascension fulgurante dans le monde des affaires.

À peine élu, il cible ses détracteurs dont la secrétaire général du PT, Louisa Hanoune, qui l’a comparé à Rafik Khalifa. « Nous n’avons pas d’argent sale ! Notre réussite est celle de toute la famille », a-t-il dit dans son premier discours en tant que président du FCE. Une famille qui a versé de son sang pour l’indépendance de l’Algérie, selon lui. « Mon grand-père est tombé au champ d’honneur quinze jours après le déclenchement de la Révolution. Mon père a été emprisonné » durant la Révolution, a-t-il insisté.

Son impressionnant réseau relationnel

Ali Haddad s’est lancé dans les affaires en 1988 ; l’année des événements du 5 octobre qui ont sonné la fin de l’économie dirigée. Avec ses cinq frères, il rachète « Le Marin » ; un petit hôtel situé dans sa commune natale d’Azzeffoun, une belle station balnéaire à l’est de Tizi-Ouzou. Puis, il lance l’ETRHB ; son entreprise de BTP qui allait devenir quelques années plus tard le premier groupe privé de BTP. Ali Haddad, le plus connu de sa fratrie, a réussi à une ascension fulgurante pour devenir l’un des hommes d’affaires les plus influents d’Algérie au point de tenir tête au très puissant Issad Rebrab.

Courtisé par certains, craint ou critiqué par d’autres, l’homme possède un réseau relationnel impressionnant : des hommes d’affaires, des responsables d’associations mais aussi ministres et patrons de presse s’empressent pour le saluer lors des rencontres du FCE, comme ce jeudi à L’Aurassi.

« C’est le fait qu’un homme de sa dimension n’ait pas de réseau relationnel qui pouvait être étonnant », assure un membre de son entourage. « Cela se construit naturellement, c’est humain », ajoute-t-il. Le sourire aux lèvres, Ali Haddad répond, mais sans s’étaler : « J’ai 26 ans de service. De 1988 (date de création de son entreprise) à ce jour et puis je respecte les gens ! ». Il ne cache pas sa proximité avec les décideurs notamment Saïd Bouteflika, le frère cadet du Président. « Ce sont des gens que je connais depuis très longtemps. Je suis proche d’autres personnes aussi, d’autres ministres, d’autres responsables militaires et civils », avait-il confié dans un entretien à TSA, l’une de ses rares sorties médiatiques. Avant d’ajouter : « En fait, moi je suis proche de tous les Algériens patriotes qui aiment leur pays. Je suis un Algérien à part entière ».

« Une société où la réussite est suspecte »

Pour ses proches, le problème est « qu’on vit dans une société où la réussite est suspecte ». « C’est le premier à arriver le matin et le dernier à sortir du bureau. Il est né dans une famille modeste avec un père commerçant. Je suis sûr que même les gens qui le dénigrent changeront d’avis s’ils le connaissait », jure l’un de ses proches.

Dernier d’une fratrie de huit enfants, l’homme diplômé en génie civil trône à la tête d’un groupe qui commence à se diversifier. Aujourd’hui, ETRHB enchaîne les contrats en milliards de dollars dans les travaux publics, les chemins de fer, l’hydraulique… L’argent gagné dans le BTP lui permet de se lancer dans les médias avec deux journaux (Waqt El Djazaïr et Le Temps d’Algérie) et la télévision (Dzaïr TV et Dzaïr News). Profitant de la professionnalisation du football, Ali Haddad met la main sur l’USM Alger ; un club prestigieux de la capitale.

Le nouveau président du FCE est un fervent partisan du président Abdelaziz Bouteflika pour qui il a fait campagne, d’une façon active, en 2009 et en 2014. Ses projets dans les médias et sa forte implication dans les deux dernières campagnes électorales de Bouteflika soulèvent des interrogations sur ses ambitions politiques. Aurait-il des ambitions politiques ? « On verra. Aujourd’hui, je suis satisfait de ma mission au sein du FCE », dit-il à TSA.

Sur le plan personnel, Ali Haddad, natif d’Azzefoune, est père de trois enfants. Il dit aimer Idir et Cherif Kheddam et se passionne pour le football.

Hadjer Guenanfa

TSA  

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