Deux jours après la mort tragique d’Ebossé au stade du 1er-Novembre

Les sportifs et les citoyens de Kabylie condamnent cet acte ignoble

Deux jours après la terrible tragédie du stade du 1er-Novembre de Tizi Ouzou qui a coûté la vie au malheureux Albert Ebossé Bodjongo, l’attaquant camerounais de la JS Kabylie, qui a été touché par un jet de projectile survenu samedi soir après la défaite de la JS Kabylie face à l’USM Alger, toute la Kabylie continue de pleurer son idole et surtout de condamner énergiquement cet acte odieux qui n’a rien à voir avec la notoriété légendaire de la JSK, encore moins avec l’éducation des braves gens de Kabylie.

Si toute l’Algérie a lourdement ressenti dans sa chair une telle tragédie qui a emporté un beau fleuron du football africain et l’un des meilleurs animateurs du championnat algérien, il se trouve que la plaie est beaucoup plus profonde en Kabylie, terre d’asile et d’hospitalité, où les citoyens sont encore sous le choc après cet acte ignoble.

Alors que les kiosques à journaux ont été littéralement pris d’assaut dès les premières heures de la matinée, par les citoyens qui étaient avides de tout savoir sur le drame qui a emporté l’enfant chéri de toute une région, dans tous les lieux de travail, dans les places publiques ou les cafés maures, toutes les discussions tournaient autour de ce véritable cauchemar qui aura plongé la Kabylie dans un climat de honte et de consternation.

Réagissant après le choc et la douleur, ils sont des milliers de voix à s’élever dans toutes les localités de Kabylie pour condamner cet acte barbare fomenté par des fous des stades et criminels sans nom que la grande majorité de la population tient à dénoncer sans retenue tout en exigeant leur arrestation et leur condamnation exemplaire.
Et le ministre de la Communication, Hamid Grine, qui maîtrise bien le sujet de la violence dans les stades pour avoir exercé jadis le métier noble, mais néanmoins dangereux de journaliste sportif, surtout de nos jours, a certainement trouvé les mots justes pour condamner avec une extrême rigueur cet acte ignoble tout en présentant ses “sincères condoléances à la famille du défunt et à toute la grande famille saine de la JS Kabylie”. Et c’est justement cette “grande famille saine” de la JSK et la grande famille du sport en Kabylie, toutes disciplines et toutes générations confondues, qui tient à se démarquer de cet acte ignoble qui n’a rien à voir avec la mentalité pacifique et les traditions d’éducation et d’humanisme de la région. Les anciens footballeurs du fameux “Jumbo-Jet” africain de la belle époque, tels que les Iboud, Fergani, Adghigh, Larbès et à leur tête Mahieddine Khalef, pour ne citer que ceux-là, ne se reconnaissent pas dans cette “jungle du football” où les stades sont devenus de véritables arènes ou des “cages à lion” et où le sang peut gicler à tout moment et à tout bout de champ.

La tête entre les mains, Hocine Ammam, le président de l’US Béni Douala, qui vient de réussir avec son club trois accessions successives du championnat de wilaya jusqu’en interrégions, était affligé, avant-hier, devant le cercueil du malheureux Ebossé. “Non, la Kabylie sportive n’a rien à voir avec de tels actes barbares et irréfléchis. Dites-vous bien que ce climat de terreur règne malheureusement sur tous les stades d’Algérie, surtout dans les divisions inférieures où les mesures de sécurité ne sont pas toujours réunies”, dira le président de l’US Béni Douala, qui a tenu à se solidariser avec la famille d’Ebossé et la grande famille de la JSK qui ne méritait pas d’être poignardée de la sorte. Ces dernières années, le football algérien a frôlé maintes fois le pire dans divers stades d’Algérie, et des footballeurs talentueux, mais surtout miraculeux comme Fayçal Badji (CRB) en 2001 à Béjaïa, Abdelkader Laïfaoui (USMA) en 2012 à Saïda, et la saison dernière encore  pour Hocine Achiou (USMBA) à Oran et Farouk Belkaïd (USMBA) à Hadjout, pour ne citer que ces exemples frappants, auraient pu tout aussi perdre la vie dans des stades en folie comme ce fut le cas malheureusement ce samedi à Tizi Ouzou pour le regretté Ebossé qui, il faut bien le souligner, n’a pas été spécialement visé par son agresseur anonyme et insouciant, mais surtout victime de cette maudite spirale de la violence qui emporte tout sur son passage et ne choisit généralement pas sa victime.

C’est dire que les sportifs de Tizi Ouzou et de toute la Kabylie, les vrais, les sains, les nobles et les intègres, tiennent à se démarquer de cette sauvagerie abjecte et espèrent que le ou les auteurs de l’acte ignoble qui a ravi, à leur affection, leur idole et leur ami de tous les jours seront démasqués et arrêtés au plus vite, pour être traduits en justice afin de payer pour leur crime et leur lâcheté.


Liberté    

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