Après la journée de protestation observée par les Mozabites

Ghardaïa : les promesses du wali, les craintes des citoyens

Depuis l’assassinat du jeune Elyassa au premier jour de Ramadhan, la vallée du M’zab est en ébullition. La spirale de troubles qui s’y sont déroulés a fort peu à voir avec les affrontements “spontanés” enregistrés le 26 décembre 2013, conséquences de prétendues différenciations ethniques, religieuses ou culturelles qui porteraient fatalement en elles les germes d’antagonismes et de confrontations.

Nombreux sont nos concitoyens qui le perçoivent, chacun dans son coin, avec son petit bout de l’énigme. Et cette fois aussi, dans les symptômes du mal. Mais il faut relever aussi l’assourdissant silence collectif et individuel de nos élites, partis, intellectuels et cadres, hormis quelques rares hirondelles dont chacun sait qu’elles ne suffisent pas à faire le printemps.

Depuis plusieurs mois, Ghardaïa est au centre des affrontements et des agressions intermittents entre les Mozabites et ce qu’il est communément appelé la communauté “chaâmbie” avec toute sa composante. Des familles attaquées, des magasins pillés et brûlés, des maisons incendiées, des animaux éventrés et des personnes lynchées sans distinction d’âge. Le tout dans un silence total de l’État et de la classe politique. La cité mozabite saigne aux quatre veines et les autorités locales semblent continuer à observer sans réagir fermement. Ce qui explique la sortie de plus de 3 000 personnes rassemblées avant-hier devant le siège de la wilaya et dans l’enceinte de la célèbre place du marché de Ghardaïa. Elles étaient venues exprimer leur ras-le-bol et dire “basta” aux agressions et aux tueries périodiques. À présent, le M’zab se porte très mal, il est plus que jamais plongé dans l’anarchie et l’insécurité. On essaye de détruire les 14 siècles de civilisation durement acquise dans la vallée du M’zab et sur une terre aride.

À travers la grande manifestation d’hier, largement soutenue par les Mozabites résidant aux quatre coins du pays, la société civile du M’zab vient de lancer un énième appel de détresse en direction des hautes autorités du pays, afin de concourir et de faire preuve d’une sérieuse implication dans l’ultime espoir de barrer le chemin au courant salafiste saoudien et au groupe terroriste agissant sous la coupe de Mokhtar Belmokhtar, qui, à n’en pas douter, sont à l’affût de la moindre brèche.

Selon les représentants du Comité de coordination et du soutien (CCS) reçus hier par le wali de Ghardaia, Abdelhakim Chater, ce dernier a fait état de son engagement à user de toutes ses capacités pour que la région retrouve la paix et régler définitivement la crise qui secoue la vallée du M’zab. Il reste que certains membres du CCS ne cachent pas leur crainte de voir ces promesses “se volatiliser” comme celles de M. Sellal.

Liberté 

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