LE FUTUR SIÈGE D'AIR ALGÉRIE EN ARBITRAGE INTERNATIONAL

Une societé canadienne réclame 90 millions d'euros

LE FUTUR SIÈGE D'AIR ALGÉRIE EN ARBITRAGE INTERNATIONAL
Une societé canadienne réclame 90 millions d'eurosCe contrat d'un montant de 83 millions d'euros avait été confié à SM en 2011. La société canadienne reproche à Air Algérie de n'avoir pas respecté les clauses.

Le conflit a éclaté lorsque Air Algérie a commencé à refuser de payer les travaux supplémentaires effectués par le groupe canadien

Le scandale du futur siège de la compagie aérienne Air Algérie revient cette semaine. L'affaire passera aujourd'hui dans sa première séance d'arbitrage devant la Chambre de commerce international (CCI) à Paris.
La procédure peut durer plusieurs mois. Un peu plus de 90 millions d'euros, c'est ce que réclame le groupe canadien SM, qui a lancé une procédure d'arbitrage international contre Air Algérie. La société canadienne a introduit une requête devant la CCI en avril 2013 après la résiliation par Air Algérie du contrat de réalisation de son siège social à Bab Ezzouar dans le quartier des affaires, dans la capitale.

L'histoire remonte au 10 février 2007 quand Air Algérie décida de s'offrir un nouveau siège digne des grandes compagnies aériennes et qu'elle a conclu un accord avec Khatib et Allami, un bureau d'études libanais de renommée internationale. Le coût prévisionnel de ce nouveau siège était de 3,4 milliards de DA. Un premier appel d'offres lancé par le maître de l'ouvrage, Air Algérie, a été infructueux. C'est au bout d'un second appel d'offres que le projet a été attribué à une société canadienne, SMI, pour un montant de 83 millions d'euros, soit le budget annuel alloué à une wilaya.

Le chantier devait démarrer en juin 2011. Seulement voilà, ce projet bascule dans une situation de blocage aux relents d'un scandale financier préjudiciable, aussi bien pour la compagnie Air Algérie, que pour le pays. Peu de temps après la signature de ce contrat avec la société canadienne, Air Algérie change de tête. L'ancien P-DG, Wahid Bouabdellah, a été remplacé par M.Boultif. Ce dernier a hérité d'un cadeau empoisonné. Il n'est en rien impliqué dans cette affaire... de gros sous. Et voilà une crise de confiance qui s'installe entre ce maître de l'ouvrage (Air Algérie) et la société de réalisation (SMI). Il convient de rappeler qu'Air Algérie avait entamé les travaux dans le but de gagner du temps en réalisant le fond de fouille.

Déjà, entre la soumission et la notification de démarrage des travaux, deux ans se sont écoulés. Durant toute cette période, le fond de fouille, réceptionné par Khatib et Allami en 2009, est resté exposé à la pluie et aux aléas du climat, ce qui a naturellement changé toutes les caractéristiques du sol.

Le conflit a éclaté lorsque Air Algérie a commencé à refuser de payer les travaux supplémentaires effectués par le groupe canadien. Pas que ça, puisque le projet, en plus de ces carences de payement, accuse d'autres tares qui ont fini par le bloquer à jamais. Absence de plans, permis de construire caduc, inexistence de système de désenfumage, modifications des plans, etc.

Des modifications techniques ont été apportées lors de la réalisation, en raison de l'insuffisance de l'étude faite par le bureau d'études libanais. Le plan du siège social d'Air Algérie ressemble étrangement à un hôtel, avec des cuisines immenses.
Après avoir résilié le contrat avec les Canadiens, la compagnie aérienne nationale n'a toujours pas réussi à trouver une autre entreprise pour relancer le projet.

Air Algérie n'a pas su gérer le projet et risque de payer une note salée aux Canadiens. Interrogé, le ministre des Transports, Amar Ghoul, ne voulait ou comme il n'a jamais voulu s'exprimer sur le sujet. «Demander au directeur général d'Air Algérie. C'est son projet et non le mien. Je ne m'exprime pas sur cette question», nous a répondu le ministre, gêné, car héritant d'une affaire des plus explosives. Depuis plus d'une année maintenant, le projet, cher à Air Algérie agonise au coeur de la capitale. Ni nouveau siège, ni nouvelle entreprise de réalisation, ni solution, ni quoi que ce soit... Aucune société n'a osé se mêler pour reprendre le projet compte tenu du pourrissement dans lequel il se trouve. Aujourd'hui, en plus des conflits du passé que connaît le projet, il plane un risque de blocage indescriptible, car même s'il y a volonté de relancer sa réalisation, il serait difficile et coûtera encore plus cher, puisque, jusqu'au jour d'aujourd'hui, même le permis de construire n'est pas modifié... et risque de ne pas l'être. Quant au bureau d'études libanais sommé de déposer des plans de désenfumage au niveau de la Protection civile, il n'a rien fait depuis 2007!
Cette affaire a été posée plusieurs fois sur les bureaux du ministre des Transports et celui du chef du gouvernement... son règlement, a toujours été retardé. Est-ce que l'Algérie peut se permettre de telles situations?

Le projet en peu de mots
Le projet a pour objectif la construction du nouveau siège d'Air Algérie. Il a été lancé une première fois en 2009, puis annulé. Il a été relancé fin 2009. Avis d'attribution: juillet 2010. Signature du contrat: février 2011 et ODS de démarrage des travaux: juin 2011. Adjudicataire du marché: SMI. Montant: 8300 millions DA/TTC. Délai: 23 mois. Pour rappel, le concurrent classé second dans l'appel d'offres, l'entreprise espagnole OHL, était à 15.600 millions de DA, soit presque le double de la soumission de SMI. Pour ce qui est du cadre du contrat, le maître de l'ouvrage est Air Algérie. Le maître de l'oeuvre est le bureau d'études Khatib & Allami qui est aussi l'ingénieur de suivi des travaux. Khatib & Allami joue le rôle d'assistant au maître de l'ouvrage, de maître d'oeuvre (il a conçu et établi le cahier des charges selon les conditions imposées par Air Algérie) et enfin, en phase de travaux, de bureau d'études de suivi des travaux. Le contrat est de type Fidic (Fédération internationale des ingénieurs conseil). Le contrat Fidic est à 100% équilibré, établi par des experts internationaux qui protègent les maîtres de l'ouvrage des malfaçons ou autres comportements non professionnels de l'entreprise et qui, dans le même temps, protège l'entreprise des éventuels dépassements qui pourraient émaner du maître de l'ouvrage. Le maître de l'oeuvre ou l'ingénieur est l'arbitre impartial.
 
l'Expression 

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