La wilaya a opposé un refus à la Fondation

À Alger, il n’y aura pas d’hommage à Matoub Lounès

Plus d’une décennie après son lâche assassinat, Matoub Lounès dérange-t-il toujours ? Après une brillante carrière artistique frappée du sceau de la censure des autorités politiques nationales, celui qu’on surnommait le Rebelle n’aura pas droit à un hommage dans la capitale.

Prévue pour avant-hier, la journée culturelle programmée en hommage à Lounès, qui devait avoir lieu à la salle Atlas, à Bab El-Oued, a été interdite par la wilaya d’Alger.
Les services de la Drag, que nous avons tenté de joindre hier, mais sans résultat, ont tout simplement refusé d’autoriser la manifestation, la première du genre depuis son lâche assassinat le 25 juin 1998. Dans une réponse écrite transmise par les services de la Drag de la wilaya d’Alger à la Fondation Matoub-Lounès, il est reproché à cette dernière sa “situation administrative irrégulière”. De ce fait, Alger ne rendra pas hommage au chantre de l’amazighité. Contactés par Liberté, des membres de la fondation qui porte le nom du Rebelle ont, d’abord, tenu à apporter certaines précisions quant à la situation administrative de la fondation. Ainsi, Aziz Hamdi, membre du bureau de la fondation, a, tout en dénonçant cette interdiction, indiqué qu’“une assemblée générale élective a eu lieu au mois de novembre de l’année écoulée”.
Il atteste que “la fondation n’est pas en situation irrégulière”, car “c’est à l’administration de faire son travail”. Aziz Hamdi a dénoncé, au passage, les lenteurs administratives et la bureaucratie. “Certes, certains documents sont toujours dans les rouages de l’administration. Des notaires et nous-mêmes les attendons toujours pour finaliser le dossier, mais cela relève plus de la responsabilité de l’administration que de celle de la fondation”, a-t-il encore précisé, en s’interrogeant sur le vrai motif qui a poussé les services de la wilaya d’Alger à refuser l’autorisation. Pourtant, a-t-il tenu à préciser, “l’Office national de la culture et de l’information (Onci) a donné son accord pour organiser la manifestation à la salle Atlas de Bab El-Oued”. Pour un autre membre de la fondation, ce refus “est un non-sens”. Il considère que cela relève plus “de la censure politique que du respect de la procédure administrative”, a ajouté Aziz Hamdi, qui n’a rien laissé au hasard dans sa réplique.
Il a informé qu’une autre demande, signée par trois membres du bureau de la fondation, “a été remise aux autorités concernées, en vain”, a-t-il regretté, en ajoutant que le programme tracé pour cette commémoration “n’a rien à voir avec les hommages officiels où le folklore le dispute à l’amateurisme”. “Nous avions programmé plusieurs artistes, dont Ali Amran, Brahim Tayeb, Boudjemaâ Agraw, Lounès Kheloui, El-Hasnaoui Amechtuh, des artistes peintres, des anciens joueurs de la JSK et d’autres activités”, a informé  M. Hamdi, alors qu’un autre membre de la fondation estime que “ce riche programme, totalement différent de l’image que les autorités voudraient donner de notre culture, serait, probablement, la cause de ce refus”.

Liberté 


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