Ghardaïa : violents affrontements à Berriane

Les démons de la violence se sont réveillés encore une fois dans le chaudron de Kef Hamouda, théâtre et centre de gravité de violences récurrentes à Berriane, daïra située à 45 Km au nord du chef lieu de wilaya, Ghardaïa.

Selon nos sources locales, les échauffourées ont débutées mardi, vers 22h30, juste à la fin du match de coupe de monde entre notre équipe nationale et celle de la Corée du Sud, match gagné avec panache par l’Algérie , lorsque des escarmouches, invectives et insultes ont fusées entre bandes de jeunes des deux communautés à proximité Des deux cotés de la route nationale N 1, devenu par la forces des évènements depuis 2009 la frontière entre deux communautés et tacitement reconnue comme telle par les deux parties.

Les éléments du groupe d'intervention de la gendarmerie se sont très vite interposés pour éviter la confrontation entre les deux camps.  Ce qui a provoqué l'ire de quelques jeunes de ce quartier reprochant aux autorités le fait que ce soit toujours eux qui se font repousser par les forces de l'ordre. De violents incidents ont alors éclatés entre les forces de sécurité et les jeunes.
Plusieurs gendarmes et policiers, (5 selon une source sécuritaire) ont été blessés. Les affrontements se sont poursuivis jusqu’au matin et des dizaines d’explosions de grenades lacrymogènes se faisaient entendre toute la nuit et n’ont cessés que vers 4 heures du matin.

Les émeutiers ont tentés, en vain, de fermer à la circulation la route nationale N1, qui été rouverte et sécurisée après plus d’une heure de fermeture engendrant un énorme embouteillage aux deux entrées de la ville, vers Alger au nord et vers Ghardaïa au sud. En effet, les forces anti émeutes de la police nationale, en charge de la sécurisation de la route, les ont empêchés au prix de multiples affrontements. Quoique jonchée de pierres et de toutes sortes d'objets hétéroclites et de détritus déversés sur la chaussée, la route est demeurée ouverte et sécurisée. Nous l'avons-nous même empruntée. Ce n'est que vers 10 heures du matin qu'un calme relatif, mais précaire, est revenu.

Chiens de faïence

Le siège de la conservation foncière et l’inspection des domaines ont été partiellement détruits par des incendies qui ont ravagés plusieurs bureaux, complètement calcinés où tous les documents, archives, matériels informatiques et le mobilier ont été réduits en cendres. Sur le chemin de wilaya N 33 en direction de Guerrara, les devantures des deux banques publiques, le CPA et la BADR, ainsi et surtout que leurs distributeurs automatiques de billet (DAB) ont été complètement détruits. Même les enseignes lumineuses sur le fronton ont été détruites, celle du CPA venait tout juste d’être posée. En face, le barreaudage d’art entourant l’enceinte  de l’imposant tribunal de Berriane a fait les frais de la fureur des émeutiers, une partie a été endommagée.

La tension étant palpable chez les deux communautés qui continuent à se regarder en chiens de faïence, regroupées, et se faisant face,  sur les bords de la route nationale, devenue par la force des évènements une frontière factice, tacitement acceptée par les "frères ennemis". Plusieurs arrestations auraient été opérées mais non confirmées par les services de sécurité qui refusent, et avec dédain, tout contact avec la presse, notamment ce chef de la brigade de gendarmerie de Berriane qui , d’abord travaillant en civil dans son bureau puis usant d’un ton et d’un vocabulaire à la limite de l’agressivité envers notre correspondant qui ne faisait que son travail d’aller puiser l’information à la source, refusent pour l'instant de dévoiler le nombre exact.

Les   pyromanes

Toutes nos tentatives pour joindre les portes paroles des 2 communautés, signataires de la feuille de route, préambule à une charte de paix définitive, entre Malékites et Ibadites, se sont avérées vaines. Leurs lignes téléphoniques étant constamment éteintes, donc injoignables. Rappelons que la  feuille de route, censée être le préambule à la signature d'une charte de la paix, qui scellerait définitivement la concorde retrouvée entre toutes les composantes de la ville de Berriane, a été signée le 30 Mars 2009 à Ghardaïa, en présence de Mr Daho Ould Kablia,  alors ministre délégué aux collectivités locales et M. Yahia Fehim, ex-wali de Ghardaïa.

Fondée sur 15 points, censés être scrupuleusement respectés et concrétisés sur le terrain par les deux parties, cette feuille de route avait à l’époque surtout valeur de test jusqu'à l'été pour en évaluer son application effective. Ce qui ouvrirait la voie à un autre document qui serait une espèce de charte de la paix qui scellera définitivement la concorde et fraternité retrouvée entre tous les enfants de Berriane.

En tout état de cause et au vu des derniers évènements, des efforts doivent encore être déployés par toutes les parties pour imposer aux récalcitrants et autres pyromanes, les lois de la république qui doivent être respectées par tout un chacun. « Des charognards ont essayés de rallumer le feu de la fitna, les forces de sécurité qui se sont déployés rapidement et énergiquement interposés ont, j’en suis certain, évité une catastrophe. Cela ne peut durer, il faut punir les instigateurs de ces troubles » lâche avec une fatigue dans l’intonation, une femme médecin, originaire du nord du pays, travaillant depuis plusieurs années à Berriane.
                                                             
El Watan 

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