Abdelmadjid Menasra persiste et signe

«Non à l’officialisation de tamazight et à la parité homme-femme»

«Nous ne sommes pas contre l’égalité entre les deux sexes dans le domaine politique, mais nous n’accepterons pas qu’il y ait de parité
entre eux au sein de la famille», atteste M. Menasra.

Abdelmadjid Menasra a dit tout haut, hier à partir de Boumerdès, ce que de nombreux leaders de la mouvance islamiste algérienne pensent tout bas. Le chef du Front du changement (FC) se dit contre l’officialisation de la langue amazighe et «la parité entre l’homme et la femme» comme proposé dans l’article 31 de la nouvelle Constitution.

S’exprimant lors du colloque international organisé à l’hôtel Soummam en hommage à cheikh Nahnah, Menasra vient de confirmer, encore une fois, sa sympathie à l’égard du pouvoir tout en réitérant sa proximité et son soutien à l’opposition.
Pour lui, la langue amazighe ne doit pas être officialisée pour la simple raison que «cela n’est pas revendiqué par l’ensemble des Algériens». «Moi, je pense que son officialisation fera l’affaire de la langue française», a-t-il argué en soulignant que la priorité est l’amélioration et la généralisation de son enseignement.

Un peu plus loin, le leader du FC justifie sa participation aux consultations sur la révision de la Constitution par son attachement à la culture du dialogue et son souci de porter sa contribution à même de résoudre la crise que traverse le pays. Mais il semble ignorer que la question de tamazight est un élément clé de la crise dont il parle.

Lui qui a dénoncé, juste après, l’exclusion en appelant à l’instauration d’un dialogue entre toutes les composantes de la société algérienne.
Abordant la question de l’égalité entre l’homme et la femme, cet islamiste «modéré» qui se dit fidèle aux principes du défunt Nahnah, estime que l’article 31 contenu dans la mouture du projet de la nouvelle Constitution est contraire aux préceptes de l’islam. «L’article est contraire aux constantes et aux valeurs de la société algérienne et contredit même le code de la famille», a-t-il soutenu.

M. Menasra dit avoir même convaincu le chef de cabinet de la présidence de la République de la nécessité de retirer ou de modifier l’article en question. «Ahmed Ouyahia m’a expliqué qu’il y avait une erreur dans sa formulation. Et il m’a promis d’y remédier», a-t-il confié. Et d’ajouter : «Nous ne sommes pas contre l’égalité entre les deux sexes dans le domaine politique, mais nous n’accepterons pas qu’il y ait de parité entre eux au sein de la famille.»

Interrogé sur la position de son parti quant au retour ou non du FIS sur la scène politique, l’orateur estime que cette question n’est pas une priorité. «L’urgence est de trouver une issue à la crise», a-t-il indiqué avant de «saluer l’initiative du pouvoir» qui a invité certains anciens compagnons de Abassi Madani pour exprimer leurs avis sur la prochaine Loi fondamentale du pays.

Certains observateurs de la scène politique reprochent au président du FC «de garder un pied au pouvoir et un autre dans l’opposition».
Lui qui a participé à la conférence sur la transition avant de répondre à l’appel d’Ahmed Ouyahia auquel il affirme avoir suggéré d’organiser une conférence nationale pour faire une synthèse sur les propositions émises par les uns et les autres dans le cadre du projet de révision de la Constitution.

El Watan 

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