A quand la gratuité du Paris-Alger?

L'Algérie doit-elle subventionner l'avion comme elle le fait pour le pain? Posée aussi crûment, la question a de quoi faire bondir. Vu d'ici. Mais vu de l'autre côté de la mer, c'est complètement différent. Jugez-en:

«Des dizaines de ressortissants algériens ont manifesté, samedi dernier, devant le siège d'Air Algérie à Paris contre la «cherté» des tarifs proposés par la compagnie nationale» a rapporté, hier, Algérie Presse Service. C'est l'annonce faite, mardi dernier, par Amar Ghoul, le ministre des Transports, qui a, de toute évidence, mis le feu aux poudres. Notre ministre a, en effet, affirmé qu'un programme spécial de transport aérien et maritime a été arrêté du 22 juin au 22 septembre prochains pour faciliter le transport de notre communauté établie à l'étranger. Ghoul a pensé aux grandes vacances, au mois de Ramadhan, à ces deux événements durant la période sus-citée. Une période à «double pic» serait-on tenté de dire.
D'un point de vue purement commercial, il est insensé de concevoir de rabais en période de pointe. Cela n'a de raison d'être qu'en basse saison. Alors que contient réellement l'annonce du ministre? Il y a l'allègement des procédures administratives, comme l'annulation de la fiche de renseignements et la réduction du temps d'attente devant les guichets. Il y a le renforcement du nombre des avions d'Air Algérie pour faire face à l'augmentation de la demande en pareille période. L'ouverture de nouvelles lignes aussi. Et enfin, il est prévu des réductions de 30 à 50% sur les prix des billets. Des réductions que la compagnie calcule selon des critères bien définis pour ne pas «y laisser des plumes». En décembre dernier, le P-DG d'Air Algérie, Mohamed Salah Boultif, avait tracé les grandes lignes du programme. Il avait annoncé l'augmentation de 11% des capacités de vol durant cette période estivale. Pour les tarifs, il avait rappelé que la compagnie nationale offrait beaucoup de tarifs promotionnels en «période creuse». Ce qui, commercialement, est logique.

Pour l'été, a-t-il ajouté, «où le taux de remplissage est fort» quatre type de tarifs promotionnels seront introduits. Le tarif «senior» dont l' âge a été ramené de 60 à 55 ans et qui pourrait aller jusqu'à 50 ans comme souhaité par Sellal. Les tarifs «juniors» où là, l'âge des bénéficiaires a été revu à la hausse. Et enfin les tarifs «spécial Ramadhan» où le prix du billet peut baisser jusqu'à 229 euros dont 120 euros de taxes françaises. C'est-à-dire seulement 109 euros qui vont dans les caisses de la compagnie. Comme dit le célèbre slogan commercial «si vous trouvez moins cher, vous serez remboursés!».

Plus sérieusement, il y a d'autres compagnies concurrentes d'Air Algérie sur ces mêmes dessertes. Pourquoi faudrait-il toujours «traire» seulement la compagnie nationale? Pourquoi ces autres compagnies ne font pas du «Low Cost»? En rognant sur l'espace pour augmenter les sièges. En «grignotant» sur des services comme le poids des bagages, le «blocage» des billets sur des dates fixes, non remboursables, non échangeables, non transférables. En n'offrant rien à manger, rien à boire. Ceci dit, entre la déclaration de Amar Ghoul et les impératifs de calculs d'une entreprise commerciale, il y a tout un monde qui sépare la politique de la saine gestion d'entreprise. Personne ne peut soutenir une baisse de tarif inconsidérée d'une entreprise du secteur public. Qui est le bien de tous les Algériens. Et puis sur quelle nécessité vitale pourrait-on justifier des billets «subventionnés»? Résider hors du pays est un choix personnel qui s'assume. Ce n'est pas aux compatriotes restés au pays de «porter le chapeau». A suivre nos compatriotes à l'étranger qui ont manifesté à Paris, il ne reste plus que l'offre du voyage gratuit. Comme chez «Khali Moh»!

l'Expression 

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