Révision de la Constitution

Hadj-Nacer rejette la démarche du pouvoir et l’opacité qui l’entoure
 
Hadj-Nacer rejette la démarche du pouvoir et l’opacité qui l’entoure L’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, Abderrahmane Hadj-Nacer, ne partage ni la démarche ni la méthode suivies en ce moment par le pouvoir en place pour doter le pays d’une nouvelle Constitution.

«Sur quelle base on choisit 150 personnes pour qu’elles donnent leurs avis sur un texte de loi qui a été fait par quelqu’un mais qui concerne tous les Algériens», s’est-il interrogé hier lors d’une rencontre-débat à la maison de la culture Rachid Mimouni de Boumerdès autour de son ouvrage La martingale algérienne. Pour lui, la Constitution est un long processus qui nécessite un minium de contrat entre le peuple et ses dirigeants. Or, les Algériens ne se sentent, selon lui, nullement concernés par les discussions autour de la révision de la Loi fondamentale du pays. «Tout est fait dans l’opacité. Et moi, je ne partage pas cette manière de faire», a-t-il fait savoir en rappelant que même les Constitutions précédentes et la Charte nationale de 1976 n’étaient pas l’émanation de la volonté populaire.

Poursuivant dan ce sens, M. Hadj-Nacer estime que c’est l’absence de dialogue entre le pouvoir et la population qui plonge le pays dans le chaos. «Le chaos ce n’est pas que la casse dans la rue. C’est aussi quand on a une population qui évolue et les dirigeants qui régressent. Le chaos c’est l’interruption de toutes les formes de négociation et d’échange entre le sommet et la base, comme c’est le cas chez nous aujourd’hui», a-t-il expliqué. L’orateur souligne que c’est la classe moyenne et les élites qui font marcher un pays, précisant que le pouvoir pratique, depuis l’indépendance, la même politique utilisée par l’ancienne puissance coloniale pour l’élimination des élites.

Pour un débat public

Pour lui, «la crise multidimensionnelle que vit actuellement le pays est due à la méconnaissance de notre histoire, la démission des élites et le non-respect de la notion d’Etat et de démocratie chez les dirigeants». A ses yeux, c’est la rente qui a permis au régime actuel de se maintenir au pouvoir. «Il n’y pas eu de révolte parce qu’il y a de l’argent», a-t-il fait remarquer. Parlant des solutions à mettre en œuvre pour aboutir au changement du système en place, M. Hadj-Nacer soutient que rien ne peut se faire sans la population et ses véritables représentants. «Je ne suis pas contre la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique. Et le fait qu’elle regroupe des partis de cultures idéologiques différentes est déjà une bonne chose. Moi, je pense que le changement nécessite des débats publics et la mobilisation de tous», a-t-il préconisé.

Abordant le rôle de l’armée, l’hôte de Boumerdès soutient que celle-ci a de grands défis à relever à court et moyen termes, dont la levée de certains d’entre eux exige, selon lui, la redéfinition globale des doctrines et des politiques de gouvernance de l’Etat. «L’armée doit prendre les décisions qu’il faut à temps pour ne pas subir les défauts de gouvernance du régime actuel», a-t-il analysé, en rappelant que l’ANP est une armée très disciplinée et d’essence populaire. Evoquant la situation préoccupante qui prévaut dans la vallée du M’zab, il a estimé que les différences ethniques avancées par certains comme principale raison du conflit «sont dépassées par le temps». L’orateur reproche aux tenants du pouvoir de «vouloir gommer les identités au moment où d’aucuns savent que la force vient de la reconnaissance». «La main de l’étranger c’est nous. Plus on y est lié plus on l’accuse de vouloir nous déstabiliser», a-t-il conclu.


El Watan 

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