IL AFFIRME QUE LE GOUVERNEMENT “A FAIT LE CONTRAIRE DES RECOMMANDATIONS DE MOHAND ISSAD”

Réforme de la justice : les regrets de Ksentini

Réforme de la justice : les regrets de KsentiniIl est revenu sur le texte de la commission Issad qui resterait “un document fondamental et essentiel”. “Le texte proposé était d’une modernité et d’une efficacité… On a fait exactement le contraire des recommandations de Mohand Issad”, a-t-il déploré.

La Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'Homme (CNCPPDH) a remis, dernièrement, son rapport annuel au président de la République. L’information a été annoncée, hier, lors d’une émission de la radio Chaîne III, qui a reçu pour invité le président de la CNCPPDH, Me Farouk Ksentini. Pratiquement, les mêmes problèmes y ont été soulevés, notamment celui de la détention préventive, la nécessité de réformer “de fond en comble” la justice, afin de la rendre au service du justiciable, et celle d’une “santé de qualité pour tous”. Le rapport a porté également sur les problèmes sociaux, principalement le problème du chômage et de l’emploi des jeunes.

Comme il s’est penché sur “le droit au travail” et “le droit à la production”. “Nous sommes devenus un peuple d’importateurs. Il faut faire en sorte que ce peuple d’importateurs se transforme en un peuple d’entrepreneurs et de producteurs”, a déclaré le responsable de la CNCPPDH, précisant que “c’est l’entreprise et la production (qui) créent des emplois”. Pour Me Ksentini, “il faut se débarrasser de cette économie passive, qui coûte cher à l’Algérie et qui crée du chômage”. L’avocat s’est, en outre, expliqué sur la notion du “droit à la production”, estimant que “le citoyen algérien a le droit à la consommation, mais aussi le droit à la protection et à la production”. Dans ce cadre, le président de la CNCPPDH a plaidé pour le développement des “écoles professionnelles” pour réhabiliter les métiers nécessaires au développement de l’économie. “Il faut que les jeunes apprennent à devenir les personnes dont l’État a besoin”, a-t-il soutenu, avant d’appuyer : “Il ne faut pas se contenter de fabriquer que des universitaires, alors que nous avons besoin, sur le terrain, de personnes qui produisent.” L’invité de la rédaction de la radio Chaîne III a, par ailleurs, exposé d’autres points contenus dans le rapport. Concernant la détention préventive, il a signalé que cette “mesure exceptionnelle” s’est transformée démesurément en “mesure systématique”. Pourtant, notera-t-il, “le texte en lui-même est bon, mais son application est pernicieuse, incorrecte”. Aussi, plaidera-t-il pour “l’application correcte des textes”. S’agissant de l’appareil judiciaire national, il a attesté que “tout le monde est mécontent de la justice”, en insistant sur l’inutilité des “réformettes et petits aménagements” apportés jusque-là. Il est revenu ensuite sur le texte de la commission Issad qui resterait “un document fondamental et essentiel”. “Le texte proposé était d’une modernité et d’une efficacité… On a fait exactement le contraire des recommandations de Mohand Issad”, a-t-il déploré, en suggérant, de “se débarrasser de toute urgence” du code de procédure civile, puis de revoir complètement la réforme initiée dans ce secteur.

Pour ce qui est de la problématique d’accès au logement social, l’intervenant a admis que cette “opération délicate” exige “la transparence”. Dans ce registre, Farouk Ksentini a revendiqué la création d’une commission chargée de la distribution de logements, composée de “gens connus localement pour leur honnêteté, leur compétence et qui soient appelés à (…) faire un travail irréprochable”, dans l’intérêt de la collectivité. “Il faut en finir avec la politique des copains et écarter, de la sorte, toute possibilité de soupçon et de fraude”, a-t-il souligné. Il s’est, en outre, exprimé sur d’autres sujets, dont la révision constitutionnelle. À ce propos, il a jugé que celle-ci doit faire l’objet d’un référendum, pour être “sûrs de sa légitimité et (…) de la volonté populaire”. Quant au débat autour de sa révision, il doit concerner, selon lui, “toutes les sensibilités politiques et toutes les couches sociales, sans exclusivité et sans discrimination”. Me Ksentini a également renouvelé la proposition d’inscrire l’ANP comme “la gardienne de la Constitution”.

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