Attentes du journaliste et exigences

Ecrasante responsabilité. «L'avenir de la démocratie dans notre pays repose sur une presse libre, compétente, soucieuse de l'intérêt national et imbue du sens des responsabilités» nous rappelle le président de la République dans le message qu'il a adressé, hier à notre corporation, à l'occasion de la Journée internationale de la presse que nous célébrons aujourd'hui comme tous les 3 mai de chaque année.

Il ajoute que nous avons «la mission d'éduquer, de former les citoyens, et surtout de susciter l'éveil des consciences sur les grands problèmes liés à notre développement dans toutes ses dimensions». Pour cette lourde mission, le chef de l'Etat nous promet toute l'aide et l'assistance nécessaires. D'abord, le cadre juridique. A la loi organique sur l'information sur laquelle s'appuie celle, toute récente, de l'audiovisuel, va suivre au courant de cette année toute une batterie d'autres textes liés au secteur. C'est dire le vide qui prévaut sur ce plan et qui faisait, jusque-là, de notre profession un exercice quotidien à hauts risques. D'ailleurs, le président de la République en est tellement conscient qu'il s'engage à veiller constamment à ce que nous puissions travailler «loin de toute pression...de toute tutelle et de toute restriction». A l'intérieur des balises dressées par la loi évidemment. Hors de ce «périmètre», c'est la foudre qui nous attend si d'aventure nous enfourchons «la calomnie, le dénigrement et la médisance ou dépassement au détriment du citoyen ou des institutions constitutionnelles». Il faut dire que nous sommes là sur des objectifs à atteindre. Car pour «éduquer, former, susciter l'éveil des consciences» tout en évitant «la calomnie et autres dépassements» et atteindre ce «sens des responsabilités», une solide formation s'impose. Or, tout le monde connaît la réalité du terrain et le président de la République aussi puisque dans le même message il «invite le gouvernement à élaborer un plan de formation (à l'intention de tous les acteurs de notre corporation) à inclure dans son plan d'action à compter de cette année jusqu'en 2019». Ce qui revient à dire que tout dépendra de l'aboutissement de ce plan de formation quinquennal. Qu'en l'état actuel, il est difficile de «former les citoyens» tant que nous ne l'avons pas encore été nous-mêmes.

Dans le secteur industriel on appelle cela «la mise à niveau». Remarquez, ce qui est vrai pour nous, l'est également pour d'autres secteurs y compris le personnel politique! L'autre écueil sur lequel bute notre profession est cette impossibilité chronique à se structurer ne serait-ce que pour garantir et assurer les droits socioprofessionnels. De là à ce que nous puissions garantir et assurer «l'avenir de la démocratie»...c'est demander à un aveugle d'être les yeux de l'humanité. Le préalable incontournable est dans l'élaboration d'un statut du journaliste. Quitte à en confier la mission au législateur comme point de départ. C'est la première étape qu'il est impossible d'enjamber. Créer une haute autorité de la presse écrite comme celle qui est prévue pour l'audiovisuel avec de larges prérogatives touchant tout autant les organes que la ressource humaine. C'est ce qui permettra le respect «des règles et obligations de la profession» dont fait mention le message présidentiel. En ce sens, le premier magistrat du pays nous rassure lorsqu'il affirme que «l'Etat est déterminé à exercer toutes ses prérogatives en matière de législation et de réglementation afin de réguler l'exercice de la liberté de la presse et de l'encadrer, conformément aux normes et standards universellement admis». Avant d'accompagner le développement de la démocratie, le journaliste doit être, actuellement, lui-même accompagné pour atteindre la meilleure visibilité sur son propre itinéraire. Ce qui le rendra plus utile au pays et à ses concitoyens!

l'Expression   

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