Des chercheurs l’ont affirmé avant-hier à Boumerdès

“Il faut donner un statut juridique à tamazight dans la prochaine Constitution”

“L’enseignement de la langue amazighe doit être obligatoire et non pas facultatif”,  a affirmé avant-hier Mme Bilek, cadre au HCA,  lors d’un débat organisé à la maison de la culture Rachid Mimouni de Boumerdès entre plusieurs chercheurs dans la langue, l’identité, la culture et l’histoire amazighs.

Selon elle, la langue amazige n’est étudiée que dans 11 wilayas sur les 48 alors qu’elles étaient 16 lors de son lancement en 1995. “On avait démarré avec 233 enseignants et plus de 37 670 élèves en 2013, on s’est retrouvé avec 1664 enseignants et plus de 234 690 élèves dont 113 396 élèves enregistrés dans la wilaya de Tizi Ouzou et celle de Boumerdès. Cette dernière occupe, selon elle, la 5e place en termes d’effectifs avec 23 670 élèves, 160 enseignants et 204 écoles”, a-t-elle ajouté.
Pour sa part M. Boudjemaâ Aziri, docteur en linguistique, a mis en relief le rapport de tamazight à la langue arabe précisant que contrairement à ce qui a été avancé par certains, la langue arabe n’a jamais représenté un obstacle pour le développement de tamazight.
“Le plurilinguisme est une culture bien ancrée parmi les habitants de la région de l’Afrique du Nord et tamazight fut pendant longtemps une langue vernaculaire tandis que l’arabe qui est venu avec les premiers messagers de l’islam est une langue de la liturgie”, a-t-il souligné.
M. Aziri regrette quant à lui l’absence d’institutions pour permettre la promotion de cette langue. “En dehors du Haut Commissariat à l’amazighité (HCA), aucune autre structure n’a été créée pour permettre l’essor de tamazight.”
Selon lui, le monolinguisme a commencé en Algérie en 1962, “Ben Bella disait que tamazight est une création coloniale et en dépit des obstacles et des blocages des autorités de l’époque, de nombreux militants ont bravé l’interdit et revendiqué la reconnaissance de d’identité et la culture amazighes en imposant son enseignement à l’école”.
Quant à  Arezki Grain, il considère que le moment est venu pour réhabiliter la culture et l’identité des peuples de tout le nord de l’Afrique. “Il faut donner un statut juridique à tamazight dans la prochaine Constitution en lui donnant un statut de langue officielle.”
De son coté M. Dida Badi a révélé que tamazight n’est plus enseignée à Illizi ni à Ghardaïa alors que dans la wilaya de Tamanrasset, elle n’est dispensée que dans six CEM. “Le nombre d’élèves qui l’étudie dans les wilayas du Sud se réduit de jour en jour en raison du manque d’enseignants et d’encadrement”,  a-t-il souligné.

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