REBONDISSEMENT DANS L’AFFAIRE DU SCANDALE SONATRACH

Interpol lance un mandat d’arrêt contre Farid Bedjaoui

Rebondissement dans l’affaire Sonatrach. Farid Noureddine Bedjaoui, neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères et principal «mis en cause dans l’affaire des pots-de-vin impliquant Saipem est recherché par Interpol. C’est à la demande de la justice italienne que l’organisation mondiale de la police a publié un message d’alerte à l’encontre de Bedjaoui.

C’est une notice rouge qu’Interpol a publié à l’encontre de Farid Noureddine Bedjaoui. Le message d’alerte en question signifie que le neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères algérien est désormais recherché par les services de sécurité des 190 états membres de cette organisation internationale de police, dont l’Algérie est partie prenante. Né le 20 septembre 1969 à Alger, le nom de Farid Bedjaoui est apparu pour la première fois au lendemain de l’éclatement de l’affaire Sonatrach. Selon plusieurs écrits de presse, Farid est issu d'une famille aussi connue qu'aisée. Son oncle, Mohamed Bedjaoui, a fait une brillante carrière internationale dans la haute magistrature et la politique. Moins connu, Noureddine, le père, a fait du commerce avec la Libye du colonel Kaddafi. Les affaires sont si florissantes que la famille Bedjaoui s'offre un appartement de 300 m2 dans un hôtel particulier de l'avenue Foch, à Paris. Le jeune Farid fréquente le lycée Louis-le-Grand, la crème des établissements parisiens, avant de poursuivre ses études au Canada.

Selon une enquête publiée par l’hebdomadaire Jeune Afrique en 2013, ce diplômé de HEC Montréal s’est lancé dans plusieurs affaires. Avec ses frères Ryad et Réda, il crée plusieurs sociétés spécialisées dans l'import-export. Selon la même source, les choses vont prendre une tout autre dimension au début des années 2000. «Farid, qui ne mettait que très rarement les pieds dans son pays natal, va y devenir un intermédiaire aussi discret qu'efficace, usant et abusant de son patronyme. Son premier gros coup, il le réalise lorsque Khelil décide, en 2003, de faire fructifier l'argent du pétrole et du gaz en effectuant des placements à l'étranger». L’affaire Sonatrach éclate, Farid Bedjaoui est cité par des enquêteurs de la justice italienne. Cette dernière le soupçonne d'avoir empoché 264 millions de dollars (205 millions d'euros) de pots-de-vin sur huit contrats obtenus par la société Saipem auprès de Sonatrach entre 2007 et 2009. À Alger, son nom est abondamment cité par la presse dans le scandale de l'autoroute Est-Ouest, en cours d'instruction. Au Canada, enfin, il est soupçonné d'avoir joué le rôle de chargé de mission au profit de SNC-Lavalin, pour l'obtention de plusieurs contrats en Algérie d'un montant avoisinant les 6 milliards de dollars. Selon des spécialistes, l’arrestation éventuelle de Farid Bedjaoui serait d’un apport considérable pour faire toute la lumière sur l’affaire Sonatrach. Car, de l’avis de ces mêmes enquêteurs italiens, «mettre la main sur ce principal accusé, c’est faire tomber toute l’organisation qui a détourné à son profit des centaines de millions d’euros provenant du pétrole et du gaz algériens».

Pour rappel, grâce à des perquisitions dans les bureaux d’ENI et Saipem et le domicile de Paolo Scaroni, le Pdg d’ENISaipem, à Milan, qu’un lien a été établi entre Farid Bedjaoui, certains dirigeants du groupe pétrolier italien ENI, à sa tête Paolo Scaroni, et Chakib Khelil. L’affaire porte sur une commission qui a été versée en contrepartie de huit grands contrats pétroliers d’une valeur de 11 milliards d’euros attribués frauduleusement à Saipem. Farid Bedjaoui, dit-on, aurait joué le rôle d’intermédiaire.


Le Soir d'Algérie  

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