Une situation sociale préoccupante

Mettre fin à la hogra et la harga

La Tribune 25/06/2008

Le hasard a fait que la nomination de Ahmed Ouyahia est intervenue quelques heures seulement après l’interdiction d’un rassemblement des délégués de la Coordination nationale des syndicats autonomes de la fonction publique qui devait se tenir devant le palais du gouvernement.

 

En effet, les syndicats de la fonction publique n’en sont pas à leur premier mouvement de protestation puisqu’ils ont réussi à paralyser à plusieurs reprises le secteur de l’éducation nationale. Outre les revendications socioprofessionnelles, les syndicalistes revendiquent la reconnaissance de leurs structures par les pouvoirs publics et le statut de partenaire social du gouvernement. Jusque-là le gouvernement ne reconnaissait que l’UGTA en tant que partenaire social et déniait aux syndicats autonomes, qui ont montré leur capacité de mobilisation et de représentation, le droit de s’asseoir à la table des négociations.

Par ailleurs, il ne se passe pas un jour, une semaine, un mois, sans qu’on signale un mouvement de protestation des citoyens tantôt pour contester une distribution injuste de logements sociaux, tantôt pour exprimer un ras-le-bol d’une situation sociale intenable. Face à la fermeture des canaux de dialogue, les jeunes recourent souvent à l’émeute pour exprimer leur désarroi. D’autres choisissent tout simplement le chemin de la mort. Désespérés de leur situation : chômage, absence de perspectives d’avenir, les jeunes optent pour la harga, au moment où des jeunes «chanceux» et d’autres pistonnés amassent des fortunes !
Au lieu de redonner espoir à notre jeunesse, les pouvoirs publics préfèrent plutôt organiser des séminaires sur les harraga… Les jeunes Algériens attendent des solutions à leurs multiples problèmes. Ils ne croient plus aux discours politiques creux et aux promesses sans lendemain.

Le nouveau chef du gouvernement devra lancer une réflexion sérieuse sur le dossier de la jeunesse. Qu’attend l’Algérie de sa jeunesse ? Qu’attend la jeunesse de son Algérie ? Aussi, il est urgent de revoir les dispositifs de l’emploi des jeunes : filet social, pré-emploi… L’Etat doit prendre des mesures d’urgence susceptibles d’ouvrir des perspectives d’avenir à la jeunesse. A cet effet, il faudra en finir avec ces dispositifs qui consacrent la précarité, car l’avenir de ces jeunes dépend essentiellement de la pérennisation de l’emploi. La situation de notre jeunesse illustre parfaitement «l’échec» des politiques menées jusque-là par les gouvernements successifs. Un échec qui risque d’avoir des conséquences graves sur l’avenir immédiat du pays. Enfin, le nouveau chef du gouvernement devra prendre des mesures en faveur de la jeunesse, des laissés-pour-compte, des familles démunies et des franges sociales les plus vulnérables. La seule voie pour lui rendre l’espoir et mettre fin à la hogra et, bien sûr, à la harga.
 

par Chafaa Bouaiche

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