Azazga Pour soutenir six frères aux prises avec la justice

Marche et grève générale hier

Azazga Pour soutenir six frères aux prises avec la justice
Marche et grève générale hierPrès d’un millier de personnes ont marché, hier, dans la ville d’Azazga, pour apporter leur soutien à six frères poursuivis en justice, et sur lesquels pèse un mandat d’arrêt prononcé par la chambre d’accusation de la cour de Tizi-Ouzou.

L’action, ponctuée par une grève générale des commerçants de la ville, s’est ébranlée à partir du siège de la BADR, pour s’acheminer jusqu’au tribunal de la ville, en passant par les sièges de la mairie et de la daïra. A l’entrée de la ville d’Azazga, l’on pouvait lire sur une gigantesque banderole, suspendue au lieudit Tizi-Bouchène ‘’Grève et marche pour dénoncer l’injustice contre six frères innocents’’. La population de la commune d’Azazga, via ses comités de villages qui ont adhéré à cette manifestation, tenait à dénoncer ce qu’elle a qualifié d’« injustice » commise contre les frères Boukersi, accusés par un individu, agissant par procuration au nom de son épouse, de « destruction de biens d’autrui et incendie volontaire ». Les mis en cause, que nous avons rencontrés en marge de l’action, s’insurgent contre le fait que leur affaire ait été traitée de façon arbitraire par la chambre d’accusation qui a instruit, dans son mémoire, un mandat d’arrêt à leur encontre. « Nous ne sommes pas contre le fait que nous soyons accusés et traduits devant le tribunal criminel, même si nous persistons à dire que nous sommes innocents. Mais nous contestons le mémoire de la chambre d’accusation qui a instruit notre mandat d’arrêt, car nous ne sommes ni des criminels ni de terroristes », dira l’un des coaccusés, Boukersi Ferhat, 41 ans.

Ce que les six frères contestent, c’est le fait d’être accusés d’avoir incendié une maison et un camion et d’avoir saccagé un véhicule de type pick-up, le 3 juin 2013, au centre-ville d’Azazga, alors qu’ils affirment être « victimes d’une descente punitive orchestrée par l’adversaire, qui n’est autre qu’un cousin lointain ».  A en croire le récit des 6 frères, l’affaire remonterait à la nuit du 3 juin 2013, lorsque l’un d’entre eux, Boukersi Hacène, 59 ans, a été attaqué par une bande de personnes venues à bord de cinq voitures et qui l’ont menacé de mort. « Tout cela parce que notre frère s’opposait aux travaux que ledit cousin voulait entreprendre sur un terrain qui est dans l’indivision », nous diront-ils. Et de poursuivre : « sentant le danger sur sa vie et sur la vie des siens, Hacène a appelé au secours les voisins qui accoururent pour l’aider. Face à cette solidarité, les agresseurs de notre frère ont tenté de fuir. Certains d’entre eux, à bord d’une Toyota Pick-up, prirent la direction du centre-ville d’Azazga, mais ils ont été interceptés, près de la BADR, par une centaine de personnes qui ont, en effet, pris à parti l’un des occupants et ont endommagé le véhicule. Quant aux autres complices, ils ont réussi à prendre la fuite ». Boukersi Abderezzak, 49 ans, l’autre accusé concerné par le mandat d’arrêt, nous expliquera que le lendemain de cette affaire, une plainte a été déposée par lui et ses frères devant le procureur près le tribunal d’Azazga, mais que ledit procureur avait refusé de les recevoir, « se contentant d’exiger de nous de lui adresser une lettre explicative », ajouteront-ils. Abderezzak Boukersi poursuivra : « les autorités judiciaires de la ville d’Azazga n’ont jamais daigné accepter nos demande d’audience ni nos doléances qui restent d’ailleurs suspendues pour des raisons que nous ignorons ». D’ailleurs, dans une lettre de revendication, datée d’hier et adressée au wali de Tizi-Ouzou, au chef de daïra et au P/APC d’Azazga, les comités de villages d’Azazga, apportent leur soutien aux six frères et exigent « l’application de la loi ». Comme ils revendiquent « l’annulation de la décision de justice du 8 avril 2014, concernant la condamnation de nos six frères », écrivent-ils encore sur le document. Les signataires réclament « des explications quant au silence du procureur principal du tribunal d’Azazga durant sept mois » et exigent « l’arrestation des personnes qui étaient venus, les 3 et 17 juin 2013, agresser l’un des frères Boukersi avec des armes blanches ».

Hier donc, au terme de l’action qui s’est achevée par un rassemblement devant le tribunal de la ville, des représentants des marcheurs se sont présentés au bureau du greffier et y ont déposé une lettre de doléances et le document portant les quatre revendications.          

La Dépêche de Kabylie  

Vous devez être connecté pour poster des commentaires

Identification

Agenda

December 2017
M T W T F S S
27 28 29 30 1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31