Il l’a rencontrée vendredi à Alger

Ce que Saïd Sadi a dit à la délégation onusienne

Ce que Saïd Sadi a dit à la délégation onusienneL’ancien président du RCD a aligné un faisceau de faits pour souligner que cette élection sera l’exact remake des précédentes.

Première personnalité politique algérienne à rencontrer, le 11 avril à l’hôtel El-Djazaïr (ex-Saint-George), à Alger, une délégation de l’ONU qui séjourne actuellement en Algérie pour avoir une véritable photographie de la présidentielle du 17 avril, Saïd Sadi, ancien président du RCD, a soutenu que l’actuel chef de l’État est bien parti pour rester à El-Mouradia.

“L’élection se jouera sur le rapport de force qui prévaudra dans le système. En l’état actuel des choses, tout porte à croire que l’actuel chef de l’État sera le vainqueur de cette guerre de tranchées”, a-t-il dit aux membres de la délégation onusienne qui l’ont rencontré en sa qualité de personnalité politique. Il ne nourrit pas moins quelques appréhensions, dont celle de voir la réélection de Bouteflika émaillée d’incidents.

“Il est possible que des incidents plus au moins sérieux surviennent le jour du vote”, a-t-il expliqué, avant d’enchaîner : “Ces affrontements, s’ils venaient à avoir lieu, ne devraient pas, en tout cas dans un premier temps, dépasser les cercles claniques.” Pour autant, “aucun candidat” n’est assez crédible, à ses yeux, pour dénoncer la fraude alors que “tous connaissaient les conditions dans lesquelles ils s’étaient engagés”. Du point de vue de Saïd Sadi, ces “dérapages” peuvent être une aubaine pour “un clan de l’armée” qui s’en saisirait pour “justifier son retour au-devant de la scène”.  Quant aux conditions dans lesquelles se déroulera la présidentielle du 17 avril, l’ancien président du RCD a aligné un faisceau de faits pour souligner que cette élection sera l’exact remake des précédentes. Il a d’abord soulevé la question du non-assainissement du fichier électoral qu’il a qualifié de “levier essentiel de la fraude”. “On estime que plus de trois millions de voix appartenant aux militaires, policiers, gendarmes, douaniers, membres de la Protection civile et leur famille, sont laissées à la discrétion du pouvoir”, a affirmé M. Sadi. “La délégation de l’Union européenne qui avait soumis comme préalable à sa venue en 2012, le droit d’accéder au fichier électoral s’est vu opposé par la suite un niet catégorique une fois sur place. Ce reniement du gouvernement algérien est probablement à l’origine du refus de l’UE de s’impliquer dans l’observation de cette élection présidentielle”, a-t-il ajouté. L’ancien président du RCD a aussi cité “l’interdiction d’antenne et de salles” dont fait l’objet l’opposition, le non-octroi de visas aux journalistes étrangers alors que la campagne électorale tire à sa fin, etc.

Concernant les candidats à la présidentielle du 17 avril, Saïd Sadi les a répartis en deux groupes : le premier est constitué par “les lièvres professionnels” qui “s’engagent dans tous les scrutins pour les subventions conséquentes (…)” et le second est composé du duo Bouteflika-Benflis, deux responsables “issus du même système”. “Les contenus des programmes sont largement en déphasage au regard de la nature et de la quantité des réformes structurelles attendues par le pays”, a-t-il déploré. Le constat de Saïd Sadi est que “la masse de la population est relativement peu concernée par l’élection”. Selon lui, quatre facteurs pourront amplifier le taux d’abstention : la nomination par Bouteflika de membres de “sa tribu” à des postes clé (Intérieur, Justice, Conseil constitutionnel), l’incapacité du chef de l’État à assurer le minimum de ses charges, l’absence de candidat de l’opposition démocratique et du courant islamiste et les violences qui ont caractérisé la campagne électorale.

Le refus par tous les candidats de la proposition faite par une grande partie de l’opposition, de confier l’organisation de l’élection à une commission indépendante, d’une part, et de l’assainissement du fichier électoral, d’autre part, n’est pas de nature, aux yeux de M. Sadi, à encourager les Algériens à se rendre aux urnes.  
Il faut souligner que la délégation onusienne aura des rencontres avec d’autres personnalités et responsables de partis politiques de différents bords.
Elle n’est pas venue en Algérie pour assurer une observation de la présidentielle mais juste pour consigner les conditions générales du déroulement de la campagne électorale et du scrutin. Outre Alger, la délégation onusienne a inscrit à son agenda deux déplacements, l’un à Tizi Ouzou et l’autre à Tamanrasset. Ses membres de la délégation ne feront pas de déclarations publiques et devront remettre, à la fin de leur mission, un rapport à M. Ban Ki-moon, SG de l’ONU.

Liberté

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