Berriane (Ghardaïa)

Un mort et plusieurs blessés

La mort frappe encore à Ghardaïa. Hier en fin de journée, dans le quartier Kaf Hamouda de Berriane, un jeune Mozabite a été mortellement touché par une salve tirée d’un fusil de chasse et quatre autres grièvement blessés, allongeant ainsi la liste des victimes des violences qui secouent la vallée du M’zab depuis le mois de décembre dernier.

Selon des témoignages concordants, le jeune Benacer Nacer Ben Messaoud (étudiant de 22 ans) a été atteint, de même que ses camarades, au sortir de la prière d’el maghreb. Les auteurs des tirs restent inconnus.
Les affrontements qui, à l’occasion, se sont déplacés à la localité, ont éclaté juste après la prière du vendredi et se sont propagés à plusieurs quartiers. Des groupes de jeunes se sont lancés des pierres, puis les cocktails Molotov ont vite fait leur apparition. Ces affrontements ont bien entendu plongé Berriane dans l’insécurité, paralysant pratiquement toute activité. «Nous ne comprenons pas pourquoi la situation n’est pas maîtrisée, alors que le dispositif de sécurité déployé reste important», s’alarme Hamou Mesbah, secrétaire fédéral du FFS à Ghardaïa, contacté hier en début de soirée.

Notre interlocuteur ajoute que «si la police et la Gendarmerie nationale s’avèrent à ce point incapables de contenir les troubles, il est peut être temps que l’armée prenne ses responsabilités». Ce sentiment avait été, pour rappel, maintes fois exprimé par les populations locales, qui s’estiment livrées à elles-mêmes. En effet, malgré le renforcement de la présence des éléments de la police et du Darak, la relance vigoureuse des violences succède fatalement aux accalmies éphémères dans une spirale que rien ne semble pouvoir arrêter. Les représentants des deux communautés (arabe et mozabite) multiplient par ailleurs les appels à la sagesse sans que cela n’ait d’effet sur la tournure tragique que prennent sans cesse les événements depuis plusieurs mois.

Il est évident que la vallée du M’zab est prise dans un engrenage de violence dont les commanditaires semblent agir dans l’ombre la plus épaisse. L’erreur commise jusqu’ici semble avoir été de s’entêter à limiter les causes du conflit aux seules considérations communautaires. Le conflit, pour exister réellement, ne sert visiblement qu’à voiler et les commanditaires et les motivations de la mécanique d’embrasement. Curieusement inscrit dans la durée, le conflit, s’il est physiquement circonscrit à la vallée du M’zab, ses implications vont au-delà des frontières locales. Il pose une problématique nationale.  
 
El Watan 

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