TOUT EN CONDAMNANT LES INCIDENTS

Les Béjaouis accusent les organisateurs

La condamnation des incidents survenus avant-hier à Béjaïa a été unanime. Qu’ils soient acteurs politiques, membres de la société civile ou simples citoyens, les interviewés ont tenu, tous, sans exception, à dénoncer ceux qui ont usé de violence pour empêcher la tenue du meeting d’Abdelmalek Sellal, prévu à la Maison de la culture. Un édifice public dont une aile a été incendiée.

Des acteurs politiques et associatifs avaient tenu la veille, voire l’avant-veille, à se démarquer de tels actes — un premier meeting avait été empêché vendredi à Akbou. C’est le cas des animateurs du Comité pour le changement, des responsables de la Ligue des droits de l’Homme de Me Zehouane, ainsi que d’autres acteurs politiques et sociaux.

Ils ont déploré les actes de violence qui ont suivi l’empêchement du meeting de Sellal, d’autant qu’ils sont convaincus que la violence est suscitée par les partisans du statu quo et de la reconduction du système en place ; il s’agit d’une diversion par rapport aux préoccupations et aux aspirations du peuple algérien pour retarder ad vitam aeternam l’avènement de l’État démocratique pour lequel des générations ont lutté. Beaucoup estiment que si la rencontre avec Sellal a été empêchée, c’est parce que, contrairement à ce que disent les organisateurs, il n’avait rien d’un meeting populaire. Boubekeur Derguini, ancien député de Béjaïa, en est certain : “On a trié sur le volet les participants à cette réunion ; on a refoulé des gens qui sont venus l’écouter, y compris des personnes d’un certain âge. Ils n’avaient donc pas le droit de dire qu’il s’agissait d’un meeting populaire ; on a rencontré la population béjaouie. C’est archifaux. C’est une rencontre organique de la nouvelle coalition présidentielle. Hormis les journalistes, tous les participants soutiennent le 4e mandat. Qu’on ne vienne pas nous dire que c’est un meeting populaire. Et la grogne a été suscitée par cela, incontestablement.” Kader, qui ne cache pas son soutien actif à Ali Benflis, est aussi convaincu que le meeting était “privé”, puisque “les participants sont entrés sur invitation”.
Et c’est cela qui pourrait, selon lui, expliquer le courroux des dizaines de manifestants qui sont venus dire non au 4e mandat.
Plus encore : “Il n’y avait pas que des jeunes. J’ai revu des gens qui avaient milité au sein du MCB et au sein de différents partis de la mouvance démocratique.” Rachid Belkacem, animateur associatif et membre fondateur du Collectif de coordination des associations de la commune de Béjaïa, a regretté le dérapage.
“Moi, j’ai toujours milité pacifiquement. Je déplore qu’on ait recouru à la violence dans le cadre de cette campagne, d’autant qu’il s’agit d’un commis de l’État. C’est un responsable politique qui avait promis de revenir à Béjaïa le 27 avril dernier ; il avait écourté sa visite à Béjaïa en raison de l’évacuation du président Bouteflika. Il n’a pas tenu parole. Il n’est jamais revenu. Mais je suis contre le recours à la violence.” Le mouvement Barakat, dont les animateurs ont été accusés publiquement d’être les instigateurs de ces événements, ont tenu à rappeler dans un communiqué “le caractère éminemment pacifique” de leur mouvement et se refusent à “toute forme de violence”.
“Nous ne sommes pas un mouvement insurrectionnel, nous n’appellerons jamais à des actions de sabotage ou d’insurrection ; nos méthodes sont la manifestation pacifique, l'argumentation rationnelle et le dialogue sérieux et constructif avec tous les acteurs politiques, où qu’ils se trouvent, qui partagent le même projet de société et qui œuvrent à sa réalisation.”


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