TRÈS LOURD BILAN EN VIES HUMAINES SUITE À L’ACCIDENT

Crash sur le mont Fertas

Crash sur le mont FertasL’Algérie vient de vivre l’une des catastrophes aériennes les plus dramatiques de son histoire. Hier, en fin de matinée, un avion militaire de transport des troupes s’est écrasé sur le mont Djebel Fertas aux environs de Aïn Karcha dans la wilaya d’Oum-El-Bouaghi, causant la mort de dizaines de personnes, entre voyageurs et membres de l’équipage. Un voyageur seulement s’en est sorti, mais avec de graves blessures au niveau de la tête et de la poitrine.

L’appareil, de type Hercule C 130 de l’Armée nationale populaire (ANP), en provenance de Tamanrasset et se dirigeant vers Constantine, transportait à son bord des militaires et, pour certains d’entre eux, des membres de leurs familles.

Selon le responsable de la communication à la 5e Région militaire, le colonel Lahmadi Bouguern, cité par l’APS, «le crash serait dû, selon les premières indications, aux mauvaises conditions climatiques avec de fortes rafales de vent, qui prévalent dans la région depuis quelques jours.
Le crash se serait produit quand l’avion avait entamé les manœuvres d’approche de l’aéroport de Constantine avec un manque de visibilité et un vent violent ayant empêché cette manœuvre».
En fin d’après-midi, c’est le ministère de la Défense nationale qui a pris directement en main la communication liée à ce drame.
«Un avion de transport militaire de type Hercule C-130, relevant des Forces aériennes algériennes, en provenance de Tamanrasset à destination de Constantine et transitant par Ouargla, s'est écrasé vers midi (12h) ce mardi 11 février 2014, alors qu'il survolait le mont Fertas sis à Aïn M’lila, wilaya d'Oum-El-Bouaghi», y lit-on d’emblée.

«Les conditions météorologiques très défavorables et l'orage accompagné de chutes de neige qui prévalaient dans la région seraient à l'origine du crash.»
Le communiqué du MDN évite soigneusement de donner le moindre bilan de la catastrophe, préférant maintenir quelque espoir encore quant à retrouver d’éventuels survivants. «A la suite de cet accident, le plan de recherche et de sauvetage a aussitôt été déclenché et les unités de secours relevant de l'Armée nationale populaire (ANP) et de la Protection civile se sont déplacées sur les lieux pour apporter les premiers secours», tenait d’ailleurs à préciser le communiqué du ministère de la Défense nationale.

«L'opération de recherche et de sauvetage se poursuit et de plus amples détails seront communiqués dès que de nouvelles informations seront disponibles», ajoute encore la même source.
Le ministère de la Défense annonce également le déplacement, sur les lieux, du général de corps d’armée, Gaïd Salah pour «s’enquérir des circonstances de l’accident».
En même temps que la création «d’une commission d’enquête (déjà) dépêchée sur les lieux pour déterminer les causes et les circonstances exactes de ce tragique accident», conclut le communiqué. Si le ministère de la Défense ne s’est hasardé sur aucun bilan, hier, en début de soirée, des informations attribuées aux services de la Protection civile faisaient état d’au moins «71 corps récupérés».

Quoi qu’il en soit, et en attendant le bilan définitif et officiel de ce crash, ce drame, de par son ampleur, est l’un des plus graves dans l’histoire de l’aviation en Algérie, tant civile que militaire.
K. A.

L'hôpital militaire de Constantine en alerte

Aussitôt que le crash d'un avion militaire de type Hercule C130 s'est produit sur Djebel Fertas, commune de Ouled Kacem, daïra d’Aïn Mlila, wilaya d’Oum-El-Bouaghi, l'hôpital militaire de la nouvelle ville Ali-Mendjeli a été mis en alerte maximum.
Selon des informations recueillies sur place, tout le staff médical civil et militaire a été mobilisé et consigné sur place pour prendre en charge les éventuels survivants.
Des hélicoptères de l'armée auraient fait, selon des témoins, plusieurs va-et-vient durant tout l'après-midi d'hier.
Aussi, sur place, régnait une grande agitation et les journalistes venus recueillir des informations ont été priés par les militaires en faction à l'entrée de l'établissement de quitter les lieux.
Les parents des victimes décédées évacuées vers la morgue de l'hôpital sont attendus dans les prochaines heures pour l'identification des corps.

Farid Benzaïd

L’historique des catastrophes aériennes en Algérie

Les accidents aériens sont rares, l’avion est le moyen de transport le plus sûr, affirme-t-on. Cependant, les crashs aériens font toujours la Une à cause de leur rareté, leur violence et le nombre impressionnant de morts en un seul coup.

Avec l’accident d’hier, le nombre de crashs d’avions s’élève à 6 (2 avions Air Algérie et 4 avions militaires).
Ainsi, le 30 juin 2003, un appareil de transport militaire, de type Hercule C130, s'était écrasé sur un quartier de Beni Mered, à trois kilomètres de la ville de Blida (50 km au sud d'Alger).
17 personnes, dont 4 membres d'équipage, avaient été tuées et au moins une vingtaine blessées.
Parmi les victimes, figuraient notamment sept enfants et trois femmes, qui habitaient le quartier.
L'appareil, qui effectuait des essais avait subitement décroché, et l'équipage avait détourné sa trajectoire pour ne pas s'écraser sur l'autoroute reliant Alger à Blida qui longe la base aérienne de Boufarik où est concentrée une grande partie du transport aérien militaire algérien. Le 10 décembre 2012, avait eu lieu une collision entre deux avions de combat, relevant des forces aériennes, au cours d'une mission d'entraînement de nuit dans la région située entre Hassi Zahana et Sidi Abdelli, dans la wilaya de Tlemcen, causant le décès des deux pilotes. Le 9 novembre 2012, un avion bimoteur de transport de fret militaire algérien, de type CASA C-295, qui transportait du papier destiné à fabriquer des billets de banque, s’était écrasé près de la commune de Trélans (Lozère) en France.
L’avion venait de l’aéroport du Bourget (Paris) et regagnait l’Algérie. Six victimes avaient été enregistrées, cinq militaires et un civil, représentant de la Banque d’Algérie. En ce qui concerne la compagnie Air Algérie, le 6 mars 2003, l’accident d’un Boeing 737-200 de la compagnie Air Algérie entre Tamanrasset et Alger. L'appareil avait tenté de décoller de l'aéroport de Tamanrasset puis s'était éloigné de la piste durant le décollage.
Il avait fini par s'écraser, 96 des 97 passagers et les 6 membres d'équipage de l'appareil avaient péri. Au total, l'accident avait fait 102 morts.
C'est la pire catastrophe aérienne que le pays ait connue depuis son indépendance. Le 13 août 2006, un avion-cargo de type Lockheed L-382 appartenant à Air Algérie et assurant le vol AH 2208 Alger-Francfort (Allemagne) s’était crashé sur le territoire italien, plus précisément à proximité de Piacenza au sud de la ville de Milan.
Un accident qui avait coûté la vie aux trois membres de l'équipage dont la nouvelle de la mort avait vite été répercutée dans la corporation des pilotes qui avaient profité de l’occasion pour dénoncer les conditions de travail au sein de la compagnie aérienne.

Saadia Gacem

Le Soir d'Algérie 

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