Les deux communautés témoignent au FFS de l’existence de forces occultes derrière les événements

Ghardaïa : les habitants crient au complot

Ghardaïa : les habitants crient au complotEt si les événements qui ont secoué la ville de Ghardaïa, depuis plus d’un mois, et certains autres ksars de la vallée du M’zab n’étaient finalement que l’œuvre de “mains occultes”.

Évoquée par le ministre de l’Intérieur, la thèse d’un complot interne semble la plus privilégiée par les deux communautés. Autant les Mozabites que les représentants de la communauté arabe malékite voient dans ‘‘l’embrasement de cette région, le premier dans l’histoire’’, jadis destination de prédilection des touristes, “des mains occultes”.



“Les notables mozabites que nous avons rencontrés lundi soir nous ont présenté un exposé, des données et des vidéos (…) Ils nous ont fait part de la lenteur des services de sécurité pour intervenir, en dépit de leur sollicitation”, a indiqué, hier à Liberté, le député du FFS, Nassim Sadeg, qui s’est déplacé à Ghardaïa en compagnie du premier secrétaire du parti, Ahmed Betatache, et du député, Me Mustapha Bouchachi, dans le cadre d’une visite de travail. “Chose, à notre sens, importante, ils ont dit qu’ils ont toujours coexisté avec les communautés arabes et que même la France n’avait pas réussi à casser cette symbiose”, rapporte Nassim Sadeg. “Mais ils ont dit qu’il y a des forces occultes qui sont derrière ces manipulations”, a-t-il, toutefois, précisé. “C’est pourquoi, ils souhaitent que les autorités prennent leurs responsabilités.” Hier matin, la délégation du FFS, dont le parti s’est déjà distingué par un rapport à l’occasion d’une mission lors des événements de Guerrara, a eu à rencontrer plusieurs élus locaux, toutes tendances confondues, des directeurs d’école et des chefs de quartiers arabes malékites, ainsi qu’un ex-député du FNA.

“Eux aussi ont condamné cette violence. Ils considèrent qu’il y a des mains occultes qui seraient derrière cet embrasement. Ils insistent sur la nécessité de voir les autorités prendre en considération les préoccupations des populations. Ils regrettent que le Premier ministre Sellal n’ait pas rencontré les vrais représentants de la population”, rapporte le député du FFS. Après plus d’un mois de violences, la situation semble reprendre progressivement son cours normal.

Environ 70% des commerçants ont repris leurs activités, tandis que les élèves devraient rejoindre les bancs de l’école à partir d’aujourd’hui. Il faut dire que le calme n’est revenu qu’après l’arrivée des renforts des services de sécurité, notamment les brigades de la gendarmerie, les “verts”, que les Mozabites ont réclamés et applaudis à leur arrivée, contrairement aux “bleus”, la police, dont des éléments ont été accusés de connivence avec les Arabes malékites.

Parti fortement implanté dans la région, le FFS a été le premier à avoir envoyé une mission d’information dans la région de Guerrara après les affrontements qui avaient eu lieu entre les deux communautés à l’issue d’un match de football. Le FFS avait dénoncé des “cas de torture et de viols”, qu’il a recueillis auprès de jeunes Mozabites arrêtés.

Le FFS avait également rencontré le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et introduit une motion auprès du bureau de l’APN pour l’ouverture d’une enquête parlementaire sur ces événements. “À ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse”, a indiqué Nassim Sadeg. Dans ce contexte, il est utile de rappeler que même les deux projets de lois introduits par le parti sont restés lettre morte. “On s’est engagé à suivre l’évolution de la situation”, conclut-il.*

Liberté 

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