Les Mozabites d'Europe créent leur collectif

La justice avant la réconciliation

Ils étaient quelque 120 venus de Grande-Bretagne, d'Espagne, de Belgique et de toutes les régions de France.

Des États-Unis et du Canada, ils n'ont pas pu faire le déplacement, mais ils ont participé par voie téléphonique à la première réunion des Mozabites d'Europe qui s'est tenue dans la nuit de samedi à dimanche à Paris. Jamais depuis le conflit intercommunautaire dans la vallée du M'zab un tel rendez-vous ne s'est tenu. Preuve s'il en est de l'inquiétude qui s'est propagée dans les rangs de la diaspora disséminée à travers les continents.

Universitaires et jeunes pour la plupart d'entre eux, ils ont d'abord entendu le témoignage d'un des leurs arrivé de Ghardaïa après avoir assisté aux affrontements de ces dernières semaines. La réunion s'est conclue par la mise en place d'un collectif de huit membres pour être le porte-parole de la communauté. Le collectif a désigné comme coordinateur une personnalité très en vue en France : il s'agit d’Abdallah Zekri, 73 ans, président de l'Observatoire national de l'islamophobie et membre de la direction du Conseil français du culte musulman. Interrogé par Liberté sur le projet de solh (réconciliation) envisagé par les autorités, il a répondu que le collectif préférait une réparation par la voie de la justice. “Il faut que la justice passe avant la réconciliation. On ne peut pas effacer ce qui vient de se produire avec le risque que cela reparte encore, parce que c'est devenu cyclique. Nous sommes pour l'unité nationale, mais nous sommes les agressés et non les agresseurs”, a argumenté M. Zekri en soulignant que lors la réunion s'est interrogée sur la position des forces de l'ordre lors des violences et a exprimé son effarement face à la destruction de symboles de la région.
 
 Cet attachement à l'unité nationale est réaffirmé dans le communiqué final selon lequel, “les citoyens mozabites d’Europe ont été profondément touchés par les violences qui ont secoué dernièrement la région du M’zab”. Alors que des appels à manifester ont fleuri sur le Web, le collectif affirme qu'il “ne peut cautionner ceux qui veulent internationnaliser les évènements de Ghardaïa à des fins politiciennes, car il s’agit d’un problème algéro-algérien” et “interdit à toute personne, association ou parti politique  de parler en son nom sous peine de poursuites judiciaires”.  Pour autant, il “remercie l’élan de solidarité de tous ceux qui ont condamné les évènements de Ghardaïa, en particulier la communauté algérienne de par le monde”. Alors qu'une visite du Premier ministre semble attendue à l'occasion de la fête du Mawlid Ennabaoui, le collectif affirme “apporter son soutien total aux revendications contenues dans la plateforme du CCS (Comité de coordination et de suivi) de Ghardaïa en Algérie”. Il condamne “avec la plus grande fermeté les atteintes à la dignité des citoyens et à leurs biens privés, les pillages, les incendies et la destruction des monuments historiques de la vallée du M’zab, classés au patrimoine international de l’humanité par l’Unesco”.
 
Par ailleurs, il appelle “toutes les autorités algériennes à assumer leurs responsabilités pour la protection des citoyens, des biens et des monuments” car, juge-t-il, “il est de sa responsabilité d’agir pour rétablir la sécurité, la justice, l’égalité et la paix”.

Liberté 

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