Rachid Kaci, conseiller de Sarkozy

“L’Algérie avait besoin d’être rassurée”

La Depeche de Kabylie 08/07/2008 Rachid Kaci, conseiller de Sarkozy

« L’Algérie est un pilier important, on ne peut pas la négliger» concède Kaci Rachid, conseiller de Sarkozy, à propos de l’adhésion de l’Algérie à l’UPM.
La Dépêche de Kabylie : Le président Sarkozy a annoncé aujourd’hui (ndlr : hier lundi) depuis Tokyo la participation de son homologue algérien au sommet de Paris le 13 juillet prochain pour le lancement de l’UPM. Vous pensez que cette délégation d’annonce est une fleur pour compenser les hésitations dont a fait preuve la partie algérienne avant de dire oui ?

Rachid Kaci : Non, je ne le pense pas. Je pense que c’est la voie de la raison qui a été prise finalement, et c’est très bien ainsi.
Je ne crois pas à une fleur, non, je pense que le président Bouteflika a été rassuré sur les intentions du président de la République française quant à la création de l’UPM, et que l’Algérie n’avait aucune raison de craindre d’être lésée de près ou de loin.
On est content de cette issue, et on ne peut être que ravi car on imagine mal l’UPM se faire sans l’Algérie.
Maintenant on va attendre la suite.

Vous pensez que c’est le discours qu’a tenu le président Sarkozy à Bouteflika aujourd’hui ?
Des discussions ont été tenues depuis des semaines, des mois même, je dirais donc que c’est l’aboutissement de ces discussions.

Vous évoquez des « discussions », le président Bouteflika réfute les « réticences », et insiste sur des « pourparlers »… Vous pouvez nous dévoiler un peu les contours de ces « pourparlers » ?
L’Algérie s’est surtout montrée inquiète d’être lésée par rapport à d’autres nations, d’être simplement un faire-valoir dans le projet. Donc si vous voulez, la plaidoirie de la France a été de rassurer à ce niveau.

Il faut dire que des rumeurs ont précédé le sommet sur une éventuelle attribution du siège de l’union à tel pays, la présidence à tel autre…
Oui, je pense qu’il y a eu de tout ça certainement dans les discussions. Mais dans un premier temps, il s’agira de définir les contours politiques de l’UPM, ensuite, je pense qu’il viendra effectivement le temps où on discutera de la place de chacun au sein de l’union, et l’Algérie ne pourrait de toutes manières certainement pas être de côté, c’est clair.
L’Algérie a forcément un rôle essentiel et primordial à jouer, de part sa relation qu’elle a vis à vis de la France, de l’Europe, et vis à vis des pays du monde arabe aussi, et même de l’Afrique d’une certaine manière. L’Algérie est un pilier important, on ne peut pas la négliger.

Vous confirmez que l’Algérie a émis certaines réserves sur l’élargissement de l’UPM à l’ensemble des pays européens ?
Je ne confirme rien. Il y a eu des interrogations mais pas simplement de la part de l’Algérie. On est en train de bâtir quelque chose de grandiose, donc forcément il y a des réticences, des questions, des interrogations… C’est vrai que le projet initial c’était le bassin méditerranéen, maintenant ça s’élargit à l’union euro-méditeranéenne, donc forcément les pays européens. Maintenant, il faut définir les contours politiques qui font partie de ces visées futures.

En parlant désormais de l’Union euro-méditeranéenne, a-t-on déjà dépassé le projet de l’UPM ?
Moi, je ne parlerai pas de projet dépassé mais de beaucoup plus ambitieux que le projet initial. Vous savez, la France existe dans le cadre européen, donc forcément à terme, ce projet, même si au départ il était conçu autour des pays de la Méditerranée, devrait être envisagé en fonction de toutes ces données.

L’absence de la Libye ?
On la regrette bien évidemment, mais la Libye ce n’est pas aussi important que l’Algérie. Et puis le projet étant une visée d’avenir, forcément, la Libye aura sa place dans les mois ou les années qui viennent. C’est toujours comme ça, il y a toujours des gens qui sont au départ un peu plus réticents que d’autres, et ce n’est pas exclu qu’on revienne dans le jeu par la suite. Je porte grand espoir qu’à l’arrivée on parviendra à une vraie union, et les interrogations d’aujourd’hui se dissiperont avec le temps.

C’est donc aujourd’hui un soulagement pour la France que l’Algérie eût enfin dit oui ?
Moi je pense honnêtement que oui. C’est un soulagement aussi pour l’Algérie et les Algériens, car on voit mal l’Algérie à côté d’un tel projet.

Entretien réalisé
 

par Djaffar Chilab.

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