Retour en Algérie de Brahim Hadjas et extradition annoncée de Moumène Khalifa

Un deal pour clore ces affaires ?

Le patron du défunt groupe Khalifa, Rafik Abdelmoumène Khalifa, condamné par contumace à perpétuité dans le procès Khalifa Bank, devrait être extradé d’Angleterre où il est détenu, a annoncé lundi le ministère britannique de l’Intérieur. Vendredi dernier, Brahim Hadjas, le patron de l’aussi défunte Union Bank, est rentré au pays, après dix années de cavale et de refuge au Maroc et au Canada, pour assainir sa situation vis-à-vis de la justice qui l’a condamné par contumace à plusieurs peines. Aurait-il eu quelques assurances que l’on pourrait extrapoler pour le cas Khalifa ?

Coup sur coup, ce sont, donc, deux magnats du business, poursuivis et condamnés pour banqueroutes et fuites de capitaux, qui se retrouveront entre les mains de la justice de leur pays.
Condamné par contumace par le tribunal criminel de Blida en 2007, lors d’un procès retentissant qui a tenu en haleine l’opinion nationale, Abdelmoumène Khalifa aura épuisé tous les recours légaux que lui confère la loi britannique pour échapper à la mesure d’extradition vers l’Algérie, conformément à la demande formulée par la justice algérienne.
Dans sa note d’information, le ministère de l’Intérieur britannique a en effet indiqué que «M. Khalifa s’est vu refuser d’interjeter appel devant la Cour suprême le 3 décembre. Il va être extradé dans les 28 jours suivant cette décision».

L’extradition du golden boy algérien devient donc inéluctable, à moins que, dans l’intervalle, Abdelmoumène Khalifa n’explore d’autres voies de recours. Et en la matière, il lui reste de plaider sa cause auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme.
Une possibilité d’ailleurs évoquée hier par le ministre algérien de la Justice, Tayeb Louh. Seulement un tel recours n’est pas gage de salut pour Khalifa, tant est que la Cour européenne des droits de l’Homme devra statuer non point sur les aspects relatifs aux décisions rendues par la justice britannique mais sur les conditions de sécurité et de procès équitable de l’extradé.
Or, l’on suppose que les juridictions britanniques, qui ont eu à examiner les garanties données par la justice algérienne en accompagnement de la demande d’extradition, ont estimé que les conditions d’un procès équitable étaient réunies.

Alger aurait assurément fourni des assurances aux autorités judiciaires britanniques qui, pendant longtemps, étaient restées réticentes sur l’extradition d’Abdelmoumène Khalifa, arrêté en 2007 à Londres où il s’était réfugié en 2003. Des assurances liées à la garantie d’un procès équitable.
Le procès en appel dans l’affaire Khalifa Bank devait s’ouvrir le 2 avril dernier devant la cour de Blida, mais il a été reporté à une date non encore déterminée. Sauf s’il parvient à s’éviter une extradition, Abdelmoumène Khalifa comparaîtra, donc, à la barre en tant que principal accusé dans l’affaire Khalifa Bank.

L’opinion, restée sur sa faim lors du premier procès, attend avec impatience ce que Khalifa plaidera pour sa défense. Elle guette des révélations dans cette affaire qui n’a toujours pas livré l’entièreté de ses secrets. Mais Abdelmoumène Khalifa osera-t-il secouer le cocotier ? Ce risque est-il appréhendé ? Autant de questions qui ne peuvent trouver des réponses immédiates.
Comme celles, d’ailleurs, relatives à l’attitude de Brahim Hadjas qui a décidé de se mettre à la disposition de la justice, après une fuite qui aura duré dix années entières.
Les craintes qui lui avaient dicté de prendre la poudre d’escampette ont-elles disparu ? Comment ? Qui en donne les assurances ?

Le Soir d'Algerie

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