Conférence de presse de Malika Matoub

La Depeche de Kabylie 09/07/2008 Conférence de presse de Malika Matoub

 

Le procès de l’assassinat de Lounès Matoub s'ouvre aujourd’hui à Tizi-Ouzou

C’est aujourd’hui, à la cour de Tizi-Ouzou, à partir de 9h, que s’ouvre le procès de l’assassinat de Lounès Matoub un certain 25 juin 1998 à Tala Bounane, un village non loin du chef-lieu de Beni-Douala.

C’était le 24 juin dernier, date du 10e anniversaire de l’assassinat de Lounès Matoub, que le procureur général a reçu la famille Matoub pour lui promettre la tenue du procès dans les semaines qui suivent. Il est attendu durant ce procès la présence de la veuve de Lounès ainsi que ses deux belles-sœurs, comme premiers témoins oculaires de l’assassinat puisque présentes aux côtés de Lounès le 25 juin, comme la mère de Lounès et sa sœur Malika seront également au procès. La famille Matoub, via la présidente de la fondation, s’est prononcée pour ne pas cautionner une “mascarade judiciaire” afin d’expédier et de classer l’affaire. La fondation et la famille Matoub ont réitéré leur demande de faire une enquête approfondie, de procéder une reconstitution des faits, une analyse balistique et l’audition de tous les temoins, un préalable pour la programmation du procès, ne cesse de clamer hier lors de la tenue d’un point de presse la présidente de la fondation Matoub, qui a déclaré avoir remis au procureur général une liste de 50 témoins potentiels pouvant apporter des éléments pour les besoins de l’enquête. Ces témoins ne peuvent être convoqués par la justice car les délais sont dépassés. La présidente de la fondation dira que sa mère et elle n’ont reçu la convocation de la justice que le 8 juillet, soit deux jours avant la date du procès est arrêtée il y a de cela 6 semaines. “La présence de la fondation et de la famille à ce procès, n’est synonyme d’aucun caution à apporter à la parodie judiciaire en place”, a-t-elle déclaré.

“Il s’agit d’un comportement légaliste que nous faisons valoir afin d’aboutir à la vérité sur l’assassinat de Lounès.”
Elle reppelle, pour étayer son propos, que le 7 juin 2000, la famille de Lounès était présente lors de la reconstitution des faits à Tala Bounane, “une opération qui s’est avérée de la poudre aux yeux, car une telle mission devrait au moins faire la délimitation d’un périmètre, alors que le trafic routier s’exécutait normalement.”
Comme elle a tenu aussi à rappeler la présence de la fondation et de la famille lors “du simulaire de procès du 20 décembre 2000, où les accusés alibis ont crie durant l’audience “on n’a pas tué Matoub, c’est faux” a-t-elle déclaré. Elle rappelle aussi avoir vu les deux terroristes en question, Abdelhakim Chenoui et Malik Medjnoun, pour la première fois dans le véhicule de la Gendarmerie nationale lors de la reconstitution des faits le 7 juin 2000 et ils lui ont clamé leur inoncence.
“Depuis, on n’a pas cessé ma mère et moi de faire l’objet de conspirations de tous bords et d’une campagne de menace et de lynchage, notre salut nous le devons à la Kabylie entière, qui vient toujours à la rescousse. Si nous sommes une cible c’est parce que nous portons une revendication, celle de faire la lumière sur l’assassinat de Lounès.”

Pour ce qui est du procès d’aujourd’hui, la présidente de la fondation, Malika Matoub, n’a pas mâché ses mots. Elle refuse de cautionner une parodie judiciaire, comme elle déclare que dans ce pays, les fusibles ont assez sauté, allusion faite aux deux terroristes inculpés depuis 8 ans sans procès à ce jour. Elle s’interroge, comment a-t-on injecté les deux personnes en question dans le procès? Elle précise qu’elle se constitue partie civile et demande à ce qu’un travail en amont soit minutieusement fait, elle affirme ne pas changer de rôle et ne demande nullement la liberté des deux terroristes.

L’appréhension de la présidente de la fondation sur la nature de ce procès ne souffre aucun ambage. La promesse faite par Bouteflika le 2 septembre 99 sur la tenue du procès vient de se réaliser, avant de rappeler que Rachid Aïssat, alors conseiller du Président, en la recevant en 2001, lui déclarait que 8 terroristes ont assassiné Lounès Matoub, trois en fuite et 5 morts, et de s”interroger alors sur les deux présumés assassins qui croupissent depuis 8 ans en prison et présents aujourd’hui au procès.

Elle affirme que Chenoui et Medjnoun sont des détenus par injonction extérieure et non par procédure judiciaire. Elle rappelle que les Patriotes du RCD qui ont présenté à la veuve de Lounès, alors hospitalisée à Tizi-Ouzou, des photos des présumés assassins de Matoub Lounès, qu’ils soient présents aujourd’hui au procès. Dans le contenu de la déclaration de la famille Matoub, rendue publique, il est demandé de “ déterminer les circonstances et les commanditaires de ce crime qui n’a pas encore livré tous ses secrets.” Comme il est utilisé des termes acerbes contre la justice, soumise aux pouvoirs publique et qui n’est qu’un bouclier du système et se ses relais en Kabylie. Trouvant que, depuis 1998, la procédure pénale concernant l’affaire de Lounès a été entièrement bafouée, elle déclare en termes nets que “le procès des candidats à l’inculpation a été programmé il y a de cela six semaines mais l’information n’a été rendue publique que depuis 10 jours, sans aucune référence à la victime”.. “Ce 9 juillet 2008, sans tenir compte de toutes nos doléances, le dossier qui “patientait” depuis 2001 est réintroduit tel qu’il a été élaboré dès le départ pour le “boucler” définitivement à 43° à l’ombre.”

Le procès d’aujourd’hui se tiendra en séance publique, le procureur général près la cour de Tizi-Ouzou a rassuré la famille du non huis clos du procès.
 

par Khaled Zahem

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