Situation financière de l’Algérie

Le FMI inquiet

Situation financière de l’Algérie
Le FMI inquietLa maîtrise des dépenses courantes (salaires et subventions) en Algérie est nécessaire, estime-t-on au Fonds monétaire international (FMI), inquiet par l’affaiblissement de la position extérieure, préoccupé par le risque de retour à l’endettement d’ici 2050, ainsi que par le déclin suivi de l’activité hydrocarbures.

Au terme d’une mission menée du 12 au 25 novembre 2013 dans le cadre des consultations annuelles avec les autorités financières et monétaires du pays, une délégation du Fonds monétaire international (FMI) a animé, hier, une conférence de presse à l’hôtel El Aurassi.
L’opportunité pour le chef de mission, Zeine Zeidane, d’observer une évolution assez satisfaisante en termes de maîtrise de l’inflation qui «baisse de façon substantielle» et a été ramenée à 4,5% en octobre dernier.
Ce que le FMI lie à la politique monétaire «prudente» et la consolidation budgétaire suivie, marquée par la réduction du déficit budgétaire et qui devrait aboutir à un budget équilibré, ce qu’il «salue» et invite à poursuivre.

Le FMI prône une «règle budgétaire»
Soucieux de la viabilité des finances publiques et d’une politique budgétaire «soutenable», le FMI recommande, en ce sens, l’«adoption d’une règle budgétaire incluant un prix moyen du pétrole rétrospectif et établissant un plancher au solde structurel». Un «plafond» en matière de déficit et de dépense qu pourrait «aider» l’Algérie à gérer la volatilité des recettes pétrolières imputable à la fluctuation des matières premières. Mais dans la mesure où la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel devrait s’établir en 2013 à 2,7%, en raison de la baisse continue depuis 6 ans dans l’activité du secteur hydrocarbures et de l’effet de cette consolidation, le FMI ne manque pas d’exprimer une double préoccupation. Certes, la croissance hors hydrocarbures reste forte, estime-t-on, alimentée par la demande privée.

La position extérieure s’«affaiblit»
Néanmoins, l’institution financière internationale constate que «bien qu’elle demeure solide, la position extérieure de l’Algérie a commencé à donner des signes d’affaiblissement». Ainsi, l’on note que l’excédent des transactions courantes devrait baisser à 1,1% du PIB en raison de la diminution des exportations d’hydrocarbures et du dynamisme des importations». Voire, lors des derniers trimestres écoulés, le compte courant extérieur a été «négatif», en raison de la baisse de l’activité hydrocarbures ainsi que de la hausse continue de la consommation intérieure d’hydrocarbures. En ce sens, le FMI invite par la voix de Zeine Zeidane à relancer l’activité hydrocarbures, en développant l’investissement productif dans ce secteur mais aussi en maîtrisant la consommation intérieure. Mais ce qui suscite l’inquiétude du FMI, c’est essentiellement le risque que la poursuite de la politique salariale et des subventions ne pèse sur la compétitivité de l’Algérie et se traduise, à terme, par le retour à l’endettement.

L’Algérie risque le retour à l’endettement
Tout en constatant que l’Algérie dispose d’une importante épargne financière, la préservant à court et moyen terme de tout choc et «souci», le représentant du FMI avertit cependant que «si vous continuez sur le même rtyhme, vous risquez un taux d’endettement supérieur à 100% du PIB d’ici 2050». Et d’inciter tant à «accélérer la croissance inclusive», «renforcer les recettes hors hydrocarbures» et développer une «fiscalité bien collectée» qu’à «maîtriser les dépenses courantes et maintenir l’investissement public, lequel revêt une importance cruciale pour la croissance».
Et ce, dans la mesure où les dépenses courantes (de fonctionnement) ne contribuent pas à la création de richesses, a contrario des dépenses d’investissement, où les subventions s’avèrent «coûteuses», «inefficaces» et «inégales», car ne profitant pas effectivement aux populations vulnérables mais généralement «aux riches». Mais aussi dans le contexte où le coût unitaire du travail, rapporté à la productivité, -reste «très élevé», il s’agit de «faire attention» par rapport aux risques latents de vulnérabilité et à la préservation de la compétititivité de l’économie nationale, indique-t-on. En ce sens, le FMI invite également les autorités algériennes à «continuer de mener une politique de change qui évite tout désalignement du Dinar».

Le dinar a été surévalué
Soit, une invite à poursuivre une gestion optimale du taux de change effectif réel, par rapport aux fondamentaux de l’économie, et dans le but de «favoriser», stimuler la compétitivité extérieure. Et cela même si Zeine Zeidane relève, ce faisant, que «le dinar a été surévalué», par rapport donc aux fondamentaux, tout en n’émettant aucune critique de l’actuelle politique monétaire.
Or, la dévaluation ou dépréciation constatée récemment de la monnaie nationale par rapport à la monnaie européenne ne peut s’expliquer par un souci de réguler le commerce extérieur, freiner le boom des importations. Ce qui relèverait plutôt de l’hérésie, laisse-t-on entendre.
Concernant la relance du crédit bancaire à la consommation, le FMI la qualifie d’option opportune tout en appelant à mettre en place un système d’information relatif aux risques d’endettement des ménages.

Le Soir d'Algérie  

Vous devez être connecté pour poster des commentaires

Identification

Agenda

June 2017
M T W T F S S
29 30 31 1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 1 2