Sports : ALGÉRIE 1 - BURKINA FASO 0

MONDIALISTES !

ALGÉRIE 1 - BURKINA FASO 0
MONDIALISTES !L’Algérie ira au Brésil. Quatre ans après South Africa, les Verts du 21e millénaire assisteront à leur seconde phase finale consécutive, la quatrième participation à une Coupe du monde dans l’histoire du football algérien. Un but, orphelin mais précieux inscrit par l’un des rescapés de l’épopée d’Oum Dourman, Magic Bougherra, transpose une équipe nouvelle mais ambitieuse.

De juin 2011 et la gifle essuyée à Marrakech à cette soirée du 19 novembre 2014, l’Algérie a découvert de nouveaux héros. D’autres nuits de liesse populaire orneront les derniers jours du mois de toutes les révolutions. Après le mois de stress qui a suivi la manche aller, les Algériens s’impatientaient pour voir leurs favoris reprendre le dessus sur un vis-à-vis qui, avant d’atterrir à Alger, préparait son plan à El- Jadida (Maroc) dans la plus grande discrétion. Après une matinée moins agitée que celle de samedi passé, consacré à la vente des billets, en dépit du fait qu’une bousculade devant le portail réservé à l’accès du public dans l’enceinte blidéenne a causé de nombreux blessés parmi les fans algériens, la tension commençait à baisser. Dans et aux alentours du stade Mustapha- Tchaker. Jusqu’au moment où le bus de l’EN fait irruption un peu plus d’une heure et demie du coup d’envoi. Là, les spéculations allaient bon train. La principale interrogation tournait autour du Onze-type qu’allait aligner le sélectionneur bosnien des Verts. Des rumeurs balancées, à la mi-journée, avançaient un ensemble dans lequel les noms de M’Bolhi, Taider et Mesbah n’y figuraient pas. Des rumeurs qui se sont avérées «fondées » puisque Halilhodzic a décidé d’écarter le portier du CSKA Sofia, en manque de compétition depuis le Mondial sud-africain, qui a été remplacé par le portier de l’USMA, Zemmamouche dont la dernière titularisation en match officiel remonte à la CAN-2010 entre l’Algérie et le Nigeria (3e place). «Un vrai dilemme que d’incorporer un gardien qui n’est plus en place depuis 4 ans à la place de quelqu’un qui a été le préféré de Saâdane, Benchikha puis Halilhodzic malgré quatre années de galère», estimaient les nombreux observateurs au lendemain de la déclaration de Halilhodzic, en conférence de presse vendredi dernier, laissant entendre que «M’Bolhi pourrait ne pas être aligné contre le Burkina Faso». Pour Taider, transparent à Ouagadougou, et Mesbah, également en difficulté lors de la première manche, la cause semblait entendue. Des changements osés qui ont fait dire à certains que, peut-être, Halilhodzic a mis à exécution son… plan C.

Surprises et stress
Avec un tel ensemble de joueurs, le stratagème habituellement mis en place par l’EN à l’occasion de ses précédentes confrontations sur cette pelouse se voyait, lui aussi, chamboulé. Moins de créativité, en dépit de la présence du virtuose de Brahimi, pas assez d’agressivité malgré le positionnement de Mostefa et de Lacen dans la zone de récupération et, pour couronner le tout, une fébrilité jamais connue chez les coéquipiers de Bougherra devenus inertes à la première velléité burkinabè. Celle-ci intervenait à la 11’ du match. Un contre anodin faillit se transformer, avec l’aide malencontreuse de Mostefa, en douche écossaise. Zemmamouche ne pouvait dès lors se dégager, Khoualed avait les jambes comme plombées et les attaquants, Soudani et Slimani notamment, semblaient esseulés. Privés de ballons surtout. Le seul qui a fini sa trajectoire sur le crâne de l’avant-centre du Sporting Lisbonne a mis le feu dans les gradins refroidis par tant d’inertie des protégés de Halilhodzic (22’). Et l’état psychologique des acteurs chargés d’exécuter les consignes du Bosnien n’était pas l’unique motif à ce manque de percussion et cette discordance dans les trois compartiments du jeu algérien. L’absence d’un catalyseur, en la personne de Taider vivement réclamé par le public après le sifflet de M. Badara Diatta renvoyant les deux équipes à la pause-citron apparaissait comme le «détail» qui manquait pour déclencher la mécanique verte et déverrouiller la compacte arrière-garde de Paul Put.

Bougherra, averti, tangue les Étalons !
Mais, têtu qu’il est, Coach Vahid n’entendait pas changer ni de joueurs encore moins de stratégie pour briser l’élan des Etalons. Son discours à la mi-temps n’a pas dérogé aux consignes édictées en première période. Avec peut-être une petite «orientation» concernant la transformation des balles arrêtées. Et dès la première sifflée par le referee sénégalais, Ghoulam offrait la balle de la qualification à l’Algérie : une longue chandelle sur laquelle la défense burkinabè est restée «coincée» laissant Bougherra, le magnifique, à tenter un premier essai repoussé par Daouda Diakité sur son capitaine, Bakary Koné qui, dans un désespérant coup de pied voit son ballon heurter le crâne de Boughy et finir sa course au fond des bois (49’). Le stade, le pays en entier, glacé par tant de moments de stress et de peur, explosait de joie. Un bonheur immense qu’une balle anodine, un autre malencontreux dégagement de Khoualed sur le poteau droit de la cage de Zemmamouche, a failli gâcher. Mais, quelque part, il était écrit que, en dépit d’une prestation très moyenne des camarades de Medjani, les guerriers arracheront le cinquième et dernier billet africain pour le Brésil. Hier, la beauté du spectacle n’avait de place que dans les cours, places, avenues, villages et villes d’Algérie. D’outremer aussi. L’Algérie peut danser la samba à l’honneur des glorieux héritiers des faiseurs de révolutions et de rêves.
M. B.

FICHE TECHNIQUE
Blida, stade Mustapha-Tchaker, temps froid et pluvieux, terrain gras mais praticable, affluence nombreuse estimée à 35 000 spectateurs, arbitrage de M. Badara Diatta assisté de MM. Djibril Camara et El-Hadji Samba (Sénégal). 4e arbitre : Ousmane Fall (Sénégal). But : Bougherra (49’) Algérie Avts: Bougherra (44’) Algérie, Kaboré (53’), Yago (74’) Burkina Faso. Algérie : Zemmamouche, Khoualed, Bougherra, Medjani, Ghoulam, Mostefa puis Taider (85’), Lacen, Brahimi puis Yebda (67’), Feghouli puis Kadir (90’+1’), Slimani, Soudani. Entr. : Halilhodzic. Burkina Faso : Daouda Diakité, Benjamin Balima, Steeve Yago puis A. Traoré (78’), Bakary Koné, Jonathan Zongo puis B.I Traoré (65’), Saidou Panandetiguiri, Charles Kaboré, Florent Rouamba puis Aristide Bancé (65’), Djakaridja Koné, Préjuce Nakoulma, Jonathan Pitroipa. Entr. : Paul Put.

EN DIRECT DE TCHAKER
17h 35, le bus des Verts fait irruption

L’arrivée du bus transportant les joueurs et membres de la délégation algérienne au stade Tchaker de Blida, intervenue vers 17h35, a déclenché l’hystérie parmi le public présent. Ce dernier s’est levé tel un seul homme pour saluer les hommes de Halilhodzic.
Celui des Burkinabés est arrivé 15 minutes plus tard

L’entrée au stade des Algériens a été suivie immédiatement par celle des Burkinabés dont le bus les ramenant de l’hôtel Ville des Roses a fait son entrée au parking du stade aux environs de 17h50.
Mme Halilhodzic parmi les convives

Le match d’hier a vu la présence de quelques membres des familles de nos internationaux. Mais aussi ceux de la famille Halilhodzic. Parmi ces derniers l’épouse du sélectionneur algérien, Diana, accaparait tous les regards des présents au stade Mustapha- Tchaker.
Hameur Bouazza était là
Le néo-sociétaire de l’ESS et ex-international algérien, Hameur Bouazza, a suivi le match d’hier depuis la tribune officielle du stade Tchaker. Une présence qui n’a pas manqué d’attirer les regards des locataires de la loge des VIP.
5 000 T-shirts et casquettes offerts par la DGSN

L’organisation du match d’hier a vu un certain nombre d’initiatives prises notamment par la Direction de la Sûreté nationale. Celle-ci a déployé un dispositif impressionnant mais très souple et, gâteau sur la cerise pour les fans des Verts, 5 000 T-shirts et casquettes aux couleurs nationales où l’on pouvait également trouver le numéro vert (15-48) de la police nationale.

Paroles de mondialistes

SAPHIR TAIDER : «C’est le plus beau jour de ma vie. C’est une belle victoire pour tous les Algériens.»
Yacine Brahimi : «C’est extraordinaire, magnifique. C’est réalisé grâce au public algérien. Si ce n’était ce public, on ne serait pas arrivés.»
CARL MEDJANI : «Je suis très content et très fier de ce qu’on a fait. Maintenant, il faut savourer cette victoire. C’est toute l’Algérie qui a réalisé cette qualification. Il n’y a pas d’émigrés ni de locaux mais tous des Algériens.»
ISLAM SLIMANI : «Nous avons souffert en première mi-temps et Dieu merci, nous nous sommes libérés après la pause.»
NACEREDDINE KHOUALED : «Dieu merci pour cette victoire. Nous avons don né la joie au peuple algérien. Notre sacrifice depuis deux années n’est pas tombé à l’eau.»
MADJID BOUGUERRA : «Ce Mondial sera le dernier de ma carrière. Nous avons souffert en première mi-temps car on était crispés par l’enjeu mais dès le retour sur le terrain, nous nous sommes retrouvés.»
ABDELMOUMENE DJABOU : «Je dédie cette victoire au peuple algérien qui le mérite bien.
MEHDI-MOS TEFA : «On est au Mondial. Je suis très heureux. C’est plus que du bonheur et le peuple algérien mérite ça.»
Propos recueillis par A. A.

 

Le Soir d'Algérie

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