Les petits salaires vont augmenter

Beau cadeau de l'Aïd! Les petits salaires vont être revus à la hausse. C'est le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale, Mohamed Benmeradi, qui l'a annoncé hier. En plus clair, c'est le salaire minimum national garanti (Snmg) qui sera «lifté». Actuellement, le Snmg en vigueur depuis le 1er janvier 2012 est fixé à 18.000 DA.

Ainsi, en avait décidé la tripartite de 2011. Sauf que l'article 87 bis du Code du travail définit ce salaire minimum comme étant le «salaire de base, les indemnités et primes de toute nature à l'exclusion des indemnités versées au titre de remboursement de frais engagés par le travailleur». Une définition et une composition que l'Ugta et à sa tête son secrétaire général, Sidi Saïd, n'ont cessé de dénoncer depuis des années. Pour eux, il n'est pas normal que des indemnités et des primes puissent être intégrées en même temps que le salaire de base pour fixer le montant du Snmg. C'est devant l'insistance de la Centrale syndicale que la tripartite de cette année a été scindée en deux. Celle qui s'est tenue jeudi dernier et qui s'est exclusivement consacrée à l'industrie et celle qui se tiendra, probablement, en décembre de cette année pour se pencher sur la révision de ce fameux article 87 bis.

Benmeradi trace les contours de cette révision. «Il n'y a pas eu une demande d'abrogation de cet article, mais une demande de sa réécriture de manière à exclure de la composition du Snmg un certain nombre d'indemnités qui, effectivement, à la demande du partenaire social, ne devraient pas y figurer, comme l'indemnité de l'expérience professionnelle qui est tout à fait aberrant d'inclure dans le salaire de base» a-t-il précisé. Ce n'est pas très précis, mais nous savons déjà que le gouvernement est prêt à exclure l'indemnité de l'expérience professionnelle. C'est déjà un grand pas car, cela n'a l'air de rien, mais la moindre hausse de ce Snmg entraîne des incidences financières conséquentes. A titre d'exemple, le relèvement du Snmg, de 15.000 à 18.000 DA, opéré en 2012 a coûté la bagatelle de 7500 milliards de centimes au Trésor public. Ce sont quelque 300.000 travailleurs qui en bénéficient. Il faut également avoir présent à l'esprit qu'un tel relèvement impacte automatiquement, par exemple, sur les pensions de retraite. C'est dire que les discussions autour de la redéfinition de l'article 87 bis doivent être empreintes de grande responsabilité. D'autant que l'exigence de compétitivité ne semble pas être prise en compte. Quoi qu'il en soit et comme le taux de l'IEP (indemnité d'expérience professionnelle) dépend du barème fixé par la convention collective et selon le nombre d'années d'ancienneté, son incidence sur les salaires ne peut pas être uniforme. D'où l'impossibilité d'avancer avec précision l'incidence qu'elle produira sur chaque fiche de paie. Chaque smicard pourra le faire en fonction de l'IEP qu'il perçoit. Mais ne nous précipitons pas, un tel calcul ne pourra se faire qu'après la tenue de la tripartite et la publication de ses décisions.

Une chose est sûre, la hausse des petits salaires est certaine. C'est la valeur de cette hausse qui reste à déterminer en fonction de la révision que subira l'article 87 bis. Sur le plan syndical, l'annonce du ministre du Travail sonne la victoire du combat mené inlassablement par l'Ugta au profit des travailleurs, de tous les travailleurs. Le syndicat de Sidi Saïd prouve, une nouvelle fois, son réel ancrage dans le monde du travail et sa détermination à oeuvrer à l'amélioration du pouvoir d'achat des travailleurs. Le plus ancien syndicat a encore de beaux jours devant lui. Le pluralisme, loin d'affecter sa puissance d'action semble plutôt bien lui réussir. Tant mieux pour les travailleurs!

l'Expression 

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