Le ministre en charge du secteur au Forum d’“El Moudjahid”

“L’enseignement professionnel est à revoir complètement”

Le ministre en charge du secteur au Forum d’“El Moudjahid”
“L’enseignement professionnel est à revoir complètement”Considéré comme le parent pauvre du système éducatif, le secteur de l’enseignement et de la formation professionnels peine toujours à se faire réhabiliter. À la tête du secteur depuis une année déjà, Mohamed Mebarki compte redorer le blason de son département et lui redonner la place qui lui revient. C’est du moins ce que laisse entrevoir son intervention et ses réponses aux questions des journalistes lors de son passage hier au Forum du quotidien d’El Moudjahid.

Refusant de faire son autoévaluation, le ministre de l’Enseignement et de la Formation professionnels n’a pas eu de mal à faire l’évaluation d’un secteur qu’il connaît très bien depuis des années.
Et le constat fait par l’hôte d’El Moudjahid ne souffre d’aucune ambiguïté. “Nous avons fait l’évaluation de l’enseignement professionnel et nous sommes parvenus à des conclussions et des solutions”, soutient le ministre. Et de lâcher : “L’enseignement professionnel est à revoir de fond en comble !” En fait, pour M. Mebarki, tout est à revoir à commencer par le système d’orientation vers cette branche, en passant par les programmes jusqu’aux diplômes délivrés et au devenir des diplômés. “Toutes ces questions doivent être réglées au courant de l’année 2014”, souligne l’intervenant, précisant que cette refonte ne dépend pas uniquement de son département mais de plusieurs autres. “Si ça ne relevait que de notre secteur uniquement, on l’aurait déjà fait. Nous avons fait notre évaluation et nous savons quoi défendre et que proposer pour les formations, les diplômes et le système d’orientation.” Question : quels sont les griefs retenus contre le système d’orientation qui semble être le véritable frein à la réhabilitation du secteur ? Le ministre répond tout de go par deux exemples : le premier concerne les fameux 30% d’élèves admis et orientés de l’enseignement général vers la formation professionnelle. “Le secteur n’en reçoit que 1%.” Le comble, c’est que ces jeunes reviennent à la formation professionnelle après quelques années dans l’enseignement général. Ils auraient gâché trois ans de leur vie alors que s’ils avaient opté pour le secteur à la fin du cycle moyen, ils auraient pu décrocher un DEP 1 (diplôme d’enseignement professionnel) ou un DEP 2 en deux années de formation.

Autrement dit, il y a des jeunes destinés dès le départ à la formation professionnelle, mais la mauvaise orientation n’est pas faite pour les aider à déceler leurs véritables aptitudes. “Il y a beaucoup de dégâts dans l’orientation”, estime Mebarki, et d’expliquer que la principale lacune du système d’orientation est d’avoir fait du secteur “le réceptacle des recalés”, alors que ce n’est pas le cas.
Il fera remarquer que dans des pays développés, des bacheliers optent pour des formations professionnelles. “Chez nous, un bachelier qui a eu un 10/20 préfère faire une licence en psychologie qu’une formation en informatique dans un institut de FP. Il y a un problème d’orientation qui a détint sur la société.” Pourquoi pas un bac professionnel ? C’est une des propositions qui seront faites par le département dans le cadre de la réforme de l’enseignement professionnel.
C’est dans ce cadre justement que le ministère envisage de former selon la demande du marché et non proposer des formations et supplier les jeunes pour venir.
Dans la foulée, le département de la FP prévoit de revoir l’âge d’accès à l’apprentissage notamment pour le Sud jusqu’à 25 ans, voire plus par dérogation, et l’orientation des jeunes du Sud de la filière littéraire vers des diplômes de TS dans certaines spécialités telles que l’audiovisuel, l’art graphique.

Liberté  

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