Vingt ans après l’assassinat de Kasdi Merbah

La famille Khalef exige la réouverture du dossier

Convaincue que le défunt Kasdi Merbah a été victime d’un “assassinat politique” et non pas d’un attentat terroriste comme présenté par la thèse officielle, la famille Khalef a interpellé, en ce 20e anniversaire de la disparition de l’ancien Chef du gouvernement sous Chadli Bendjedid, la justice algérienne afin de procéder à une réouverture de “ce dossier hautement sensible”.

“Il appartient au procureur général de la Cour suprême, en l’absence manifeste du chef de l’État, de faire usage de son pouvoir d’autosaisine et de rouvrir ce dossier hautement sensible. Il y va de l’honneur de notre justice et de notre pays”, a indiqué la famille Khalef dans un communiqué rendu public hier. “L’audition des responsables civils et militaires de l’époque est capitale, d’autant que certaines déclarations publiques d’anciens responsables au plus haut niveau, ont fait état de l’existence d’escadrons de la mort dans la décennie 1990”, a-t-elle expliqué. Et à la famille Khalef d’appuyer encore : “Des langues commencent à se délier et des accusations formelles visant de hauts responsables actuellement en poste ont été rendues publiques par d’anciens officiers de l’armée”.

Pour les Khalef, la volonté d’élucider un crime aussi “imparfait” fait défaut puisqu’aucune enquête sérieuse n’a été menée. “Nous rappelons qu’à ce jour, aucune enquête sérieuse n’a été diligentée, ni audition des membres de la famille et des témoins, ni autopsie des victimes, ni enquête balistique, ni étude de la scène du crime, ni reconstitution du crime en présence des familles et des victimes comme l’exige la procédure, ni audition des responsables politiques en place à cette époque n’ont été menées”, a déploré la famille Khalef qui n’a pas omis de rappeler avoir interpellé à plusieurs reprises l’actuel chef de l’État pour la réouverture de ce dossier mais sans succès. “Nous n’avons cessé d’interpeller le premier magistrat du pays pour obtenir la réouverture du dossier et la conduite d’une enquête criminelle sérieuse, comme cela devrait être naturellement le cas dans un État de droit, en présence de tout homicide et a fortiori devant un massacre collectif irrémissible. Nos appels n’ont pas été entendus, malgré notre offre de collaboration totale avec les juges et les enquêteurs”, ont regretté les Khalef qui ont toutefois fait part de leur détermination “inébranlable” à “rechercher la vérité où qu’elle se trouve”. “Nous ne cesserons d’exiger la tenue d’un procès libre contre les commanditaires, même morts pour certains d’entre eux, de cet abominable forfait (…) L’Algérie de Novembre ne peut et ne saurait faire l’économie de l’épreuve incontournable de vérité et de justice. C’est le prix à payer pour une authentique réconciliation nationale”, a conclu la famille Khalef.

Liberté 

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