Alors que le pays est en ébullition

Les députés chôment et… se sucrent

Alors que le pays est en ébullition
Les députés chôment et… se sucrentEn pleine session de l’APN, les députés sont souvent aux abonnés absents. Ces adeptes de l’absenteisme institutionnel ne manquent pas une occasion d’élargir la base de leurs privilèges. Leur dernière «revendication» concerne la réévalution de leur indemnité de logement.

Dans tous les pays du monde, l’Assemblée ou le Sénat jouent un rôle primordial dans la vie politique de la nation. Les parlementaires agissent même lorsqu’il s’agit de l’abattage d’un arbre. Chez nous, nous sommes malheureusement loin de cette culture. Nos députés ne réagissent même plus, ils se servent seulement… L’inertie et le manque d’initiative des députés ont donné raison à tous ceux qui qualifient souvent le Parlement «d’institution inutile». Effectivement, en dépit de l’effervescence qui caractérise actuellement la scène politique, c’est le silence radio du côté de l’hémicycle Zighout Youcef. Aucune action n’est entreprise pour demander des comptes aux responsables cités dans les affaires de corruption, aucune initiative n’est prise pour discuter des problèmes posés par la population du Sud, aucun groupe parlementaire n’a revendiqué un débat en plénière autour du phénomène de l’enlèvement des enfants…

L’Assemblée n’est-elle pas un organe de contrôle de l’Exécutif ? Les députés n’ont-ils pas un rôle politique à jouer dans l’enceinte et à l’extérieur de cette institution ? N’ont-ils pas un droit de regard sur toutes les questions de l’heure ? Si les représentants du peuple ne remplissent pas cette mission, que font-ils alors ? A cette interrogation, un député d’un parti majoritaire n’a pas hésité à répondre sur un ton moqueur : «Nous chômons.» Pour lui, son travail se limite simplement à débattre en plénière des projets soumis à l’Assemblée par le gouvernement. Seule sa présence dans l’hémicycle suffit donc pour justifier son salaire… D’autres députés, s’estimant minoritaires à l’Assemblée, préfèrent investir le terrain pour se faire entendre et expliquer leur vision des questions de l’heure, c’est le cas pour le PT et le FFS. D’autres députés se contentent d’obéir au calendrier tracé par le bureau de l’Assemblée, notamment en ce qui concerne les visites d’inspection dans les différentes wilayas du pays, afin de s’enquérir de l’état d’avancement de certains chantiers et de sanctionner les doléances des citoyens.

Seulement, et cela n’est un secret pour personne, ce travail de proximité acclamé et défendu par les députés n’a jamais résolu les problèmes posés par les citoyens : «Après les manifestations qui ont secoué les régions du Sud, nous nous sommes rendus sur place pour recenser les besoins de la population. Des préoccupations que nous transmettrons à qui de droit», fera remarquer un député. Mais à la question de savoir pourquoi les députés interviennent après coup et jamais à temps, les députés se défendent en disant : «Nous faisons de notre mieux.» Une réponse, loin de convaincre une population qui ne croît plus en la compétence et la persévérance de ces élus. D’aucuns ignorent que la session de printemps de l’Assemblée a été solennellement ouverte il y a quinze jours, mais seules trois commissions sont à pied d’œuvre. Il s’agit des commissions jeunesse et sport, économique et justice. Les autres commissions se roulent les pouces en attendant la bénédiction du pouvoir pour bouger. Toutefois, dans les coulisses de cette Assemblée qui ne jouit, selon ses occupants mêmes, d’aucune légitimité, les représentants du peuple murmurent et s’interrogent sur une éventuelle augmentation de l’indemnité de l’hébergement.

Les députés restent souvent dubitatifs devant les propositions «utiles», mais quand il s’agit de leurs propres intérêts, la concentration devient le maître mot. Selon nos sources, certains députés voudraient relancer la revendication portant sur la réévaluation de l’indemnité du logement qui avoisine les 70 000 DA. «Le député a deux options, soit il perçoit l’indemnité d’hébergement en espèces, ou alors le Parlement prend le soin de lui louer une chambre dans un hôtel. Ce procédé existe depuis la première législature. Apparemment, certains députés veulent une réévaluation de cette indemnité», affirme un responsable au niveau de cette institution. Une institution qui fonctionne au ralenti, voire qui ne fonctionne pas.

El Watan 

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