PROTESTATIONS À TIZI OUZOU CONTRE LES ENLÈVEMENTS


La grève générale suivie à 100%

Le temps s’était arrêté et la ville était figée, pour la journéeUne requête sera remise au wali pour l’alerter sur l’inquiétante dégradation de la situation sécuritaire dans la wilaya.

La ville de Tizi Ouzou était hier une ville fantôme durant toute la journée. La grève générale à laquelle a appelé la Coordination des comités de villages de Béni Douala a eu un large écho auprès de la population. Toute l’activité était à l’arrêt dans la cité des Genêts. Dès les premières heures de la journée, les allées et trottoirs vides donnaient l’impression que le temps s’était arrêté et la ville était figée, pour la journée. La grève a été suivie à 100%. Tous les commerçants ont baissé rideau. L’avenue Abane Ramdane, axe principal de la ville, habituellement grouillante de monde, était quasiment déserte. En fait, toutes les artères étaient vides. Les piétons qui circulaient difficilement les autres jours étaient rares. L’on ne pouvait voir que de rares passants visiblement des voyageurs qui ont dû transiter par la ville. Même les automobilistes n’étaient guère nombreux à venir en ville.

En effet, les commerçants étaient unanimes dans ce mouvement de solidarité avec les familles des victimes. Chacun de nous est une proie potentielle pour les kidnappeurs. Tout le monde est concerné, semblait étre le mot d’ordre partagé unanimement par l’ensemble de la population. Un fait qui explique que l’appel de la coordination spontanément constituée après l’enlèvement du jeune Bilek à Béni Douala et de Hammour à Mechtras quelques jours plus tard, soit aussi suivi. Au sujet de la grève, justement, les initiateurs affirmaient que cette action n’est qu’un prélude. La grève n’était qu’une espèce de sondage du degré de solidarité des populations. C’est aussi le passage à la vitesse supérieure. Alors que les actions précédentes étaient locales, celle d’hier s’étendait au chef-lieu de wilaya. A Béni Douala, les populations ont déjà largement manifesté leur adhésion aux actions de la Coordination des comités de villages. Des marches, des sit-in et des appels aux ravisseurs ont déjà été lancés. La grève d’hier, selon les proches des victimes, est un signal fort que les populations de la wilaya de Tizi Ouzou ne sont pas prêtes à céder au chantage ou à abdiquer devant le banditisme. Dans les jours qui viennent, le taux de suivi l’indique si bien, les actions seront élargies à toutes les communes de la wilaya.

Les mêmes voix affirmaient hier qu’une réunion est attendue aujourd’hui avec le wali. Une requête lui sera remise pour alerter les pouvoirs publics sur l’inquiétante dégradation de la situation sécuritaire dans la wilaya de Tizi Ouzou. Dans les prochains jours, des contacts seront établis entre la Coordination des comités de villages de Béni Douala et ceux de Mechtras en vue de coordonner des actions de plus grande envergure. Cette propension à l’élargissement du cadre des actions se trouve d’autant plus confortée par la grande solidarité affichée par les autres communes.

En effet, les citoyens rencontrés hier exprimaient leur entière solidarité avec les familles des victimes et se disaient prêts à répondre aux appels de la Coordination des comités de villages de Béni Douala et de Mechtras. rappelons dans le même sillage, que toute la classe politique locale partage l’inquiétude des populations qui font face à ce phénomène depuis 2006. Ce sont en effet pas moins de 64 personnes qui ont été enlevées durant cette période. Les ravisseurs visent essentiellement les entrepreneurs, les commerçants, les opérateurs et même des citoyens qui affichent une certaine aisance. Le nombre pourrait être plus grand car ce ne sont pas toutes les victimes qui en parlent. D’autres, affirment certaines sources, auraient payé des rançons pour leur libération mais dans le secret. L’omerta aura surtout régné durant les premières années. Ce n’est que ces derniers temps que les populations victimes, excédées, ont commencé à réagir face au diktat de cette forme de banditisme. L’appel aux différentes formes de solidarité ancestrale a suivi avant de voir des villages entiers refuser de céder au chantage. Cela a commencé à Iflissen lorsque les populations ont décidé de ne pas payer de rançon et de s’opposer aux ravisseurs par tous les moyens et même par les armes. La victime, un commerçant, avait été relâchée sans condition.

L'Expession

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