40 pays à la conférence de londres sur la libye


Unanimité pour le départ d’El Gueddafi

40 pays à la conférence de londres sur la libyeL’après-El Gueddafi a déjà commencé. Les participants à la conférence internationale de Londres, qui a réuni hier plus de 40 pays, ont souligné à l’unanimité que «le colonel Mouammar El Gueddafi doit quitter le pays». Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a dit tout haut ce que tout le monde exigeait dans la salle de réunion.
La conférence a également convenu de confirmer officiellement la création d’un «groupe de contact» politique sur la Libye.

Ce groupe se réunira prochainement au Qatar, selon le communiqué final diffusé par le ministère britannique des Affaires étrangères. «Les participants à la conférence ont convenu d’établir un groupe de contact sur la Libye. Le Qatar a accepté de réunir la première réunion du groupe aussi tôt que possible»,
Le Qatar, ce petit émirat du Golfe, le seul pays arabe avec les Emirats arabes unis à participer aux opérations en Libye, a ravi la vedette, hier à Londres. Les autres pays arabes affichaient quant à eux profil bas,tant ils ont du mal à trancher leurs positions qui tanguent entre une sympathie mal dissimulée au régime d’El Gueddafi et la peur de se mettre dans le viseur des grandes puissances.
Au final, seuls 7 pays sur les 24 de la Ligue arabe ont jugé utile de dépêcher leurs représentants à Londres. Le Qatar s’est, quant à lui, fait représenter par son Premier ministre, cheikh Hamad Bin Jasseem Bin Jaber Al Thani. Ce dernier ne s’est pas contenté de s’afficher devant les caméras du monde, puisqu’il a prononcé la sentence contre El Gueddafi : «La fin du régime d’El Gueddafi est proche», a-t-il asséné à l’ouverture de la réunion.

Les Arabes se sont entendus …

Une entrée en matière qui aura balisé le terrain aux travaux de la conférence pour esquisser les contours de ce que sera l’action diplomatique du «groupe de contact» en attendant la chute quasi inévitable du maître de Tripoli. Le communiqué final de la conférence souligne à peu près la même chose : «El Gueddafi et son régime ont perdu toute légitimité et seront tenus pour responsables de leurs actions.» Il y est précisé que «seuls les Libyens pouvaient choisir leur avenir». Mais la tonalité générale des interventions ne laisse pas l’ombre d’un doute quant aux intentions des puissants. Le Conseil national de transition libyen (CNT), qui a la cote auprès des Occidentaux, n’a certes pas été autorisé à participer à la conférence pour des considérations d’ordre «diplomatique». Mais son responsable des affaires internationales, Mahmoud Jibril, n’a pas rasé les murs à Londres. Il a rencontré les ministres des Affaires étrangères américain, britannique et français. En qualité de «futur» chef de la diplomatie de la Libye post-El Gueddafi…
Preuve en est que les Etats-Unis ont désigné, hier, un envoyé auprès du CNT en la personne de Chris Stevenz. La France a, elle aussi, nommé son ambassadeur (Antoine Sivan) à Benghazi, qui était hier en voie de prendre ses fonctions, a indiqué un responsable français.

Le délégué du CNT en guest-star

Hier à Londres, il était question d’assurer «le leadership et la direction politique d’ensemble des efforts internationaux» en coordination étroite avec l’ONU, l’Union africaine, la Ligue arabe, l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et l’Union européenne.
Après la réunion de Qatar, la présidence du groupe sera assurée à tour de rôle «par des pays de la région et au-delà», ajoute le communiqué. «Le Conseil de l’Atlantique Nord, se réunissant aux côtés de ses partenaires de la coalition, assurera la direction politique exécutive des opérations de l’OTAN», ajoute le texte. Les participants ont par ailleurs accepté l’offre du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, présent à la conférence de Londres, de «gérer la coordination de l’aide humanitaire et la planification du soutien à long terme». La réunion de Londres a permis également de dissiper les craintes sur les intentions des alliés en Libye. Les participants «réaffirment leur engagement fort pour la souveraineté, l’indépendance, l’intégrité territoriale et l’unité nationale de la Libye», souligne le communiqué final. Au plan opérationnel, les participants se sont promis de «renforcer» les sanctions contre El Gueddafi et se sont félicité du «succès» de l’intervention.

Une aide militaire aux rebelles

La France est prête à discuter avec ses alliés d’une aide militaire aux rebelles en Libye, a déclaré hier le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, tout en soulignant que ce n’était pas prévu par les récentes résolutions de l’ONU sur ce pays, indique l’AFP. «Ce n’est pas ce que prévoit la résolution 1973 ni la résolution 1970. Pour l’instant, la France s’en tient à la stricte application de ces résolutions.
Cela dit, nous sommes prêts à en discuter avec nos partenaires», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères. L’ambassadrice américaine à l’ONU, Susan Rice, avais indiqué plus tôt, sur la chaîne de télévision ABC, que les Etats-Unis «n’excluaient pas» de fournir une assistance militaire aux insurgés libyens afin de les aider à renverser le colonel.

Le CNT avertit. Les crimes ne doivent pas rester impunis :

Le CNT, organe représentatif des insurgés libyens, a insisté hier à Londres pour que «les crimes» commis par le colonel Mouammar El Gueddafi ne restent «pas impunis». «L’idée est que Kadhafi soit tenu responsable pour ses crimes lors d’un procès équitable en Libye», a déclaré le coordinateur pour le Royaume-Uni du CNT, Guma El Gamaty.

«Il fait aussi face à un possible procès devant la Cour pénale internationale (CPI)», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse organisée en marge de la première réunion du «groupe de contact» sur la Libye. M. El Gamaty faisait référence à l’annonce, le 3 mars, par le procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, de l’ouverture d’une enquête pour crimes contre l’humanité en Libye visant notamment le colonel El Gueddafi. «Ces crimes ne doivent pas rester impunis», a-t-il insisté, alors que quelques pays, comme l’Italie et l’Espagne, évoquent comme option de sortie de crise un exil du dirigeant libyen. De son côté, le porte-parole du CNT, Mahmoud Shamman, a présenté la vision du Conseil pour l’après El Gueddafi, expliquant que le CNT n’avait qu’un rôle intérimaire, le temps notamment de rédiger une nouvelle Constitution qui serait soumise à référendum. «Jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucune arme» des pays participant à la coalition internationale, «sinon nous pourrions en finir avec le régime en quelques jours», a-t-il par ailleurs affirmé, tout en insistant sur l’importance du soutien politique apporté aux insurgés.

EL WATAN

Vous devez être connecté pour poster des commentaires

Identification

Agenda

August 2017
M T W T F S S
31 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31 1 2 3