Au troisième jour de la Fête du Bijou d’Ath Yanni

Déjà plus de 5 000 visiteurs …

La Depeche de Kabylie 29/07/2008 Au troisième jour de la Fête du Bijou d’Ath Yanni

Les chemins qui montent vers les hauteurs de la commune si chère à Mouloud-Mammeri, Ath Yanni en l’occurrence, grouille de monde en cette matinée de dimanche ; plusieurs citoyens venus d’Alger, de Bouira, de Blida, et de Béjaïa, comme on peut facilement le constater à travers l’immatriculation des véhicules, viennent découvrir les stands de la Fête du Bijou à l’occasion de sa huitième édition.

 

Arrivés aux portes du CEM Larbi Mezani, une ambiance festive nous marque et nous accroche. Au troisième jour de la fête du Bijou les organisateurs disent que le nombre des visiteurs (payants) enregistrés est de plus de 5000 visiteurs et cela ne fait que commencer "nous avons constaté une très bonne affluence, cela risque de prendre de l’ascendant pour les jours à venir ", nous dit fièrement M.Djenane du comite d’organisation.

De son côte, le vice-président du comite des fête d’Ath Yanni mettra le doigt sur la campagne dont a fait face la région surtout sur le volet sécuritaire. " Plusieurs commentaires de presse ont largement repris les informations du dernier ratissage qui a eu lieu, en présentant notre Ath Yanni comme une région à haut risque, cela a poussé beaucoup de citoyens à appréhender le déplacement cependant, je tiens à rassurer tout le monde que la situation se débloque peu à peu et l’affluence croît de jour au jour ", nous indique M .Sadeg Youcef. Ce dernier nous fera savoir que plusieurs organismes tels que l’ANSEJ, ANEM, PME/PMI, CNAC tiennent quotidiennement des points d’informations afin de faire connaître les différents dispositifs de création de microentreprises mais surtout les mécanismes d’aides et de subventions accordées par l’Etat ; alors qu’aujourd’hui aura lieu une journée d’études sur la sauvegarde de l’art traditionnel en présence de plusieurs chercheurs dans le domaine.

Un caractère revendicatif…
L’animation culturelle n’est pas en reste, les organisateurs ont prévu une série d’activités en collaboration avec la direction des la Culture de la wilaya de Tizi Ouzou. Dans la soirée d’hier, un gala artistique a été animé par Chérif Hamani , aux côtes d’une troupe artistique formée par les jeunes chanteurs amateurs de la région. M. Boumaza rencontré sur place, semblait être au four et au moulin, nous fera savoir que malgré les manques qui surgiront à l’occasion de cette huitième édition, l’APC fera tout pour faire plaisir à la population car pour lui cette édition ne devait pas avoir lieu. " Nous n’étions tout simplement pas prêt ,au tant que premier magistrat d’Ath Yanni j’interpelle les autorités pour qu’elles aident les artisans bijoutier afin de perpétuer ce métier séculaire. " Il faut rappeler enfin qu’ en marge de la 8eme édition de la Fête du Bijou de cette année, une grande tombola est organisée, l’heureux gagnant s’offrira une voiture de marque Atos : une initiative qui semble emballer tout le monde ici à Ath Yanni. Au troisième jours de l’édition, plus de 3 000 tickets ont été vendus, c’est dire que tous rêvent de repartir avec le véhicule…La Fête du Bijou n’est pas uniquement un côté festif, elle porte chaque année un caractère revendicatif en ce sens qu’elle est une opportunité pour les artisans bijoutiers de poser leurs soucis et préoccupations qui sont d’ailleurs nombreux. Dans ce registre, M. Djenane nous indiquera que “la majorité des artisans a baissé rideau et s’est convertie dans d’autres métiers plus lucratifs. " Durant les années 70- 80, l’activité de l’artisanat du bijou était vraiment porteuse de bénéfice et de profits pour les artisans, Hélas ! aujourd’hui, certains vivent dans une totale misère en raison du manque de ressources, le bijou ne fait plus vivre comme avant ", déclaré avec un air plein d’amertume notre interlocuteur. Il est mentionné plusieurs contraintes qui font de l’artisanat du bijou , un métier boudé par ses propriétaires. Il s’agit en premier lieu du manque mais surtout de la cherté de la matière première, le corail en particulier. " Pour ce cas c’est l’anarchie totale, devant la rareté du produit, les artisans se débrouillent entre eux, ils l’achètent au pris fort sur le marché noir ", nous dit M. Djenane. Des artisans nous apprennent que le prix du corail peut aller jusqu'à 12 millions de centimes le kilo ( la bonne qualité). En plus du corail, la cherté de l’argent ajoute son grain aux lots de misère des artisans, selon M.Boukloud Belkacem, représentant de l’Agénor, la 49-22 considère comme l’argent-mère ( qui par la suite transformé) est actuellement cédé à 51/54 dinars le gramme alors que sa revente se fait à quelque 53 dinars. " Certains des visiteurs s’étonnent de l’augmentation du prix du bijou, il doivent savoir que la matière première augment d’une façon affreuse, l’argent est passée de 28 000DA en 2006 à 38 000 DA en 2007 pour atteindre les 52 000 DA le kilo cette année, ce n’est guère l’artisan qui spécule…". En plus de la matière première qui pose problème, d’autres soucis viennent se greffer, la lourde fiscalisation qui engendre des coûts exorbitants, les impôts comme la TVA . "En raison de ces contraintes, le nombre des artisans en exercice a chuté de 500 en l’an 2000 à moins d’une centaine cette année", nous dit M.Sadeg. Des chiffres confirmés par le représentant de l’Agénor.

Les artisans espèrent la défiscalisation...
Les solutions que préconisent les artisans avec lesquels nous nous sommes entretenus sont, entre autres, la défiscalisation, ce qui permettra à de nombreux artisans de se libérer du joug de la dette fiscale, l’allégement des taxes imposée et la différentiation en matière d’impôt entre les zone, rurale et urbaine. Les artisans préconisent la création d’un fonds de soutien à l’activité artisanale et la relance des formations destinées à doter les artisans des dernières techniques de fabrication. " Dans les années 80 l’entreprise de fabrication du Bijou d’Ath Yanni, l’UNAB, avait pris en charge le côte formation des bijoutiers mais depuis sa fermeture, rien n’est fait " ajoute M.Djenane. Le vice-président du comite des fêtes M.Sadeg, lancera un appel strident aux autorités du pays parmi lesquelles le ministère de la PME et de l’Artisanat afin de venir au secours à ce métier qui risque tout simplement de disparaître. " C’est un patrimoine culturel, historique qui risque d’être emporté dans le sillage des problèmes dont lesquels ils envolent, j’espère que les autorités en prendront conscience. " conclut notre interlocuteur.
 

par A.Z

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