Le Conseil des ministres devrait les annoncer aujourd’hui


Levée de l’état d’urgence et dépénalisation de l’acte de gestion

-On ne sait pas encore si le pouvoir va, enfin, ouvrir la porte à l’agrément de nouveaux partis et de nouveaux syndicats. Mais l’on sait que l’ouverture médiatique de la télévision n’emballe personne, sachant les limites de cette ouverture.

Le Conseil des ministres d’aujourd’hui devrait concrétiser les promesses faites par le chef de l’État lors de la dernière réunion tenue au début du mois.
Parmi les mesures attendues, la levée de l’état d’urgence, en vigueur depuis 1992. Une mesure tant réclamée par l’opposition et la société civile, mais qui risque de n’être qu’une simple formalité, sachant que les marches et autres manifestations pacifiques restent toujours interdites.

C’est, donc, plus, la “normalité” que le Conseil des ministres devrait consacrer, tout en maintenant une chape de plomb sur l’activité partisane et associative.
Symboliquement, l’Algérie redevient un pays “normal”, mais dans les faits, beaucoup de choses ne vont pas normalement, surtout en ce qui concerne la libre expression de la société et la transparence dans la gestion des affaires de la cité. Évidemment, cette mesure sera accompagnée d’un réajustement du dispositif législatif régissant la lutte antiterroriste qui, elle, se poursuivra jusqu’au bout.
Mais, c’est toujours un acquis bon à prendre, lequel n’aurait jamais dû être concédé par le pouvoir s’il n’y avait pas ce vent de changement qui soufflait sur le monde arabe. On ne sait pas encore si le pouvoir va, enfin, ouvrir la porte à l’agrément de nouveaux partis et de nouveaux syndicats. Mais l’on sait que l’ouverture médiatique de la télévision n’emballe personne, sachant les limites de cette ouverture.

Le Conseil des ministres devrait également entériner la dépénalisation de l’acte de gestion, promise par le président Bouteflika. Cette mesure, si elle venait d’être appliquée, devrait complètement chambouler le code pénal qui verra un bon nombre de dispositions sauter, et c’est tant mieux pour les milliers de gestionnaires, qui pourraient, enfin, prouver de quoi ils sont capables réellement, sans avoir à craindre l’épée de Damoclès. Mais l’on reste toujours dans un cadre strictement politique. L’écra-sante majorité, elle, se soucie de choses plus terre à terre, liées aux conditions de vie, aux motifs d’espérer encore de ce pays, au moment où la “harga” et l’immolation par le feu sont devenues la voie extrême pour ceux que personne ne veut écouter, ne veut prendre en charge.
Que ce soit pour le récurrent problème du chômage, insoluble tant que la machine économique ne sorte pas de la logique de la rente pétrolière et de l’import-import. Le gouvernement promet des “surprises” sociales, l’on parle déjà d’une prise en charge des trabendistes, en leur confiant des autorisations, sans les obliger à payer des impôts ou à disposer d’un registre du commerce. Chassez le populisme, il revient au galop !

On annonce d’autres programmes de logements, notamment à Alger, mais c’est toujours sur un air de “déjà-vu”, c’est-à-dire, avec les mêmes méthodes contestées et contestables et les mêmes risques de mécontentement. C’est que le gouvernement n’a jamais voulu comprendre que, depuis l’Indépendance, il encourage l’exode rural et la tension sur les logements sociaux dans les grandes villes, s’enfermant dans un cercle vicieux aux conséquences désastreuses. Car, avec ces méthodes, on peut construire deux millions de logements par an sans jamais résoudre le problème, sachant que les “longs bras” auront toujours leur quota et les parvenus s’infiltreront toujours à la dernière minute dans les listes des nécessiteux.

Ceci étant, les Algériens attendent, avec curiosité, et sans trop d’illusions, le discours que devrait prononcer le président Bouteflika le 24 février et où il devrait annoncer de nouvelles mesures sociales en vue d’apaiser le front social en pleine ébullition, à commencer par le plafonnement des prix des produits alimentaires de première nécessité, des aides aux chômeurs et des promesses pour le relogement des familles en attente. Saura-t-il calmer la rue ? Ou, au contraire, lui donnera-t-il motif à accentuer la pression pour des changements plus profonds ? Attendons pour voir.

LIBERTÉ

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