Dans un entretien à “liberté”


Khalef parle de l’EN et de la JSK

Khalef parle de l’EN et de la JSKL’actualité footballistique ces derniers jours est focalisée sur les deux matches de l’équipe nationale contre la république centrafricaine et celui de la JSK contre le TP Mazembé. L’occasion pour nous de poser quelques questions à un spécialiste en la matière, Mahieddine Khalef, ex-coach de la JSK et de l’EN pour une analyse de la situation.

Liberté : M. Khalef, l’équipe nationale vient d’être terrassée par la formation de centrafrique. Quelle analyse faites-vous de cette débâcle ?
Khalef : C’est une défaite qui a fait mal et qui a déçu tous les algériens. Mais personnellement, au risque de surprendre certains, je n’ai pas été tellement surpris par le résultat de la rencontre. Je pense qu’il faut être franc et se rendre à l’évidence que cette sélection nationale n’est pas prête pour ce genre de confrontations, et ce, depuis longtemps déjà. Le problème de cette équipe, et j’ai déjà eu à le dire auparavant, c’est qu’elle n’est pas suffisamment préparée. Et ce n’est pas là une critique contre l’ex-coach national Rabah Saâdane, loin de moi cette idée. Mais depuis l’épopée de Oum Dourmane, l’EN a souffert d’une série de blessures, de la situation de certains joueurs qui ne jouaient pas dans leurs clubs respectifs en Europe et des changements d’effectif ; ce qui a fini par porter atteinte à sa stabilité. D’où le rendement de l’EN lors du mondial, car s’il est vrai qu’on n’a pas été ridicule, il faut reconnaître aussi qu’on n’a pas été à la hauteur des espérances des algériens. Juste après le mondial, le même scénario se reproduit avec des joueurs qui n’étaient pas prêts, d’autres blessés et vous avez le résultat contre la Tanzanie. Ensuite, le changement d’entraîneur à un mauvais moment, encore des joueurs blessés et d’autres en méforme, ce qui a engendré la défaite contre la république centrafricaine. Ceci d’une part. d’autre part, je pense que nous n’avons pas évalué objectivement le niveau de cette équipe. Pendant de longs mois, tout le monde ne cessait de porter aux nus cette équipe, faisant comprendre qu’elle a atteint un niveau supérieur, alors que c’est faux ! La preuve nous est venue du mondial. Le fait de gagner contre le Rwanda, la Zambie ou même l’Égypte n’est pas une référence quant à notre capacité à rivaliser avec le gotha mondial, en témoigne nos résultats contre la Serbie et l’Irlande en matches de préparation pour le mondial. Les responsables ont continué à susciter l’espoir d’une bonne participation au mondial, alors qu’ils savent que ses capacités sont limitées pour les raisons citées plus haut. Et plus grave encore dans cette affaire, c’est qu’on a fait comprendre à des joueurs qu’ils sont en train de faire l’histoire du football algérien alors que l’histoire du football algérien a déjà ses lettres de noblesse à travers deux participation au mondial, une demi-finale et une finale de coupe d’Afrique et un sacre africain. Un pays qui a enfanté à chaque génération les meilleurs joueurs africains. Les joueurs ont eu la grosse tête et commençaient à se dire que sans eux le football algérien n’est rien. Ils ont tellement pris de l’altitude qu’il ne fallait plus les critiquer et même quand ils perdaient par quatre buts à zéro, il fallait les applaudir. J’ai même lu certains déclarer que l’EN ne s’est pas qualifiée pour un mondial depuis 24 ans, histoire de mettre en exergue leur mérite, alors qu’ils savent pertinemment que l’Algérie a traversé une crise pendant au moins une décennie durant laquelle pratiquer le football était déjà une gageure. Je pense que les responsables du football devaient leur tenir ce langage pour leur inculquer l’humilité et la modestie. Désormais, ces joueurs doivent se remettre au travail et qu’ils arrêtent de penser que sans eux nous ne sommes rien et qu’ils sont surtout intouchables.

Que faut-il donc faire pour remettre cette équipe nationale sur les rails ?
Je pense que la fédération doit rétablir le débat autour de l’équipe nationale et que les techniciens se mettent autour d’une table pour débattre de l’équipe nationale. Il faut analyser objectivement cette équipe, évaluer ses capacités et ses faiblesses et arrêter un plan d’urgence pour son redressement afin qu’elle soit prête pour la prochaine rencontre contre le Maroc. À ce titre, faut-il injecter dès maintenant des joueurs locaux pour en former le noyau et mettre en place un plan de préparation sur les cinq mois à venir, avec un stage au moins une fois par mois ? Cela nous évitera d’attendre à chaque fois les dates Fifa et les quatre ou cinq jours de stage au cours desquels on ne peut rien préparer. Il faut bien sûr renforcer cette équipe par des pros, mais il faut qu’ils viennent en complément pour apporter un plus, c'est-à-dire qu’il ne faut retenir parmi ces pros que ceux dont la qualité est indiscutable. Il faut être courageux et prendre les décisions qui s’imposent.

M. Khalef, samedi la JSK disputera une rencontre importante contre le tp Mazembé en ligue des champions d’Afrique. D’abord, comment évaluez-vous le parcours de cette équipe ?
La JSK a toujours été l’équipe des grands défis et son parcours jusque-là en coupe d’Afrique le prouve. Avant d’arriver au stade des demi-finales de la ligue des champions d’Afrique, la JSK a éliminé deux grandes équipes, à savoir Al-Ahly du Caire et Al-Ismaïli, ce qui n’est pas une mince affaire. Je profite de cette occasion pour rendre hommage au président Hannachi qui s’est toujours dévoué pour le club. C’est grâce à lui que la JSK est arrivée là où elle est aujourd’hui. Il sait s’occuper de tous et transmettre surtout sa grinta aux joueurs. D’ailleurs, je pense qu’il finira par faire de la JSK un club de renommée mondiale. Il y a aussi le travail du coach suisse, Geiger, qui fait un travail exceptionnel à la JSK. Je profite du reste de cette occasion pour dire que je n’ai jamais critiqué Geiger lors du dernier match contre le TP Mazembé. Contrairement à ce que j’ai pu lire dans la presse, je n’ai jamais remis en cause les choix de l’entraîneur, car tirer sur des collègues ne fait pas partie de mes habitudes. Seulement, j’ai été invité à une émission à Nessma TV au cours de laquelle j’ai fait un constat, lequel a été fait d’ailleurs par tout le monde, et qui consiste à dire que des erreurs ont été commises lors des changements de joueurs en fin de match. C’est un simple constat et chaque entraîneur peut faire des erreurs car nul n’est infaillible. Ce n’est nullement une remise en cause du travail accompli par Geiger.

Comment se présente pour vous cette rencontre ?
Je crois que le plus important pour la JSK est de bien préparer cette rencontre et de se concentrer sur sa propre préparation. Il ne faut pas prêter oreille à cette polémique née de l’arrivée inopinée et à l’avance des congolais à Alger. C’est vrai que nous les algériens on n’aime pas trop que des compatriotes aident un adversaire ou lui facilitent la tâche, mais je répète que la JSK doit se placer au-dessus de tout cela. Il faut aussi que les joueurs ne se précipitent pas dans le jeu, le jour j, du fait qu’ils ont un écart de deux buts à surmonter. Ils doivent rester concentrés et patients pour concrétiser au bon moment. Je pense que cette équipe recèle des insuffisances en défense qui peuvent nous valoir des buts. Mais attention aussi à la ligne offensive des congolais, surtout sur le côté droit, car toute erreur se paye cash avec eux. J’ai aussi envie de dire aux supporters d’éviter le jet des fumigènes car il serait bien dommage de jouer la finale en dehors de Tizi Ouzou, dans le cas d’une qualification.

LIBERTÉ

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