Des dégâts de l’attentat sont estimés à plusieurs dizaines de millions de dinars

 Le Jeune Indépendant 04/08/2008

Un kamikaze à bord d’un fourgon bourré d’explosifs immatriculé dans la wilaya de Boumerdès (35) a ciblé, hier à 5h 08, le bâtiment abritant le célibatorium et les services des renseignements généraux de la police.
Le véhicule contenant plus de 100 kg de TNT, selon les premières estimations de la police, a explosé devant l’entrée du célibatorium, sis rue Haddadou, et faisant face à une caserne de l’ANP.

 

L’attentat a provoqué la blessure de 21 personnes, dont 6 policiers, et des dégâts considérables.
Des lambeaux de chair carbonisée et des débris d’os, dont une côte et la mâchoire inférieure du kamikaze ont été retrouvés à plusieurs dizaines de mètres du lieu de l’explosion.
Quant au véhicule, il a été réduit à un amas de ferraille. L’explosion a laissé un cratère de deux mètres de diamètre et de profondeur.
L’impact de celle-ci a eu un effet apocalyptique sur l’environnement immédiat du lieu de l’attentat.
En effet, le célibatorium de la police a été détruit à 90 %.
A l’intérieur de la cour où se trouve le parking, 19 voitures, dont 14 véhicules de service, ont été entièrement détruites. Toujours au niveau de la rue Haddadou, 11 autres véhicules appartenant à des particuliers ont été entièrement endommagés. Le bâtiment mitoyen au célibatorium, du côté ouest, habité par des civils a été également sévèrement touché par le souffle de l’explosion.

Du rez-de-chaussée jusqu’au 4e étage, les appartements ont été dévastés. Le mur d’enceinte de la caserne militaire a été détruit sur une distance d’environ 40 mètres. Du côté est, se trouvent les bâtiments abritant le siège de la Coordination des aârchs, daïras et communes (CADC) et la direction de la Caisse de cotisation bâtiments et travaux publics (CACOBAT), également touchés. Le désastre est de taille.

Sur les lieux du sinistre, une dame, responsable à la CACOBAT, impuissante, constate les dégâts. «Dieu merci, nous dit-elle, notre campagne a été clôturée le 31 juillet dernier. Autrement, cet attentat aurait ravi beaucoup de vies humaines». Plus explicite, cette responsable de affirme qu’avant le 31 juillet, plus d’une centaine de personnes attendaient, dès 04 heures du matin, l’ouverture de nos guichets pour des formalités administratives.

Dans les étages, se trouvent les locaux d’une association d’handicapés. L’accès se fait à partir de la rue Capitaine Si Abdellah. Vitres, chaises, bureaux ont été réduits en miettes.
Plus loin, le siège des services des renseignements généraux (RG) de la police. L’entrée principale du bâtiment montre l’ampleur des dégâts énormes causés par la déflagration. L’accès au bâtiment est interdit pour toute personne étrangère.
A proximité, un restaurant appartenant à un particulier. Toute la façade a volé en éclats. En face, les rideaux de fer de deux garages du rez-de-chaussée d’une bâtisse sont également saccagés.
Plus loin encore, dans la direction du bureau du Jeune Indépendant, des débris de ver des vitrines et des fenêtres de commerces, de locaux et de bâtiments, touchés par l’explosion jonchent le sol, sur un rayon de plusieurs dizaines de mètres.

Environ une vingtaine de voitures sont irrécupérables.
Traumatismes psychologiques et frayeur indescriptibles
En plus des ces dégâts corporels et matériels à déplorer, l’attentat kamikaze a également engendré des traumatismes psychologiques. En effet, plusieurs personnes, notamment celles habitant non loin du lieu de la terrible explosion, souffrent de graves traumatismes. Les habitants de la nouvelle ville n’ont pas, eux aussi, échappé à la frayeur et à la panique. Certains ayant cru qu’il s’agissait d’un tremblement de terre. Mais une fois leur esprit retrouvé, l’angoisse a remplacé la frayeur. L’explosion a été entendue à plusieurs kilomètres à la ronde, dans les localités de Mekla, d’Ouaguenoun, se Boudjima, de Makouda, de Draâ Ben Khedda, de Tirmitine, de Tadmaït, de Sidi-Namaâne… Les habitants de la cité des Eucalyptus, sévèrement touchés par cet attentat, ont fait l’objet d’une attention particulière du ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, qui est arrivé sur place tôt dans la matinée. Après une visite chez les citoyens du bâtiment mitoyen au célibatorium, le ministre s’est rendu sur les lieux de l’attentat, avant de rallier en compagnie de la délégation, le CHU de Tizi Ouzou où les 21 blessés sont pris en charge.
 

par Saïd Tissegouine

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