Corniche oranaise

Tout flambe

LIBERTÉ 05/08/2008

Corniche oranaiseDes sommes faramineuses seront ainsi amassées par des logeurs occasionnels en période estivale où Oran compte accueillir pas moins de 13 millions (chiffre fourni par la direction du tourisme) d’estivants, d’émigrés et de visiteurs de toutes les régions du pays.

 

Le mois d’août s’annonce très chaud si l’on en juge par le déferlement des baigneurs qui ont pris littéralement d’assaut les plages de la corniche oranaise. Mais cette effervescence ne doit pas nous faire oublier l’absence de certaines commodités en matière de tourisme. Un simple constat effectué sur place fait ressortir des carences qui touchent de plus près l’état actuel des plages du littoral oranais.
Il convient également de souligner le phénomène vertigineux de la hausse des prix qui touche la location des maisons particulières. Un F2 est cédé à 5 millions de centimes pour un mois (juillet) et presque le double en août, un studio trois millions, une villa à 14 millions durant la période de juillet et août. Les prix de la location augmentent pratiquement au mois d’août.

Des sommes faramineuses seront ainsi amassées par des logeurs occasionnels en période estivale où Oran compte accueillir pas moins de 13 millions (chiffre fourni par la direction du tourisme) d’estivants, d’émigrés et de visiteurs de toutes les régions du pays.
La saison bat son plein au milieu de la flambée des prix des produits de consommation qui donnent une idée assez large sur la saison estivale. Un simple cornet de glace coûte dans les 50 à Clairfontaine et deux boules de chocolat vanille chez un glacier du centre-ville d’Aïn El Truck sont cédées à pas moins de 100 DA. Tous les commerces dont l’activité gravite autour du tourisme balnéaire font l’objet d’activités ponctuelles : machines à glace, congélateurs, serviettes et maillots de bain, planches à voile, bouées et jet-ski qui se louent à prix d’or.
Les loueurs de ces engins incommodants pour les estivants et l’environnement sont loués à 1 500 DA les 15 minutes. “Je n’arrive pas à comprendre que des gens puissent s’amuser en déboursant tant d’argent”, témoigne ce vacancier de Béchar.

L’industrie de la consommation est remarquablement affichée par les occasionnels du poulet rôti qui ne s’embarrassent guère de déplumer le vacancier. Un simple petit poulet rôti est cédé entre 700 et 800 DA sans compter la baguette de pain “magique” qui atteint jusqu’à 20 DA l’unité. D’autres propriétaires de fast-foods et de petits restaurants s’affairent autour de leurs fourneaux sans tenir compte des prix exorbitants pratiqués. Un couple d’émigrés accompagnés de leurs deux enfants se plaint : “C’est ahurissant ce que les prix de consommation sont inabordables. On est loin de la publicité vantant les mérites du tourisme en Algérie. L’année prochaine, on choisira une autre destination chez les voisins où le client est toujours considéré comme un roi”, affirment-ils, désenchantés.

Mais qu’en est-il des infrastructures hôtelières et attractives à Oran ?
La question se pose à chaque fois que l’on visite ou que l’on découvre la corniche oranaise : quels sont les hôtels, les restaurants et même les boîtes de nuit à la mode ? Il faut se munir de beaucoup d’argent et aller flâner du côté du complexe touristique des Andalouses où de petits bungalows et des villas hors de prix et quelques restaurants qui offrent les repas estivaux de la vie nocturne. ? l’exception de quelques structures de tourisme privées, l’ensemble des opérations inscrites dans le cadre de l’aménagement de la zone touristique souffre toujours de la situation de gel des chantiers de construction dont les travaux ont été suspendus en dépit de la réalisation des études techniques par Des bureaux d’études et entreprises locaux. Dans ce contexte, d’importants projetS (14 au total) d’intégration touristique visant l’investissement des ressources naturelles riches du littoral oranais se trouvent actuellement à leur phase initiale.
Mais ici et là, il semblerait que la suspension de certains projets touristiques, liés au peu d’empressement de certains investisseurs, a perturbé la poursuite des travaux d’autres projets, tandis que d’autres promoteurs privés ont préféré retirer leurs dossiers lorsqu’ils se sont aperçus que leurs projets touristiques ne pouvaient se réaliser sans un apport conséquent et un sérieux des pouvoirs publics.

Enfin, malgré tous ces problèmes, sans trop insister sur les déversements des eaux usées dans la mer, la fièvre de la plage bat son plein. De St-Rock aux Andalouses (El-Ançor), les plages affichent complet, les parkings sont bondés, la circulation routière y est dangereuse et lente. Quant aux petits villages balnéaires situés tout le long des 120 kilomètres du littoral oranais, ils subissent une invasion de quelques égouts éventrés qui déversent leur horreur directement sur les plages... et les riverains.
 

par K. REGUIEG-YSSAAD

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