Visa français


Des refus qui rapportent 4 millions d’euros

Visa françaisLe Comité intermouvements auprès des évacués (CIMADE), une association humanitaire française qui agit depuis 1939 en faveur des réfugiés et des demandeurs d’asile, a rendu publique une enquête sur les pratiques des consulats français en matière de délivrance de visa. Intitulée «Visa refusé», l’enquête, menée l’an dernier dans sept pays différents (Ukraine, Turquie, Maroc, Algérie, Sénégal, Mali) par les permanenciers de l’association, dresse un état des lieux désastreux et peint une France axée essentiellement sur la politique de l’immigration choisie, qualifiée aujourd’hui de floue et d’indéfinie et qui n’aurait servi qu’aux calculs d’accroches électoralistes en 2007.

Cela étant et sans se poser trop de questions, notamment sur le timing de cette publication ou sur les différentes conjonctures actuelles en France, cette enquête a au moins le mérite de porter les voix des plaintes d’étrangers venus raconter leurs péripéties devant les «bunkers consulaires français», les refus, les démarches insensées qui n’aboutissent jamais. Les Algériens, avec plus de 4 millions d’immigrés d’origine algérienne résidant en France, concernés au premier degré par les démarches d’obtention de visa, s’inscrivent dans cette enquête et adhèrent à cette vérité étalée au grand jour.

L’héritage historique entre l’Algérie et la France, l’important flux de circulation entre les deux pays, les ambitions d’échange affichées ici et là, la proximité territoriale et la volonté d’un partenariat durable entre les deux pays et les deux peuples sont autant d’éléments qui auraient pu rendre la suppression du visa une démarche politique logique, à défaut que celle-ci soit une simple formalité. Mais il n’en est rien.
A l’échelle d’un pays comme l’Algérie, par exemple, lit-on, dont le taux de refus de visas est très élevé, les sommes versées aux consulats étaient de l’ordre de 12 millions d’euros en 2008, dont 4 millions par des personnes qui ont essuyé un refus.

Pour l’Etat français, le guichet visa semble être une source financière très précieuse, surtout depuis qu’il a été décidé de donner la gestion des demandes à des entreprises privées payées par les postulants.
C’est l’image de la France, notamment en Afrique, qui est dégradée, note l’enquête. La France, pays des droits de l’homme, vit aujourd’hui un écart énorme entre la réalité, la prégnance de mesures discriminatoires et humiliantes et les déclarations officielles vantant l’Etat de droit.

L’enquête met également l’accent sur les conséquences de ces restrictions. Quand la voie normale d’accès au territoire français est rendue inaccessible, note-elle, quand il devient impossible de s’entretenir avec une administration pour comprendre les conditions et les raisons d’une décision, il est inévitable qu’une partie des «recalés» vienne à être tentée de recourir à des voies détournées.

Notons, enfin, que l’Union européenne (UE) a annoncé en mars dernier qu’une série de mesures portant délivrance de visas Schengen ont été prises et seront appliquées par les 22 pays membres.
L’objectif est l’allègement des conditions et des procédures de remise de visa à destination des pays de l’UE.

Ainsi, l’UE oblige les pays membres à répondre aux demandes de visa sous quinzaine et de fournir les justifications en cas de réponse défavorable émanant des services consulaires de l’un des pays de l’UE, tout en accordant aux demandeurs le droit de déposer un recours auprès des instances consulaires qui ont refusé leur demande, selon un communiqué rendu public par la Commission européenne.

Le Jeune Indépendant

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