Une fusillade dans un hôtel fait 4 morts

 LIBERTÉ 09/08/2008 Une fusillade dans un hôtel fait 4 morts

4 morts dont 3 manifestants, ainsi que le propriétaire de l’hôtel sont à déplorer. 63 personnes  dont 8 femmes ont été blessées. 15 personnes ont été arrêtées dont les 2 qui ont tiré sur la foule.  Leurs armes ont été confisquées.

La paisible ville de Sidi Aïssa (M’sila) est plongée, dans la nuit de mercredi à jeudi,  dans une violence jamais vécue par le passé. Tout a commencé en fin de journée de mercredi dernier, au retour du cimetière où les habitants de la ville ont inhumé Saâd, 50 ans, qui a succombé à ses blessures après une hospitalisation qui a duré 15 jours. Ce dernier a été heurté par la voiture du fils du propriétaire de l’hôtel, quand le défunt a eu une violente altercation avec celui-ci lors d’une soirée arrosée, il y a 15 jours. Le lendemain, après l’enterrement de Saâd, les proches et les habitants de la ville ont pris la direction de l’hôtel pour exprimer leur colère et demander la fermeture de Djebel Naga.
Immédiatement après, la manifestation a pris une tournure dramatique. Tôt jeudi matin, nous nous sommes rendus sur les lieux. Visiblement, le calme est revenu dans la ville de Sidi Aïssa, située à 60 km du chef-lieu de la wilaya de M’sila, après les violentes échauffourées de la soirée de mercredi. Des pneus, des voitures calcinées et autres objets hétéroclites jonchent encore le sol.

Les ouvriers des services de la voirie de l’APC, avec leurs tracteurs et camions, s’affairent à nettoyer les lieux. Des curieux et autres habitants de Sidi Aïssa qui suivent l’opération de nettoyage nous prennent à témoin, après avoir  décliné notre identité, en nous relatant les faits de la soirée. “La genèse de l’affaire remonte à une quinzaine de jours, lorsque le fils du propriétaire de l’hôtel Djebel En-Naga a heurté avec son véhicule un citoyen de la localité, le blessant grièvement. Évacué vers Alger, la victime a rendu l’âme mardi. Après son enterrement au cimetière du village, des centaines de citoyens en colère se sont dirigés vers l’hôtel. Après quoi, le propriétaire de l’hôtel et des agents de sécurité videurs ont ouvert le feu sur les manifestants qui voulaient défoncer le portail de l’établissement”, raconte Kamel, un enfant de la ville. Et de poursuivre : “C’est l’usage d’armes à feu par les occupants de l’hôtel qui est à l’origine de la mort de 4 personnes et de la blessure de 60 autres.” Relayant Kamel, un quinquagénaire ajoute : “En réaction aux tirs, les manifestants défoncent l’entrée de l’hôtel. Une fois à l’intérieur, c’est la panique générale. Le personnel, les clients et les gérants tentent de résister à la foule, mais le nombre et la colère des citoyens étaient plus forts que les portails blindés et les fusils à pompe. Les manifestants s’en sont pris à tout, rien n’a été épargné. Avant de mettre le feu à l’hôtel, les manifestants ont tout cassé ou pillé. Pendant ce temps, des manifestants déchaînés ont réussi à mettre la main sur le propriétaire, B. L., âgé de 62 ans. Tabassé par la foule, il s’échappe vers l’extérieur où des centaines d’autres citoyens l’attendaient. La foule l’allonge sur la chaussée et le lynche à coups de pierres. Vers 22 heures, le propriétaire de l’hôtel succombe sous les coups de pierres.” On déplore 4 morts dont 3 manifestants,  ainsi que le propriétaire de l’hôtel.

Pour les blessés, en on a enregistré 63, dont 8 femmes. 15 personnes ont été arrêtées dont les deux qui ont tiré sur la foule et leurs armes ont été confisquées. Des enquêtes ont été ouvertes par le parquet afin de déterminer les causes et les circonstances de ce drame. Une virée à l’intérieur de l’établissement hôtelier nous a permis de constater les dégâts.
Juste à l’entrée, deux voitures sont carbonisées. 20 véhicules dont trois camions ont été incendiés. La réception, la cuisine, l’administration, le  bar, la réserve, le parking, les chambres ont tous été pillés, saccagés et incendiés. Cet hôtel, Djebel En-Naga, classé deux étoiles, a été inauguré en 2005 par le ministre du Tourisme de l’époque, M. Nourredine Moussa. Avant de quitter Sidi Aïssa qui compte plus de 54 000 âmes, nous avons longuement sillonné les artères de la ville où nous avons remarqué qu’aucun autre édifice public ou privé n’a été touché par les manifestants. La vie a repris hier son  cours normal.

 

par CHABANE BOUARISSA

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