Témoignage d’un rescapé de l’embuscade de sidi-Aïch


“C’est un coup bien planifié”

l’embuscade de sidi-AïchLarbi Adjaout, 43 ans, père de famille et maçon de profession, est le seul rescapé de l’embuscade sanglante ayant coûté la vie, avant-hier, à sept Patriotes qui assuraient la sécurité d’une entreprise turque en charge de la réalisation d’un projet de haute tension pour le compte de la Sonelgaz.

Rencontré hier à l’hôpital de Sidi Aïch où il fut transféré après avoir échappé à l’attentat de la veille, ce jeune patriote natif de la commune d’Akfadou, visiblement traumatisé, s’efforce de nous relater les moments cauchemardesques vécus et qu’il n’est certainement pas près d’oublier. D’autant plus que ses deux frères aînés, eux aussi des patriotes, font partie des victimes de cet attentat terroriste.

“Ils nous ont eus. Nous sommes tombés dans un véritable guet-apens. Ils nous ont attendus au tournant. C’est un coup bien planifié. C’est impossible d’échapper à un tel traquenard tendu dans un endroit bien étudié”, lâchera depuis son lit d’hôpital Larbi, encore sous le choc. Avant de poursuivre : “Nous étions à huit dans un fourgon de marque Hyundai appartenant à mon ami Mustapha quand soudain notre véhicule essuya une pluie de coups de feu nourris qui fusèrent de partout. Je me souviens comme si c’était un rêve. Une fusillade intense crépite, des balles sifflent, des vitres volent en éclats, des gémissements, du sang qui coule à flots… Je ne sais même pas comment j’ai réussi à prendre la fuite sous le déluge de balles. J’ai miraculeusement échappé à une mort certaine. Personne n’aurait cru à un tel miracle. J’ai pu fuir le danger en empruntant des sentiers au milieu de la forêt, avant de me retrouver dans un ruisseau. Là, je me suis arrêté, car j’étais complètement épuisé. C’est à ce moment-là que je me suis rendu compte de mes blessures. Je me retrouve avec une blessure au crâne, effleuré par une balle, et une autre balle logée dans mon avant-bras.”

Placé sous surveillance médicale, notre interlocuteur devrait subir une intervention chirurgicale pour se faire extraire la balle logée dans son avant-bras. Son état de santé nécessite une prise en charge psychologique pour qu’il puisse se remettre du choc émotionnel subi. C’est du moins ce que nous avons appris hier auprès des personnels médical et paramédical de l’hôpital de Sidi Aïch.  Par ailleurs, il y a lieu de signaler que les obsèques des sept patriotes assassinés devront avoir lieu aujourd’hui dans leurs villages respectifs. À noter que toutes les victimes sont originaires de la région de Sidi Aïch, à savoir trois de la commune d’Akfadou (dont deux frères du rescapé), trois de Chemini et un de Tibane.

LIBERTÉ

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