La Kabylie se mobilise contre les kidnappings


Ali Hassani, un vénérable octogénaire, ancien entrepreneur à la retraite, a été enlevé, lundi 22 mars, par un groupe d’une dizaine de terroristes sur la route reliant Boghni à la localité d’Ath-Kouffi (Tizi- Ouzou).
Le lundi suivant, des citoyens des villages voisins s’étaient rassemblés devant son domicile et avaient appelé ses ravisseurs à le libérer. Deux jours plus tard, ils se rassembleront encore plus massivement pour réitérer leur appel, tout en menaçant d’entreprendre des actions plus radicales. Ils seront des milliers, venus des communes de la daïra : Boghni, Bounouh, Mechetras, Assi- Youcef. Ils appelleront l’Etat à davantage de protection contre les enlèvements terroristes, devenus récurrents dans la région, et décideront d’une marche vers la daïra où une délégation sera reçue.

Les citoyens de Boghni ont ainsi suivi l’exemple de ceux de Béni-Zmenzer, dans la même wilaya, qui avaient mis en échec le rapt d’un commerçant en poursuivant ses ravisseurs qui ont fini par l’abandonner, ligoté, quelques heures après l’avoir enlevé. La même situation a été vécue en octobre dernier dans la région d’Iflissen, toujours dans la même wilaya, où la détermination de plusieurs centaines de citoyens mobilisant plus de deux cents véhicules a eu raison du diktat d’un groupe terroriste qui avait kidnappé une personne mais avait été contraint à la libérer après trois jours de séquestration.

En fait, la mobilisation des citoyens de cette wilaya remonte à la fin de l’année 2005, alors que les enlèvements par des terroristes commençaient à se multiplier. Les citoyens avaient, à l’époque, organisé une marche à Tigzirt, après l’enlèvement d’un gardien de prison que les sanguinaires ont fini par assassiner, en diffusant même sur Internet la vidéo de son exécution. La répétition de ce type de kidnappings de citoyens libérés après paiements de rançons et son élargissement à d’autres wilayas ont, sans doute, été pour quelque chose dans l’atténuation de la mobilisation citoyenne qui s’est exprimée parfois par des quêtes pour réunir le montant de la contrepartie financière exigée par les terroristes contre la libération des otages. C’est ce qu’avaient essayé de faire les citoyens de la daïra de Boghni la semaine dernière, réunissant une partie de la rançon avant de se raviser et décider de se battre pour faire libérer le vénérable AmmiAli. Quelle que soit son issue, cet acte de résistance citoyenne, et comme pour ceux qui l’ont précédé, est à inscrire dans la continuité de la résistance des victimes des enlèvements elle-même. Car ce qui ne se dit pas, c’est que les citoyens enlevés sont ceux qui ont déjà refusé de se plier au diktat des terroristes consistant à payer sinon une «cotisation» régulière, du moins un «impôt religieux ». Et pour cela, la solidarité ne devrait pas concerner uniquement les membres des familles ou leurs amis et autres voisins, mais s’élargir également aux patriotes.

Le Soir d'Algérie


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