14e anniversaire de la disparition de Mustapha Bacha

“Mustapha, nous, nous ne t’avons pas oublié”

La Depeche de Kabylie 09/08/2008 14e anniversaire de la disparition de Mustapha Bacha

Le village Tassaft Ouaguenoune, de la commune d’Iboudraren, situé à quelque 35 km au sud du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, a été, en cette matinée du vendredi, au rendez-vous avec un très grand moment de recueillement et d’hommage à l’enfant prodige, natif de la région, Mustapha Bacha en l’occurrence, à l’occasion du 14e anniversaire de sa tragique disparition, survenue, pour rappel le 8 août 1994 à Tizi-Ouzou.

Une délégation conduite par le secrétaire général de l’UDR, Amara Benyounès, était présent à Iboudraeren. Il y avait aussi le directeur de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou, El Hadi Ould Ali, le P/APC d’Iboudraren et plusieurs anciens militants à l’image de Mourad Belouechrani, Hacène Salah et bien d’autres, tous venus se recueillir sur la tombe d’un grand militant de la démocratie. La délégation arrive donc sur la grande place du village Tassaft aux environs de 10h 30 de la matinée d’hier, la chaleur qui a caractérisé cette journée n’a pas empêché les citoyens d’accueillir à bras ouverts les amis de Mustapha. Une foule compacte prendra, par la suite, le chemin du cimetière où repose l’enfant de Tassaft. Le secrétaire général de l’UDR, Amara Benyounès sera le premier à déposer une gerbe de fleurs suivi par la famille de Mustapha Bacha et de Ould Ali El Hadi.

Un grand moment d’émotion...”
“Je souhaite la bienvenue à tous ceux qui n’ont pas oublié Mustapha, je citerai M. Benyounès qui a toujours été avec nous, lui, l’ami de notre frère, je souhaite également la bienvenue à M. Ould Ali qui n’a pas cessé d’apporter soutien et encouragement à la famille du défunt.” dira le frère cadet de Mustapha Bacha. Le P/APC d’Iboudraren, M. Lekhel rendra pour sa part un vibrant hommage au militant des valeurs républicaine, “aujourd’hui c’est un devoir pour nous de nous recueillir sur la tombe de Mustapha car c’est lui qui nous a appris ce qu’est la démocratie et le sens, le vrai, de tamazight. Je me souviens du temps où j’était à Alger, j’ai assisté un jour à une conférence que Mustapha avait donné à la salle d’El Harcha, avec un auditoire “islamiste,” il a pu convaincre malgré les difficultés de l’époque,” témoignera Lekhel Abdeslam.

Il faut dire que l’émotion était à son combre, certains de ses amis de lutte et ses camarades du combat pour la démocratie étaient en pleurs, invité à prendre la parole, Amara Benyounès déclarera :“J’ai juré de ne jamais parler sur la tombe de Mustapha Bacha,” indiquera-t-il ému. Plusieurs témoignages ont été faits par les amis du défunt. Hacène Ould Kaci, qui faisait à l’époque partie d’un groupe de jeune militants encadré par Mustapha Bacha, dira de lui : “On voyait en lui un grand homme du combat démocratique. J’avais à l’époque 23 ans quand j’ai appris les premiers rudiments de la lutte, Mustapha était pour nous un guide, il nous apprenait les méthodes d’organisation. Aujourd’hui quand j’observe Amara Benyounés et El Hadi continuer le chemin, je vois à travers eux le visage de Mustapha.” L’un des moments forts de cette journée de commémoration sera le témoignage de Mourad Belouechrani du groupe “Debza”, un grand ami du défunt. Mourad émouvra l’assistance avec une chanson écrite au moment où il a appris, sur son lit d’hôpital en France, la mort de son ami Mustapha Bacha. Par la suite, la délégation conduite par M. Benyounés, s’est recueillie également sur les tombes de Djaffer Ouahioune et Kamel Aït Hamouda, deux victimes du terrorisme inhumées au carré des martyrs. Ainsi que sur la tombe de Ouahioune Saïd. Cependant c’est en arrivant au domicile de Mustapha Bacha que l’émotion atteindra son apogée. La rencontre de Benyounés avec le père de Mustapha sera un grand moment qui touchera tous les présents. Le père de Mustapha en pleurs, gardera un bon moment serré dans ses bras l’ami de son fils “Amara Benyounès fait partie des amis de Mustapha qui ne l’ont jamais oublié,” dira un citoyen de Tassaft. Ce village historique n’a pas oublié son fils, celui qui longtemps a lutté pour les idéaux de démocratie et des valeurs républicaines. Avant-hier sa famille a organisé une veillée religieuse et une waâda. Mustapha Bacha fait parie de ceux, sur lesquels Mouloud Mammeri disait “Illa yiwen Ulacit lla.”
 

par A. Zeghoui

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