Un double attentat à la voiture piégée fait 12 morts et 45 blessés à Bouira

La Depeche de Kabylie 21/08/2008 Un double attentat à la voiture piégée fait 12 morts et 45 blessés à Bouira

 

L’horreur !

La ville de Bouira s’est réveillée, hier matin, sous le souffle de deux déflagrations qui ont été entendues à plusieurs kilomètres à la ronde. Il était à peine six heures du matin lorsqu’a eu lieu la première explosion.



L’acte terroriste a eu lieu à proximité de l’Hôtel Sofy, non loin de l’agence Djezzy de la ville. Un véhicule Clio bourré d’explosifs, avec à son bord un kamikaze a foncé sur un bus Toyota.

Ce dernier, qui transportait des ouvriers algériens de la société canadienne SNC Lavalin, chargée de la réalisation des canalisations de tranfert AEP du barrage Koudiat Acerdoune de Djabahia, était sur le point de démarrer quand il a été percuté par la voiture piégée. Vers 7 h du matin lorsque nous nous sommes rendus sur les lieux du drame, où un important dispositif sécuritaire était déployé, une immense foule se trouvait déjà sur place et aux alentours. La population ne cessait d’affluer vers les lieux, venant des quatre coins de la ville et ce, en dépit du bouclage de tout le périmètre par les policiers. Ces derniers ont, dans les minutes qui ont suivi l’attentat, fermé tous les accès menant au centre universitaire et ont installé un cordon de sécurité. Sur les lieux, où les éléments de la police scientifique étaient déjà à l’œuvre, un décor des plus chaotiques s’offrait aux yeux. Lambeaux de chair, débris de verre et métaux éparpillés sur plusieurs mètres à la ronde jonchaient la route. Au milieu de la chaussée, un cratère de près d’un mètre de circonférence, et d’une vingtaine de centimètres de profondeur témoignait de la puissance de l’explosion. Une vingtaine de mètres plus loin, se trouvait un moteur complètement calciné. Il pourrait s’agir du moteur de la voiture piégée. Plus loin encore au nord, on pouvait apercevoir une carcasse noircie, ce qui restait vraisemblablement d’un véhicule. A l’endroit même où l’explosion s’est produite, le bus Toyota percuté n’était plus qu’un tas de ferrailles. Juste en face, une partie de la façade de l’agence de l’opérateur Djezzy ainsi que les bureaux du premier étage étaient complètement soufflées par l’explosion. Les vitres n’ont également pas été épargnées au niveau de l’université limitrophe. L’immeuble de l’hôtel Sofy, notamment les locaux du rez-de-chaussée et les chambres des étages supérieurs, ont a été sérieusement endommagés, tout comme les commerces situés au bas de l’immeuble faisant face à la route du centre universitaire, tous ont subi plus ou moins des dégâts importants. A l’entrée de l’hôtel, des résidents, des femmes, en majorité, étaient en larmes alors que quelques hommes tentaient tant bien que mal, de les consoler. Les riverains, les employés de l’hôtel et les citoyens présents étaient anéantis par ce qui venait de se passer. Dans le hall de l’hôtel où nous nous sommes rendus pour vérifier une information au sujet de ressortissants étrangers hébergés au Sofy qui seraient blessés, le gérant nous affirmera qu’aucune victime parmi les ressortissants étrangers n’est à déplorer. Revenant à l’attentat, il fera remarquer que “c’était l’hôtel qui était ciblé”. Sur les lieux du drame, les éléments de la police scientifique ont retrouvé un morceau de mâchoire appartenant, peut-être, au kamikaze.

Le Secteur militaire également touché
Quatre minutes après le premier attentat, l’administration du Secteur militaire est à son tour touchée par une explosion. Un véhicule, une Kangoo, selon des témoins, bourré d’explosifs avec à son bord un kamikaze heurte de plein fouet le portail de l’institution militaire. Les bâtisses se trouvant aux alentours, fortement ébranlées, ont été sérieusement endommagées et plusieurs personnes ont été blessées par les éclats de verre projetés sur plusieurs dizaines de mètres à la ronde. La Chambre de commerce de Bouira, l’édifice du Trésor public, la clinique privée et plusieurs bâtiments et villas jouxtant le Secteur militaire, ont subi d’importants dégâts. De nombreuses victimes sont à déplorer dans ce quartier, d’habitude paisible et sécurisé à l’extrême. Sur place, les gendarmes, les militaires et la police travaillaient d’arrache-pied pour recueillir les plus petits débris susceptibles d’apporter des éléments pour l’enquête. Les ambulances évacuaient les blessés vers l’hôpital Mohamed-Boudiaf de Bouira, les rescapés parmi les habitants du quartier regardaient d’un œil hagard et vide les lieux de l’attentat. Des pères de famille devant leurs portes évaluent l’ampleur des dégâts. La façade d’une villa est fortement endommagée et un pan de mur entier s’est écroulé dans la cour. On aperçoit à l’intérieur une famille en pleurs. Le quartier est bouclé et les badauds ne peuvent y accéder. La scène du drame est sécurisée par des cordons de la Ggendarmerie nationale ainsi que des militaires.

Les forces de l’ordre sont sur le qui-vive et perdent parfois leur contrôle, chose compréhensible en ces moments dramatiques. Sur plusieurs centaines de mètres, les véhicules stationnés des deux côtés de la chaussée sont endommagés. Pares-brises et lunettes arrières sont en miettes. Les canalisations d’AEP sont éventrées et d’énormes quantités d’eau se déversent sur le bitume.

Des pièces et organes du véhicule piégé sont éparpillés sur plusieurs mètres tandis que sa carcasse calcinée est visible devant le Secteur militaire. On apprend sur place, qu’une phalange et un doigt ont été découverts à proximité du véhicule piégé. Un élément qui permettra rapidement l’identification du kamikaze auteur de cet attentat. Seules les ambulances et leurs sirènes interrompent le tragique silence dans laquelle la ville de Bouira a été plongée.
 

par Anzar O.

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