L’Intersyndicale promet une rentrée chaude en solidarité avec les grévistes

Les enseignants contractuels bouclent leur 40e jour de grève de la faim

Le Jeune Indépendant 23/08/2008

Les syndicats autonomes réitèrent leur soutien indéfectible aux enseignants contractuels qui ont bouclé hier leur 40e jour de grève de la faim, tout en liant ce mouvement à une action future qu’ils comptent organiser dès la rentrée sociale.

«La rentrée sera très chaude et la responsabilité sera imputée au ministre de l’Education». «Nous sommes déterminés à accompagner nos camarades grévistes jusqu’à satisfaction totale de leurs revendications», a indiqué Salim Mechéri, secrétaire national à l’information du Syndicat autonome des personnels de la fonction publique (Snapap).

Dans une conférence de presse tenue, hier, au siège du Snapap à Alger, et à laquelle ont pris part plusieurs syndicats autonomes regroupés au sein de l’Intersyndicale de la fonction publique, les intervenants étaient unanimes à dénoncer la dernière sortie du secrétaire général du ministère de l’Education nationale.

«Cessez de fermer la porte aux enseignants contractuels qui risquent leur vie pour un droit légitime, c’est-à-dire le droit à exercer un emploi permanent», a scandé l’intersyndicale qui était représentée respectivement par le Snapap, le Cla, le Cnapest et le Satef. Composée de 14 syndicats autonomes issus des secteurs de l’éducation, de la santé publique et de l’administration, l’intersyndicale considère que les propos tenus mardi dernier par le SG du ministère sont loin de favoriser une «issue de crise». «Pourquoi accuser les grévistes de connivence avec l’étranger alors qu’en fait il est question de messages de soutien apportés par nos confrères de pays tiers ?», s’interroge l’intersyndicale. Les syndicats autonomes considèrent que le ministère a agi d’une manière «politique» et non pas comme il aurait dû le faire.

«Le pays se porte bien sur la plan financier ; le ministère n’a qu’a procéder à l’intégration des enseignants contractuels dans le corps de la fonction publique puisque la tutelle n’arrête pas de rappeler que le secteur de l’éducation est en pleine expansion», ont relevé les syndicalistes. Boubekeur Khaldi, secrétaire général du ministère de l’éducation nationale, a réitéré mardi dernier le refus de la tutelle de procéder à l’intégration des enseignants contractuels et des suppléants dans leurs postes. Selon le numéro deux du MEN, l’article 22, alinéa 2 de l’ordonnance portant statut général de la fonction publique de juillet 2006 stipule que les emplois occupés par les contractuels et les suppléants ne confère aux enseignants contractuels «ni la qualité de fonctionnaires ni le droit à une intégration à un grade de la fonction publique». Plus de 40 000 enseignants vacataires (26 000 selon le ministère), dont certains exercent depuis plus de dix ans, sont obligés de signer des contrats annuels, les plaçant de fait dans une situation de précarité absolue.
Le ministère a invité les protestataires à «suivre l’exemple des 29 000 enseignants (qui ont) passé le 29 juillet dernier le concours organisé par la fonction publique et devant créer 26 000 nouveaux postes budgétaires cette année.

Aux yeux des grévistes, ce concours n’obéit pas à la réalité du «terrain», précisant que la tutelle se devait de régulariser d’abord les contractuels en exercice qui sont dans leur totalité «éligibles à une permanisation dans le corps», tiennent-ils à souligner. Depuis le 14 juillet dernier, 55 vacataires sont en grève de la faim dans les locaux du siège du Snapap, situé près de l’académie Alger-Est au quartier Cinq-Maisons.
 

par Djamel Zerrouk



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